Beelzebub ou le manuel du parfait petit démon…


Que se passe-t-il lorsque deux mangakas se rencontrent ?

Connaissez-vous Psyren ? C’est un manga qui de son temps (pas si lointain du reste) fut une des valeurs sûres du Weekly Shonen Jump, magazine très populaire au Japon. Son auteur, Toshiaki Iwashiro, comme tout bon mangaka qui se respecte, travaille avec une équipe de dessinateurs et coauteurs, nommés cérémonieusement « assistants », dont un certain Ryūhei Tamura. « Où est le rapport avec Beelzebub? » me direz-vous? Et bien entre deux deadlines, quand on est mangaka, on se détend en plaisantant et en inventant des histoires avec ses collègues. C’est ce qu’a fait Ryūhei Tamura en racontant une bien étrange histoire à Toshiaki Iwashiro. Et comme les responsables éditoriaux ont souvent les oreilles qui traînent – c’est comme ça parait-il que l’ont déniche la perle rare – parfois cela donne naissance à un manga et puis si on a de la chance, à un animé. Et c’est ainsi que d’une simple plaisanterie entre amis naquit (roulements de tambours) : Beelzebub de Ryūhei Tamura.

Loin très loin de chez nous, dans le monde des enfers, le seigneur des démons s’ennuie fermement. Jouer aux jeux vidéo ou au Mahjong ne l’intéresse plus, pas plus que de tourmenter l’espèce humaine. Quoi de plus drôle alors que de faire de la vie d’un seul être humain un véritable enfer sur Terre en lui expédiant par « démon-taxi » le dernier de ses enfants? Et si par dessus le marché, cet être humain devait élever ce dit démon? Cela aurait été un plan machiavéliquement parfait si ce parent adoptif avait été un être humain disons… normal.

C’était sans compter sur Oga, étudiant en première année au lycée Ishiyama. Imbu de sa personne, inexpressif, égocentrique et aimant particulièrement la violence, Oga est le numéro un des racailles de son école. Tellement violent qu’on le nomme « Oga le Démon »… Que se passera-t-il alors lorsqu’il se verra obligé de s’occuper d’un vrai démon?

Une histoire de fou

Un Satan sous euphorisants avec cinq ans d’âge mental, un délinquant juvénile d’une puissance démoniaque, un bébé d’apparence kawaii possédant une vessie capable de contenir les chutes du Niagara et d’inonder ainsi une ville entière, une nounou de l’enfer habillée en Maid et très susceptible, un « démon-taxi-gay » au doux nom improbable d’Alaindelon, il n’en fallait pas moins à cette nouvelle série des studios Pierrot pour élaborer un cocktail détonnant à la sauce déjantée.

Sur ce qui aurait pu paraître de prime abord comme une énième série à la Collège Fou Fou Fou – rappelez-vous le Club Dorothée!Beelzebub (prononcer « Beleuzébeubu ») sort du lot. Donner à un délinquant un bébé à élever ça n’est déjà pas une sinécure, alors un démon!

Complètement dépassé par les évènements, Oga va chercher de multiples moyens pour se débarrasser du futur roi des démons. Celui-ci toujours affamé, gouffre sur pattes, se met à électrocuter tout le monde (Oga y compris) dès qu’il est contrarié ou qu’on essaie de le séparer de son papa d’adoption adoré. Forcément on a vite pitié de ce pauvre lycéen, et ça nous ferait presque oublié qu’il est le roi des délinquants! Pas impressionné pour un sou par l’arrivée de ce bébé diabolique, Oga est simplement ennuyé par sa présence qui l’empêche de mener pleinement sa vie de racaille (C’est vrai, on peut plus mettre des baffes tranquillement alors? Quelle injustice!).

Tout dans cet animé est hors-contexte. Les moments émouvants sont vites passés à la moulinette par des anecdotes humoristiques. C’est précisément ce qui fait la force du scénario. En effet même si dans la construction d’un manga on retrouve souvent l’absurde, peu de scenarii en font leur file conducteur. On pourrait penser que le risque de cette construction scénaristique serait de perdre le spectateur? Point du tout! Au contraire, l’auteur a su garder l’équilibre entre histoire et humour absurde. Et malgré une mise en place des antagonistes qui traîne un peu en longueur, le rythme soutenu nous donne tout loisir d’apprécier l’animé et surtout de vouloir connaitre la suite!

De l’autre côté de Délinquant City

Ryūhei Tamura se fait publier dans un premier temps sous forme de one shot en 2008, dans le fameux magazine Shonen Jump, puis en parution plus longue à partir de 2009. Une première adaptation OAV verra le jour en 2010 puis en animé à partir de janvier 2011 sur Yomiuri TV au Japon. Format papier paru en France aux éditions Kazé, on peut actuellement retrouver l’animé toujours en diffusion au Japon en simulcast sur Kzplay.

Belle prestation des studios Pierrot déjà fort de séries comme Naruto et Bleach, qui ont bien respecté le travail du mangaka, sous la direction de Takamoto Nobuhiro pour la réalisation (Vision d’Escaflowne, Fate Stay Night) et de Yoshioka Takeshi pour le chara-design (Bleach et Full-Metal Alchemist).

Pour la BO, notamment opening et ending, deux groupes se succèdent pour l’instant, Group Tamashii (Sgt. Frog) et On/Off (Durarara et Vampire Knight), qui collent assez bien à l’animé par son côté décalé et délirant.

Enfin, pour nos amis Seiyuu (doubleurs japonais) nous retrouvons Katsuyuki Konoshi pour le personnage d’Oga (Skip Beat, D.Gray Man), Miyuki Sawashiro pour Beelzebub (Dears, Canaan) et Hiroki Takahashi pour Daimao, Satan (Hunter & Hunter, School Rumble).

Même pas peur!

Avec ses belles têtes de vainqueurs, est-ce que Beelzebub prendra la digne suite de Bleach et Naruto? Seul l’avenir nous le dira. En tous les cas nous souhaitons bonne route à son auteur. Et pour les quelques-uns devenus déjà inconditionnels de la série – si, si, ne vous cachez pas derrière vos clavier, je vous ai vu! – il n’y a plus qu’à souhaiter bonne chance à notre Oga préféré pour la suite des épisodes et du manga. Espérons qu’il reste en un seul morceau – et là je ne parlais pas d’Oga.

Je vous invite vivement à découvrir cette œuvre si ce n’est déjà fait – et son auteur – peu connue, mais qui s’annonce haute en couleurs. Ah oui! Une dernière chose… Prévenez vos voisins de possibles « petits » désagréments auditifs. Fous rires garantis ;)

Beelzebub de Ryūhei Tamura
Studio Pierrot, 2011
Aventure, Comédie
43/? épisodes de 25 minutes (en cours)


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