Brèves, histoire du temps… passé au ciné


Quand on voit onze films au cinéma en cinq jours et que l’on est co-rédacteur en chef d’un formidable webzine, on se dit qu’il faut faire une effort et donner un peu son avis sur certains de ces films, qu’ils méritent d’être vus ou pas. Je ne vais pas parler de tous, je vais m’en tenir à ceux qui m’ont inspirés mais pas assez pour en faire une dissertation comme je les aime.

 

Commençons donc par le dernier film en date avec Liam Neeson, Le territoire des loups (The Grey en V.O.). Le film est vendu comme un gros actioner – comme ceux qu’a fait dernièrement Liam « Qui Gon Oskar Schindler » Neeson – alors qu’il s’agit en fait d’un excellent film cérébral à mi chemin entre du Jack London et Alien, le huitième passager. Le métrage est un véritable survival métaphysique, on est en totale immersion, on a froid, mal et peur tout comme ces survivants, un vrai film de barbus. Le réalisateur Joe Carnahan démontre encore une fois qu’il sait travailler le fond sans oublier la forme dans cette adaptation de la nouvelle Ghost Walker de Ian MacKenzie Jeffers. Guts approved.

 

Chronicle fait partie de ce genre nouvellement à la mode qu’est le Found Footage, ou film retrouvé. Des films comme Cannibal Holocaust, Le projet Blair Witch, Cloverfield ou le prochain Project X sont des exemples de ce genre cinématographique omniprésent. Chronicle utilise cette façon de filmer pour nous livrer une variation très intéressante sur les thèmes des super pouvoirs et de ce que cela peut impliquer. Trois adolescent vont par un incroyable raccourci scénaristique se retrouver avec des pouvoirs de télé-kinésie, avec ce point de départ le film va développer une métaphore intéressante sur l’adolescence et sur les super-héros. Comics Geek approved.

 

Ghost Rider : L’esprit de Vengeance est une perle nanardesque dans laquelle Nicolas Cage fait encore preuve d’un magnifique toupet et on sait que le chef d’oeuvre est atteint quand Christophe Lambert apparaît en moine tatoué. Le duo de réalisateurs fous Neveldine/Taylor nous a habitué à beaucoup mieux dans le fun brainless. Après ça les producteurs vont peut-être comprendre que même si le personnage du cavalier fantôme est cool sur le papier, en film c’est une purge qui frôle le ridicule total à chaque photogramme même sur du Johnny Cash tonitruant. All my Soul disapproved.

Sam Worthington nous revient avec un petit thriller pas piqué des vers, Dos au mur (Man On A Ledge en V.O.) Une machination, un homme qui veut laver son nom et au final un bon petit film. J’avoue que j’ai une immense faiblesse pour les histoires de voleurs de haut vol, la trop méconnue mais néanmoins géniale série Leverage est parmi mes préférées et de Hudson Hawk à Inside Man, je passe toujours un excellent moment. Les acteurs de Dos au Mur sont bons, le suspense est prenant et le dénouement bien qu’un peu prévisible est des plus jouissifs. Grand Theft and justice Fan approved.

De temps en temps on juste envie de se détendre et de régresser un peu vers l’enfance, dans ces moments là on peut tomber sur un film comme Voyage au centre de la Terre 2: L’île mystérieuse. Le film est un pur divertissement pour enfant, et en 3D qui plus est, mais il ne faut pas bouder son plaisir. Dwayne « The Rock » Johnson, Luis Guzman et Michael Caine cabotinent à mort, Vanessa Hudgens est moite à souhait et Jules Verne, Jonathan Swift et Robert Louis Stevenson sont passés au shaker voire aux montagnes russes, mais pour ce que ça vaut, on passe un bon moment de détente capillotractée. Reading Kid approved.

Qu’est-ce qu’il se passe si le style Jason Bourne se retrouve au pays de Mon nom est Tsotsi avec le top classe Denzel Washington, le prometteur Ryan Reynolds, la MILF Vera Farmiga et les inquiétants Brendan Gleeson et Sam Shepard ? On obtient un thriller à couper le souffle du nom de Sécurité Rapprochée (Safe House en V.O.). La réalisation est dynamique mais ne donne pas mal au cœur, les acteurs ont la classe et mouillent la chemise, l’histoire est très prenante et après avoir vu le film on peut participer aux championnats mondiaux d’apnée parce qu’on a retenu son souffle pendant près de deux heures. Good Action Movie Fan approved.

American History X est le genre de films que toute une génération a vu parce qu’il est pétri de bonnes qualités et parce qu’il est éloquent. Mais ce que peut de gens savent c’est que le film de Tony Kaye lui a été « retiré » et remonté par un capricieux Edward Norton. Le coup de gueule qui a suivi a valu au réalisateur anglais d’être blacklisté à Hollywood. Après un retour aux arts plastiques et à la musique, il nous revient 16 ans plus tard avec Detachment. Le film est une pure claque indépendante, véritable pamphlet sur le système éducatif états-uniens et sur la responsabilité de chacun. On pense à Half Nelson avec le maintenant très hype Ryan Gosling en voyant ce film, mais Adrien Brody, James Caan, Marcia Gay Harden, Lucy Liu, Tim Blake Nelson, la pulpeuse Christina Hendricks et la jeune Sami Gayle entre autres sont hallucinants de justesse et d’émotion, au point qu’ils nous font oublier tous les films de profs qui ont pu sortir avant. C’est pour moi un des meilleurs films qui soit sorti dernièrement, les acteurs, la réalisation, l’engagement et la description d’une réalité loin du glamour, tout y est pour en faire un film qui doit être vu. Great Cinema approved.

Vingt ans après, il est marrant de retrouver un morceau de cette madeleine de Proust qu’est Sur la piste de Xapatan. Le nouveau film de Alain Chabat, Sur la piste du Marsupilami, en dehors du fait qu’il ne faut pas être dyslexique pour écrire correctement le nom de la créature crée par Franquin, emprunte une partie du nom de cette émission de notre chère Antenne 2 dans son titre. La créature et l’univers sont assez proche de ce qu’à créé Franquin et de ce que l’on retrouvait déjà dans la série animée des années 90. Tout comme l’était Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, le film est un grand fourre-tout hilarant, avec des guests stars à la pelle et des gags à un rythme effréné. Le film est clairement destiné aux enfants, la créature est mignonne, l’aventure et les péripéties sont palpitantes et bien au rendez-vous mais les grands peuvent retrouver l’esprit des Nuls et de la grande époque Canal+ des 90’s. Entre les deux, si l’on est trop vieux pour rêver devant la bestiole mythique et trop jeune pour apprécier le non-sens et la puissance comique de Chabat ou qu’on est pas client, on risque de s’ennuyer ferme devant tant d’agitation. Le film repose beaucoup sur les références et surtout sur le casting.  Alain Chabat fait du Alain Chabat, Jamel Debouze fait son show aussi, Fred Testot cabotine à mort, Géraldine Nakache fait son effet, Liya Kebede illumine l’écran et le duo Patrick Timsit/Lambert Wilson se lâche complètement, le tout pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques. Laugh out Loud approved.

Pour terminer ce panorama de l’actualité cinématographique je vais parler de John Carter, le nouveau méga blockbuster de Disney. Je vous conseille de ne pas vous fier à la bande-annonce qui, comme cela arrive souvent, est assez trompeuse sur le produit réel. Oui les effets spéciaux et les scènes d’action sont spectaculaires mais le film ne repose pas  uniquement sur ça. John Carter est l’adaptation assez fidèle de La princesse de Mars de Edgar Rice Burroughs (créateur de Tarzan) publié en 1912 et qui a inspiré aussi bien Star Wars qu’Avatar. C’est d’ailleurs un léger handicap pour John Carter de passer après les films qui sont inspirés de son histoire originale, mais le scénario est passionnant, le film est bien raconté, le suspens est là, quant à l’action, elle est le feu d’artifice bonus qui finit de nous émerveiller. Le film est réalisé par Andrew Stanton (réalisateur chez Pixar de l’excellent Wall-E), après Brad Bird et son Mission Impossible 4, voilà un autre génial conteur de chez Disney qui passe au film live. John Carter est à la fois un western, un film de science fiction épique tendance space opéra, une métaphore des guerres en général et une fable écologique, rien que ça. Tout comme le dernier film dans la même veine de chez Disney, Prince of Persia, le casting fait la part belle aux acteurs britanniques, que ce soit le nouveau méchant préféré d’Hollywood Mark Strong ou Samantha Morton, Dominic West, James Purefoy et Ciaràn Hinds, il y a quelques grands acteurs à l’accent pointu dans les rangs. Dans le rôle titre on a le prometteur Taylor Kitsch que j’attends dans un grand rôle au ciné depuis l’excellente série Friday Night Lights, il est un bon John Carter, capitaine de l’Union à l’accent américain lancinant et au charisme certain. La princesse est joué quant à elle par Lynn Collins qui avait déjà croisé la route de Taylor Kitsch dans l’oubliable X-Men Origins : Wolverine. Le film présente quelques passages un peu gnan-gnan et stéréotypés mais en ce qui me concerne, ils ne m’ont pas gênés, j’ai passé un excellent moment, c’est un film à découvrir sans arrière-pensées et dont j’attend la suite. Inner Child Approved.

Tous ces films sont déjà ou bientôt dans un cinéma près de chez vous. A bientôt pour de nouvelles aventures !


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