Eurovision mon amour


Tous les ans, j’attends avec impatience le mois de mai. Parce que le mois de mai est synonyme non seulement de jours fériés, d’anniversaire et de fin de partiels, mais aussi d’Eurovision. Oui, l’Eurovision. La plus grande célébration du kitsch, des paillettes, des chorégraphies improbables et de la mauvaise pop. Tout ce que j’aime finalement, présenté cette année par Mireille Dumas et Cyril Féraud, organisé par l’Azerbaïdjan dans la ville de Bakou.

Premièrement, si vous prenez la compétition au sérieux, votre soirée est foutue.
Déjà parce que la France n’a plus la prétention de gagner depuis cette chère Marie Myriam et son oiseau en 1977. On nous rabâche tous les ans, que oui, on a gagné (5 fois même !) : du coup ça suffit et puis en plus ça coûte trop cher, c’est la crise alors flute… Car oui, la crise a joué un rôle majeur cette année, en particulier pour la candidate espagnole qui a été sommée de ne pas gagner (ah non surtout pas !). Et vu certaines autres prestations elle ne devait pas être la seule… De toutes façons, si même les Fatals Picards n’ont pas pu gagner c’est bien la preuve qu’en Europe, ils ont vraiment de goûts de chiotte (la gagnante de cette année en est encore l’illustration d’ailleurs, enfin tous les goûts sont dans la nature).

C'était vous les meilleurs les gars, c'était vous !

Ensuite, si vous pensez que les protagonistes du show on enfin adapté leur style vestimentaire, vous faites fausse route. On regarde aussi l’Eurovision pour se moquer du style des chanteurs, des présentateurs, des danseurs, des mamies (il y avait des MAMIES !)… je trouve d’ailleurs regrettable qu’il n’y ait pas plus de zoom sur le public qui se voit un peu épargné alors que je suis persuadée qu’il doit avoir un look du tonnerre. Le style Eurovision, c’est tout un art.

Mais cette année les présentatrices toute de blanc vêtues étaient fort charmantes, et la salle magnifique (Ah c’est sûr, avec 56 millions d’euros d’investissement ça aurait été dommage que ce soit laid). Le président, dans sa grande mansuétude nous a même offert sa fille et son gendre sur scène pendant les entractes, comme c’est généreux. L’office du tourisme s’est fait plaisir aussi, en montrant entre chaque chanson de magnifiques illustrations du pays, forcément superbe, plein de couscous et de chevaux. Tant pis pour les autres participants, ils n’ avaient qu’à gagner !

Par contre niveau candidat, il y avait de quoi passer une bonne soirée. On a eu droit a plusieurs modes, du style « j’ai une capuche t’as vu ? » avec la Hongrie et la Norvège à celui plutôt « papy fait de la résistance » avec l’Angleterre » mais aussi « mamie te fait un bon gâteau » avec la Russie (elles étaient vraiment trop mignonnes ces mamies, leur chanson fera un tabac en boite c’est clair, je vous encourage à visionner ça, c’est juste magique).


Les mamies russes sont de sortie pour l’Eurovision !

Ensuite on a eu les OVNI, encore plus forts que les précédents, avec la grande gagnante Suédoise qui a tout simplement beuglé sa chanson dans le noir (impossible de voir si elle chantait vraiment en fait), c’était vraiment top-dark-emo-souffrance. Et ça gagne ça. Alors que les Irlandais avaient tout misé sur leurs costumes de Bioman. Ils ont du être déçus les pauvres.


Les jumeaux irlandais tout en brillance.

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire une longue explication sur la qualité des productions sonores de la soirée, je vous invite vivement à vous faire votre propre opinion grâce au replay, mais préparez vous à entendre de la pop bien lourde et bien clichée. Tout ce qui sauve les artistes, ou du moins notre soirée, ce sont en général les chorégraphies.

On avait eu l’Epic Sax Guy, aujourd’hui on a Love is blind de Lituanie. Un coup de hanche inégalé. Ou encore L’Epic Trompet Guy d’Ukraine, sans compter sur les jeunes Moldaves imitant des poissons hors de l’eau. Ça vaut le coup, sérieusement.


 

Mais bon, ils ont tous réalisé un rêve : participer à l’Eurovision. Moi aussi c’est mon rêve. Pas de chanter, ce serait vraiment vouloir faire du mal aux autres, présenter plutôt. 2 heures et demi de moqueries, de critiques acido-basiques, alors qu’on n’y connait rien c’est juste merveilleux. Transformer cette soirée en franche rigolade, c’est ça le défi !

Et cette année, on a eu du lourd. Bon ça ne valait pas Michel Drucker qui faisait tester la musique par son chien, chien qui n’avait d’ailleurs aucun flair vu qu’il « n’aurait jamais écouté Lordi ». Lordi qu’on a retrouvé en interlocuteur pour la distribution des points, vraiment très rafraichissant. Mais Mireille Dumas s’est bien lâchée et que dire de Cyril Féraud !

Alors Cyril, c’est le petit jeune qui présentait le Loto si je me souviens bien, mais surtout « slam ». Slam, c’est l’émission où tu remplis des grilles de mots croisés après avoir répondu à des énigmes minimes sur des mots du genre « sans elle Paris serait pris », bref moyenne d’âge 40/50 ans. Et là ça s’est vu, parce que le Cyril pendant la distribution des points il n’a pas pu se retenir.

Cyril est un cœur à prendre, allez y !

Alors oui Cyril, elles étaient toutes jolies, avec de très beaux décolletés et de jolies cheveux, mais quand même, si tu n’as pas de copine il y a d’autres moyens de le dire petit coquin! Tu auras au moins eu le mérite de me faire marrer, et d’amener un peu de fraicheur. Mais la prochaine fois, je veux ta place.

Ah oui sinon, on est 22e. Désolée Anggun.