Dope – Sara Gran


Épisode no de la série Littérature US

Soyons honnêtes, Dope est un de ces livres que l’on choisit par sa couverture « pop ». Une photographie de David Waldorf, une citation de Bret Easton Ellis et une couleur vert-pomme acidulée suffisent à attirer le regard. La quatrième de couv’ achève de convaincre en nous vendant un roman « au suspense haletant ».

Ce livre attend sur les étagères de ma bibliothèque depuis bientôt un an. Je l’y avais un peu oublié, puis, l’été aidant, je l’ai choisi pour accompagner mon weekend. C’est un peu loupé, puisque je l’ai lu en une après-midi. Environ 200 pages d’une écriture très fluide et une atmosphère prenante constituent le premier roman de l’américaine Sara Gran.

Dans le New York des années 50, Joséphine, ex-junkie de 36 ans vit de petites arnaques. Elle accepte un jour une proposition alléchante qui va la conduire à jouer les privés dans le Village underground, celui des drogués, des prostituées et des bars de nuit. Elle qui a connu la came, la prison, et la prostitution doit à nouveau fréquenter les créatures des bas-fonds et faire face à son passé.

Débute alors un roman d’ambiance : on lit Dope comme on regarderait un film de Fritz Land, ou un film noir américain. Hommes en costumes chics et chapeaux à larges bords, femmes sans âge gérantes de maisons closes délabrées, junkies de tout bord, policiers désabusés et corrompus, Sara Gran nous endort peu à peu dans les méandres du passé de Joséphine, avant de sonner finalement le réveil, pour véritablement commencer l’aspect polar de son roman. Selon certaines critiques piochées ça et là, la suite est convenue, facile à deviner. J’aurais plutôt tendance à penser que Dope fonctionne comme une tragédie grecque : on connait plus ou moins la fin dès le début de l’histoire, mais là n’est pas l’important. L’essentiel de ce livre se trouve dans l’ambiance dans laquelle il nous plonge (bien qu’honnêtement j’en attendais plus à ce sujet, le contexte aurait mérité d’être plus fouillé…) et dans la pléiade de personnages, principaux comme secondaires, que l’on y rencontre. Dope n’est certainement pas le polar du siècle, mais il reste un roman d’ambiance très agréable à lire. Un premier roman très prometteur.

Un film est apparemment prévu dans les mois qui viennent.

Précédemment, dans la série Littérature US


Dope de Sara Gran éditions Sonatine 15€