Ruby, ruby, ruby, ruby, ah ah, ah ah, ah aaaah


Voilà bientôt six ans que la petite perle indé Little Miss Sunshine est sortie. Six ans que l’on attend le nouveau film du couple Jonathan Dayton/Valerie Faris et quand enfin il est là, c’est dans l’indifférence la plus totale, quasiment dans l’anonymat promotionnel, qu’il est diffusé. Et présenté dans une des plus petites salles de mon multiplex habituel dès la première semaine, ça fait un peu mal au cœur.

Elle s’appelle Ruby (Ruby Sparks en VO) est une pépite jouissive de cinéma indépendant comme on l’aime. Le film m’a d’autant plus surpris que je n’ai rien lu, ni vu, a son sujet avant la projection. L’histoire est celle d’un jeune romancier au succès phénoménal qui, en plein syndrome de la page blanche, commence à écrire et décrire la femme de ses rêves. Sa vie prend alors un nouveau tournant quand sa création se met à exister telle qu’il l’a imaginé.

On assiste alors a une comédie romantique très légèrement teintée de fantastique. Une variation très rafraîchissante sur le thème la création et son créateur. Le mythe de Pygmalion revisité, entre Frankestein de Mary Shelley et L’incroyable destin D’harold Crick, la classe donc.

Le scénario a été écrit par Zoé Kazan (petite fille de) actrice principale du film et compagne à la ville de Paul Dano, acteur principal du film. Donc un couple de réalisateur qui dirige un couple d’acteurs, une sorte de thérapie de couple next gen. Création d’un couple pour un autre couple, création sur la création d’une deuxième œuvre, autant dire que la mise en abyme est de mise.

Comme dans leur film précédent, la famille a une place importante dans l’histoire et dans la vie des personnages. Calvin, le personnage de l’écrivain joué par Paul Dano, a pour seul ami son frère, joué par Chris Messina. La mère un peu allumée est jouée par Anette Bening, et elle s’est remariée avec un Antonio Banderas complètement béat lui aussi. Dans le rôle de l’agent, on retrouve un Steeve Coogan retors et opportuniste, dans celui du thérapeute de service et catalyseur de la création, on retrouve le vétéran Elliott Gould. La Ruby du titre est donc jouée par une Zoé Kazan à la fois mignonne, fraîche, fragile avec sa bonne bouille toute ronde, mais parfaitement tangible malgré le fait qu’elle est inventée. Tout ce petit monde, ainsi que les autres rôles secondaires, sont formidables, et contribuent à la fraîcheur de l’ensemble du film.

Le film doit absolument être vu en version originale (comment pourrait-il en être autrement ?) pour les quelques moments géniaux où le français dans le texte est indispensable. Car le film est un peu bobo-intello-branchouille par moment puisqu’il nous conte les aventures d’un écrivain qui vit dans une maison d’architecte et s’invente une copine artiste-peintre qui ponctuellement se met à parler en français (langue terriblement intello pour nos amis d’outre-atlantique) et dont les parents sont des hippies qui fabriquent des meubles en bois flotté. Mais cet aspect  ne retire rien au plaisir.

En bref, on passe un excellent moment, c’est intelligent, très malin même, drôle, un peu déprimant par moment mais on passe très vite à de véritables moments de grâce et la portée du film va bien plus loin que son propos premier. On se prend même à y repenser et à le savourer longtemps après la fin de la séance. Ne le ratez pas.

En bonus, la bande annonce :


Elle s'appelle Ruby de Jonathan Dayton, Valerie Faris 3 octobre 2012 Avec Paul Dano, Zoe Kazan, Chris Messina

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