Asyl et Ombre Rouge en concert : Du rock, du vrai


Le 27 Novembre, au Fiacre, à Bordeaux, a eu lieu le dans le cadre du Festival Cultures Bar-Bars le concert d’Ombre Rouge et Asyl. Pour les fans de rock, ce fut un concert idéal! Pour pas cher, dans un lieu convivial et authentique, sentant le rock dès qu’on y met les pieds, c’est LE concert que je ne voulais pas louper. Et j’en ai eu pour mon argent et mes oreilles ont pris une dose de son brut et de satisfaction indéniable! A mon grand regret, je n’ai pu aller jusqu’à la fin du concert d’Asyl, pour cause de dernier bus et d’une mauvaise gastro qui m’obligea à retourner illico au chaud, mais voici un petit compte-rendu du concert et une présentation des groupes…

« Le rouge, c’est la révolte! L’ombre, c’est ce qu’il en reste! » (Sébastien Potet)

Ombre Rouge, mené par Sébastien Potet, le patron du Fiacre (bar emblématique du rock underground à Bordeaux) en personne et soutenu par un orchestre détonnant comptant parmi lui l’ex-bassiste de Noir Désir, Fred Vidalenc, offre un rock pur et sincère comme il n’en n’existait plus depuis longtemps. Ombre Rouge, c’est comme un gros coup de poing en pleine face, franc et direct! Du rock révolutionnaire qui sent la sueur, qui stoppe l’immobilisme, portant un message social haut et fort. Entre discours engagés et sons qui décoiffent, le groupe offre une musique révoltée qui fait du bien et des textes qui (r)éveillent les consciences!

Comptant parmi eux un nouveau venu, Johan, au violon et seconde guitare (remplaçant Djo Doherty, qui détient lui aussi un beau palmarès de musicien ayant accompagné entre autres Zebda et l’irremplaçable Alain Bashung), l’orchestre invite son public à  se révolter, à crier, à donner toutes ses tripes pour hurler contre les injustices sociales. Johan semble apporter un souffle nouveau et frais au groupe, les chansons plus saturées sonnent mieux, le chant convaincu en ressort encore plus convaincant. A chaque concert, le groupe évolue et grandit. On se laisse emporter par cette frénésie, par cette danse de l’ombre et du rouge, on crie, on hurle, on se lâche, on se fait du bien. Ombre Rouge est, sans conteste, en train de marcher sur les traces des grands groupes qui ont fait le rock français de ces 3 dernières décennies, comme Trust ou Noir Désir, tout en traçant son propre chemin.

« Burdigala, nous voilà » hurle une voix puissante au poing levé, surgissant de la pénombre, qui nous dit tout ce qu’il y a à comprendre de ce groupe. Ils arrivent et ont tout pour être connus du grand public!

Ombre Rouge, né en 2005, a sorti un premier E.P. en 2007, D’un trait…, suivit d’un deuxième, L’instinct en mai 2008 et conclut par un album, bien reçu par la critique, le 22 Mai 2010, Fleuret des droits (en vente sur leur myspace à 13€ ou au Fiacre, Rue du Loup à Bordeaux, à proximité de Pey-Berland, pour 10€) enregistré chez Cryogène Production, dans l’ancienne garçonnière des Noir Désir, La Grosse Rose.

Chronique de leur deuxième E.P. sur Zikannuaire

Asyl, ou quand  « James Dean a téléphoné à Dieu! »

Et d’ailleurs, Dieu merci! Il subsiste (encore) des groupes en France qui ne veulent pas faire ou ne cherchent pas à faire du Noir Désir (R.I.P. … Et oui, Noir Déz’, c’est fini pour ceux qui ne savaient pas…!) ou du Placebo dans la langue de Molière. C’est en 1995 que naquit Asyl, un groupe de quatre garçons en provenance de La Rochelle. Évoquant en live de nombreux groupes de la new-wave,  notamment par le jeu de scène du chanteur, Mathieu Lescop, faisant souvent songer à Ian Curtis (chanteur et, occasionnellement, guitariste du groupe Joy Division, dans la fin des 70’s) et à Strychnine (groupe de punk bordelais de la fin des années 70), tout en nous laissant percevoir le fantôme de Kurt Cobain. Pour les amateurs de rock, si ça c’est pas déjà un beau mélange prometteur, je vois pas ce qu’il vous faut! A la première écoute de leur premier album Petits cauchemars entre amis, on sent vite cette influence punk des 70’s. Trois accords de guitares, une basse, une batterie, une voix mal assurée (un peu à la Nicola Sirkis, avec qui Lescop a collaboré sur un titre de l’album Alice et June d’Indochine), un son brut de décoffrage, sans concession, et en avant! Dans cette optique, on peut dire qu’Asyl, on aime ou on déteste. Les textes: sexe, drogue, rock! La devise même du mouvement. Et au milieu, quelques morceaux comme Pierres brûlantes au texte plus subtil et littéraire et le fameux Intérieur, extérieur.

C’est sur scène que le groupe se dévoile et montre de quoi il est vraiment capable! Une petite galette faite en studio, ça n’est pas pour eux… Asyl est un groupe de scène, qu’on se le dise! Forts de leurs expériences acquises en tant que « première partie » d’Indochine, entre autres, un look dandy, la voix faisant penser à celle de Sirkis à ses débuts, de l’énergie à revendre, un pogo par-ci, un autre par-là… Ça bouge! Beaucoup d’intensité et de sensualité se dégagent du quatuor et ils savent le transmettre au public. Un échange se met en place, la proximité, due à l’exiguïté de la cave-salle-de-concert du Fiacre, le rendant encore plus palpable! Du rock, des guitares saturées et de la sueur, le mélange parfait pour un show idéal. Accessibles et très sympas, ces petits gars sont à découvrir. Asyl, un groupe à encourager et à suivre!

Asyl a sorti un premier E.P. en 2005, un deuxième en 2006, suivit d’un premier album, Petits cauchemars entre amis, auto-produit, la même année, et, récemment, son deuxième album Brûle, brûle,brûle en 2009, avec comme titre-phare Les Dieux sont des rois.

Leur Myspace
Clip « les dieux sont des rois »