9 questions à Elixie


Il y a quelques temps, je vous ai parlé de Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears d’Élise Costa. Bien entendu, ça parle de Britney. Mais surtout, Élise y parle de culture pop. Ceux qui ont grandi dans les années 90 se reconnaitront dans ce livre. On a un peu l’impression de lire certains passages de notre vie : les soirées films d’horreurs, les débats à rallonge sur Britney à 4h du mat (c’est du vécu), et les groupes des 90’s (mais qui peut bien se souvenir d’East Seventeen?). Et surtout, on y retrouve le style particulier d’Élise – pour les lecteurs de son blog-. J’ai eu depuis la possibilité de lui poser quelques questions à propos de son bouquin.

Elixie

photo © Wallendorff

Mylène : Tu peux te présenter?
Élise :
J’ai 27 ans. J’aime les feutres de couleur, les chips au cheeseburger, écrire dans un carnet à spirales, et en ce moment, la chanson Thirteen de Big Star. Je prends Britney Spears au sérieux.

M : Pourquoi un livre sur Britney Spears? C’était dans tes tiroirs depuis un moment où on te l’a proposé?
E :
Parce qu’il fallait, pour un premier manuscrit, écrire sur un sujet  que je connaissais bien. Je voulais que ce soit un élément de la pop culture, donc Britney est apparue comme une évidence. Pour le reste, ça a été un coup de chance. J’avais commencé à l’écrire depuis trois semaines quand celle qui deviendrait ma future éditrice m’a contactée pour savoir si j’avais quelque chose sur le feu.

M : Elle est devenue un symbole des USA d’aujourd’hui, entre Uncle  Sam, Mickey Mouse et Obama. Pourtant, au départ, c’est juste une chanteuse pop comme il y en a tant eu. Pourquoi ce statut d’icône ?
E :
Difficile à dire. Pourquoi elle plutôt qu’une autre ? Il y a plusieurs éléments de réponse : les tenues de ses premiers clips (la voir en écolière et en combinaison de latex rouge sang, ça vous marque à vie), son look un peu « cheap », sa descente aux enfers filmée 24/24 en 2007-2008, son retour sur scène, vécu comme une happy end par les spectateurs… Mais je crois qu’avant tout, ce qui nous séduit chez elle, c’est son côté attachant.

M : On est loin d’un récit monomaniaque dans ce bouquin. Tu poses le contexte pop de l’avant Britney (des Spice Girls aux teens movies), et tu assumes complètement le fait d’apprécier cette culture là. D’ailleurs, tu parles du snobisme ambiant vis à vis de la « mauvaise » pop. A quoi c’est du à ton avis?
E :
Parce qu’il faut bien se démarquer d’une façon ou d’une autre. Nous avons tous besoin à un moment ou à un autre de nous sentir « différent » ou plus intelligent que son voisin. C’est très agaçant car c’est très humain. Lutter contre l’élitisme de chacun n’est pas une mince affaire, donc le mieux, c’est encore de s’en foutre.

M : Au début de sa carrière, Britney Spears remerciait systématiquement Dieu lors des remises de prix, tout en se montrant de plus en plus provocante (voire lascive) sur scène et dans ses clips. J’ai l’impression qu’on a commencé à lui tirer dessus à gros boulets rouges quand elle a arrêté les références religieuses (l’hypocrisie, en fait). Ce serait aussi simple que ça? Une jeune américaine peut être aussi provoc’ qu’elle veut tant qu’elle véhicule les valeurs défendues par l’Amérique puritaine ? Au final, il serait plus choquant de se montrer athée que sexuellement active?
E :
En réalité, Britney n’a jamais été unanimement aimée. Quand elle racontait qu’elle lisait la Bible tous les soirs avant de se coucher, elle contrariait les athées et les vieux briscards. Quand elle s’est mise à sortir sans culotte, elle effrayait les mères chrétiennes. Quelque part, je crois que la fin du discours religieux de Britney a provoqué le soulagement du public. L’attitude de Britney est alors devenue plus cohérente. Le leitmotiv « be yourself » est devenu parole d’évangile.

M : Apparemment, elle peut se montrer indifférente ou  foutrement désagréable avec ses fans. Tu poses même la question « pourquoi en a-t-elle encore? ». Et tu vas même plus loin en soulignant que, si ça se trouve, elle vendrait encore sa musique en les ignorant complètement. Elle serait devenue un peu comme Radiohead ou Nine Inch Nails, sa base de fans tellement fidèle que les disques se vendent même sans promo, en se passant de maison de disque et du circuit traditionnel de la musique ?
E :
Complètement. Il lui suffirait de poster une ligne sur Twitter et Facebook, et le tour serait joué. C’est une notoriété qui dépasse l’entendement. A partir d’un certain seuil de popularité, vous vous substituez aux médias eux-mêmes.

M : Tu as choisi un format road trip pour ce bouquin, en évitant soigneusement la biopic, pour quelle raison ?
E :
Mais qui ça aurait intéressé, une biopic sur Britney ? Même moi, ça m’aurait barbé. Il n’y a qu’à se baisser pour en ramasser une. C’était beaucoup plus amusant de raconter le road-trip en lui-même.

M : D’ailleurs, ce format te permet d’insérer pas mal d’éléments personnels dans ton récit, ça s’est imposé lors de l’écriture ? Une influence gonzo peut-être? (d’ailleurs ton livre commence par une citation d’HST)
E :
Dans tous les livres, articles, chroniques que je lis, ce qui fait la différence – et ce que j’aime le plus – c’est toujours le point de vue de l’auteur. Résultat : j’épluche surtout les papiers un tantinet subjectif. Et nous sommes ce que nous mangeons… ça aurait été sacrément compliqué pour moi d’écrire sans le « je ». Compliqué et douloureux. Dès lors que j’ai pensé faire un road-trip, je n’imaginais pas faire autrement.

M : Tu as d’autres manuscrits dans tes placards?
E :
Rien de nouveau pour l’instant.

Merci beaucoup à Élise pour sa disponibilité ! Son livre est édité aux éditions Rue Fromentin, et il est disponible dans toutes les bonnes librairies. Sinon, vous pouvez aussi la retrouver sur son blog.


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