3 films asiatiques cultes à voir absolument


L’autre soir, j’ai discuté cinoche avec Matthias. Ciné asiatique surtout, puisqu’on bossait pour Animasia 2010. Et à force de dire « tu as vu celui-ci ? Il faut ! J’ai pris une énorme claque quand je l’ai vu ! », ça m’a donné envie de les revoir. Et comme on a très souvent l’habitude de parler ciné entre nous chez Mandorine, je me suis dit que ce serait sympa qu’on vous parle de nos énormes coups de cœur, coté ciné asiatique, en toute subjectivité.  Voici mes 3 films asiatiques cultes. Si vous ne les avez pas vus, allez-y les yeux fermés, c’est de la bonne came certifiée.

Perfect Blue de Satoshi Kon

Le monde de l’animation est en deuil, Satoshi Kon vient de décéder des suites d’un cancer, il avait à peine 46 ans. Comme beaucoup, je suis très chagrinée de cette nouvelle, car j’aime énormément son œuvre.  Perfect blue entre dans mon top 5 des films d’animation. C’est aussi le premier long-métrage du cinéaste. Il y développait déjà ses thèmes de prédilection : la limite entre rêve et réalité et la perte de repères. Ce thriller suit la vie de Mima, jeune idol du groupe pop Cham. Pourtant très populaire dans sa carrière de chanteuse, elle décide de quitter le groupe pour accepter un petit rôle dans une série tv.  Son image en pâtit, puisque sont rôle la rend plus réelle : de la  lolita parfaite, elle passe à un rôle de jeune femme à la personnalité psychotique. Elle accepte aussi de poser nue et de tourner une scène de viol, ce qui irrite ses fans. Petit à petit, elle devient la cible d’un stalker, qui, fou de colère,  tue ses proches, un par un. Mais Mima commence à confondre la réalité de sa vie avec celle de son personnage du petit écran. Dès lors, il lui devient difficile de démêler la réalité du fantasme… Il y a un coté lynchien dans ce film, il nous est difficile de comprendre sous quelle facette est envisagée l’histoire avant son épilogue. On se retrouve vite aussi perdus que Mima…

Time de Kim Ki Duk

Projeté lors de la soirée inaugurale du festival Animasia 2009, Time a eu un effet coup de poing sur les spectateurs présents. Tous sont sortis de la salle avec un air perplexe. D’une histoire assez simple, voire banale, Kim Ki Duk parvient à emmener le spectateur dans un tourbillon d’incertitudes.  Ji-woo sort avec Seh -hee depuis deux ans. Tout semble bien se passer entre eux. Mais Seh-hee est inquiète de l’avenir, Ji-woo ne va-t-il pas se lasser d’elle, à la longue ? Extrêmement jalouse, elle refuse que celui-ci croise le regard d’autres femmes, ou leur adresse la parole, ce qui déclenche des disputes épiques entre eux.  Un jour, après une énième dispute, elle disparaît, corps et bien. Ji-woo ne comprend pas. Ses amis ont beau essayer de lui présenter des amies,  il ne parvient pas à oublier Seh-hee.  Mais un jour, il rencontre une très jolie jeune femme, elle s’appelle See-hee.

Je ne peux vous en dire plus, au risque de vous spoiler le film. Tout ce que je peux dire, c’est qu’on ressort du film en se disant : « what ?! ». Et il devient tellement rare de se trouver face à un film qui vous retourne le cerveau comme celui-ci…

S21, la machine de mort khmère  rouge de Rithy Panh

Vingt-cinq ans après la chute du régime khmer rouge, Rithy Panh réunit victimes et bourreaux dans le lieu de l’horreur, le camp S21. Dans ce film, il se penche sur le quotidien de S21. Ce code désigne un ancien camp de détention situé à Phnom Penh. Sous le régime khmer rouge des milliers de personnes y ont été emprisonnées, torturées, exécutées. Deux survivants ont accepté de revenir sur les lieux, devenus depuis le musée du génocide, et d’y rencontrer leurs anciens tortionnaires. Et chacun de décrire ce qu’il a vécu. Les matons expliquent d’un air indolent comment ils infligeaient coups de bâton, privations de sommeil et tortures aux prisonniers.  Deux millions de personnes sont mortes sous le régime du Parti communiste du Kampuchéa.  Un film indispensable, bien que rappelant des heures difficiles pas si lointaines.

S21 a remporté de nombreux prix, dont le prix François Chalais au festival de Cannes 2003. Si l’histoire contemporaine du Cambodge vous intéresse, vous pouvez aussi vous tourner vers Le papier ne peut pas envelopper la braise (Fipa d’or 2007), où Rithy Panh montre la vie de prostituées de Phnom Penh, leurs interrogations, leur quotidien, ou La Terre des âmes errantes, vie quotidienne du chantier de la pose du câble traversant le Cambodge, de la Thaïlande au Vietnam. Ce film met en évidence les conditions de travail des ouvriers, mais aussi des Cambodgiens face à l’histoire tragique de leur pays : les travaux mettent parfois à jour les restes de victimes des Khmers rouges.


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