Rubín sur l’ongle


Dans le secret de la rédaction de Mandorine, il est certains serpents de mer que d’aucun se promettent d’écrire mais dont la gestation se révèle plus longue que prévue. Tout commence il y a désormais 2 ans, lorsque, tout frétillant, j’eus entre les mains le premier tome en V.O. du Héros, de David Rubín, auteur galicien plein de talent. Formidable occasion d’en parler en avant-première aux délicats lecteurs de Mandorine, avec en sus, Angoulême approchant, une rencontre avec son auteur.

Mais qui est David Rubín? Auteur et dessinateur venant de Galice, région du nord-ouest de l’Espagne à la gastronomie délicieuse, et chère à Mandorine puisque nous avions déjà eu l’occasion de vous parler de certains de ses musiciens, il a su tracer petit à petit sa voie dans le monde de la BD, d’abord sur son sol natal, puis en Europe, avant de pointer son nez aujourd’hui sur le marché américain.

Ça Turubin

Le style Rubín c’est une parfaite synthèse du comic US dans tous ses états, des influences asiatiques inhérentes à notre génération, et d’une culture européenne difficile à renier. Le résultat nous donne un style graphique très dynamique, superbe et foisonnant, et une tendance à reprendre un grand nombre des codes de la pop culture contemporaine tout en ne reniant pas une profondeur certaine, voire noirceur, dans les thèmes abordés. Il représente donc le meilleur des deux mondes, et il est difficile de lui résister, qu’on soit franco-belgiste extrémiste, impérialiste du manga ou ayatollah du comic US.

Rencontre avec David Rubín Commençant par des ouvrages intimistes et attachants (notamment le Salon de Thé de l’Ours Malais, où il explore déjà ses marottes dans un noir et blanc classieux), c’est avec le superbe diptyque Le Héros qu’il exprime toutes les facettes de son talent, en plongeant dans les racines du récit héroïque pour en tirer une narration des plus actuelles, entre rétro-futurisme vintage et mythologie super héroïque. Le tout saupoudré d’ironie et d’humour, mais n’hésitant pas à s’enfoncer dans le tragique et la noirceur pour dépeindre les tréfonds de l’âme humaine. Et auréolé d’un dessin époustouflant, précis, brillant et puissamment mis en couleur. Un must.

Beowulf suivra, ce coup-ci uniquement aux pinceaux, mais le style graphique sied toujours autant à cette chanson de geste épique de la mythologie nordique. Encore une fois un ouvrage à conseiller.

Bref, trois ans plus tard, les deux tomes publiés en français et un Beowulf en plus, entre procrastination et rencontres manquées, nous sommes allés le rencontrer sur ses terres Galiciennes de A Coruña pour vous offrir enfin cet entretien avec un auteur brillant et de surcroît fort sympathique. N’oubliez pas d’activer les sous-titres qu’un petit traducteur esclave au fond de notre cave a concocté pour vous !

 
 
David Rubín,
Publiés en France chez Rackham :

  • Hors d’atteinte
  • Le Salon de Thé de l’Ours Malais
  • Le Héros, tome 1 et 2

Chez Casterman :

  • Beowulf, avec Santiago García

David Rubín sur le web :

Précédemment, dans la série Festival International de la BD d'Angoulême