Aqua Knight, the Leviathan Saga


Mondialement connu pour son célèbre manga cyberpunk Gunnm, Yukito Kishiro s’est attaqué au récit d’aventures avec Aqua Knight entre 1998 et 2000. Kishiro ayant interrompu son écriture pour se consacrer à la suite de Gunnm, Last Order, Aqua Knight comporte actuellement 3 tomes. C’est cette série que Glénat nous fait découvrir depuis le 25 février.

Le monde de Marmundo est presque entièrement recouvert d’eau à l’exception d’îlots dispersés ça et là. Vivant en autarcie sur une île-phare dont ils doivent surveiller la lumière, le jeune Ashika et son père Arrabir mènent une vie simple, isolés du reste du monde. Jusqu’au jour où, suite à une tempête, Ashika porte secours à un chevalier des mers, engoncé dans son armure-scaphandre. Et quelle n’est pas sa surprise, et celle de son père, de découvrir Lulya, une jeune femme évanouie dans cette armure. Pour remercier Ashika de l’avoir sauvée, Lulya lui propose un peu rapidement de faire de lui un chevalier. Acculée par cette promesse, elle l’envoie accomplir une mission qu’elle espère impossible : Ashika doit trouver un œuf de dragon. La vie sur l’île–phare va perdre sa monotonie…

Aqua Knight débute sur ce scénario somme toute assez classique. Un élément imprévu arrive dans la vie d’un jeune garçon et le voilà parti pour des aventures. Cela peut nous rappeler d’autres titres, d’autant plus que la personnalité d’Ashika se rapproche de celle de certains héros célèbres. Toujours enthousiaste, insouciant, naïf et ignorant totalement les choses de la vie, il ressemble beaucoup à Sangoku enfant, au tout début de Dragon Ball. Sa tenue peut donner des occasions de sourire mais je n’en dirai pas plus pour laisser le lecteur découvrir ce détail. Les autres personnages sont de même assez caricaturaux : on retrouve ici la jolie fille sexy, le méchant mégalo, le serviteur idiot. Leur psychologie n’est pas très développée et manque réellement de finesse.

L’histoire démarre doucement, l’auteur prenant le temps de mettre en place ses personnages principaux et le monde qu’il a créé, avant de s’accélérer dans la deuxième partie du tome et de prendre une tournure un peu plus sombre mais aussi plus confuse. L’humour est  néanmoins très présent dans ce volume mais tombe parfois à plat, les dialogues manquant souvent d’originalité. Heureusement, la fin s’avère plus intéressante et laisse espérer une suite moins prévisible.

En ce qui concerne le graphisme, la priorité semble avoir été donnée aux personnages et aux armures, par rapport aux décors marins qui sont moins détaillés, pouvant traduire le dénuement de ce monde principalement constitué d’eau. Le design est agréable mais reste simple, les traits sont assez épais, les personnages jeunes ont des visages ronds ce qui leur donne un côté enfantin et mignon. Les grigous auront par ailleurs la possibilité de se rincer l’œil et de profiter des courbes de Lulya, parfaitement mises en valeur. La mise en page est classique et les planches sont dynamiques lors des scènes d’action.

Vous pourrez admirer en début de volume quatre pages couleur en papier glacé, dont une page double qui présente un atlas de Marmundo ainsi que les deux premières pages du chapitre un, avec une très belle illustration du chevalier sur sa monture. La sous-couverture verte reprend la carte en fond avec le blason des Aqua Knight. Le papier et l’édition sont de qualité. En fin de tome, l’auteur présente un petit prélude à l’histoire.

Voici donc une œuvre qui, je pense, ne révolutionnera pas le genre. Espérons que l’intrigue évoluera de manière inattendue dans les tomes suivants.


Aqua Knight de Yukito Kishiro Glénat, Collection Shonen 232 pages, 6,50 €