On fait le bilan, calmement …


Tout comme notre amie Aurélie, j’ai été invité à la 14e édition du Festival Européen du court métrage de Bordeaux. Je vous convie à lire ou relire son article sur l’ouverture du festival,  d’autant plus qu’elle a misé sur le grand gagnant de la catégorie « courts ».

Pour commencer, un petit mot sur l’organisation du festival. Extérieur Nuit à fait un excellent travail tant dans la communication et l’accueil que dans la mise en place de ces deux soirées. La sélection de films est assez variée mais pas totalement inédite, que ce soit dans la sélection « courts » ou la sélection « animation », il y avait du très bon et du pas bon du tout, c’est que l’on attend d’une sélection, mais certains films et pas forcément les meilleurs étaient déjà vus, donc je mets un léger bémol.

Le premier soir du reste de ma nuit.

La sélection du premier soir incluait donc Automatic for the people, film tchèque au nom d’un album de R.E.M. qui m’a fait penser à Capek, inventeur tchèque du mot Robot, ça m’a aussi fait penser à toute l’austérité des films de l’ancien bloc communiste avec une photo froide et des dialogues aussi doux aux oreilles que des fraiseuses introduite dans ces mêmes orifices.
Le film suivant Bloody Christmas 2 film français avec Frédérique Bel, m’a fait penser à un épisode de Doctor Who, hilarant, inquiétant et par conséquent un peu surfait.

L’accordeur, grand gagnant de cette première soirée puisqu’il remporte à la fois le prix du Jury et du Public catégorie « courts », m’a fait penser à un mélange des films Danny the dog et De battre mon cœur c’est arrêté, piano, violence et qualités. Notons que dans le rôle principal on retrouve le jeune espoir du cinéma français, Grégoire Leprince-Ringuet.

Lester, film suisse, nous rappelle que les histoire de vampires, un nom qui fait penser à Dexter, de  l’érotisme, une rupture des codes du genre et de l’humour sont vendeurs mais pas suffisants.

Je pourrais être votre grand mère est le typique film pétri de bons sentiments mais qui fait rire.

The philosopher film avec Jean Reno est assez calamiteux, histoire pauvre, jeu d’acteur approximatif et desservi par un doublage hasardeux, des plans creux et  une chute à l’image de tout ce  métrage, décevant.

Sucre, film hollandais parmi mes favoris est drôle, efficace, plein d’humour noir et d’une fraîcheur très salutaire.

Nawéwé,  prouve qu’avec un sujet gravissime comme le génocide Rwandais on peut faire un film bourré d’humour et d’humanité.

La dernière partie de cette sélection « courts » a commencé par Micha Mouse, grosse superproduction française imaginant à la façon d’un Shakespeare in Love ou un George Lucas in Love, un Walt Disney jeune auteur qui s’inspire de sa rencontre avec un ermite russe nain aux cheveux hirsute qui vit dans le grenier au dessus de sa chambre pour donner vie à la petite souris devenue l’un des personnages les plus connus de la planète.

Le jeu du chat et de la souris, souffre de deux défauts majeurs à mes yeux, il est très prévisible et il y a beaucoup de trop de chats.

Traiettorie invisibili, film suisse en italien m’a fasciné, entre poésie, fantastique et histoire d’amour.

Tomatl, film français très bien documenté et terriblement drôle sur l’histoire de la tomate, a ma préférence. Le film dégage une grande énergie, il est efficace et nous démontre de façon amusante que ce fruit pourrait être le déclencheur de la fin du Monde en 2012.

 

Second night of the Living red.

Pour la deuxième soirée du festival, la sélection n’est faite que de films d’animation. Comme je disais, une forte impression de déjà vu règne mais chaque film à ses qualités.

Le petit dragon, film hommage à Bruce Lee principalement en stop motion est pour faire simple très cool.

La fille et le chasseur, a le charme de ces films faits de papier découpé avec un coté vintage et une grande dose de merveilleux. Le film donne tout son sens à « Cry me a River ».

Rubika, film en animation 3D, joue avec la notion de gravité terrestre avec beaucoup d’humour.

Pixels, film graphique par définition et lauréat du Prix du Jury, une petite perle d’inventivité.

Il était une fois l’huile, film de Winshluss, l’autre nom punko nihiliste de Vincent Paronnaud coréalisateur de Persepolis. Autant dire qu’il y avait une grosse pointure dans cette sélection. Le film est une perle, que dis-je, une pépite d’humour noir, acide, corrosif et iconoclaste. C’est jouissif, référencé, bien réalisé et horriblement drôle et génial. Les spectateurs ne s’y sont pas trompé et lui a décerné le prix du Public, amplement mérité.

Le concile Lunatique, film poétique quasi mystique avec la voix d’Arthur H. Cette poésie et le design des personnages m’ont fait penser aux marionnettes de Jiri Trnka, l’animateur tchèque.

Chronique de la poisse, est très amusant, une histoire sur la poisse comme maladie hautement transmissible et conséquente à une revanche. Humour noir et Grand Guignol très réjouissants.

Daisy Cutter, film espagnol sur les méfaits de la guerre mais traité avec beaucoup de tendresse et de façon allégorique. Une alliance virtuose du fond et de la forme.

 

Et pour finir L’inventeur, un petit moment d’inventivité et de drôlerie, sorte de pied de nez au capitalisme avec un air de Wallace et Gromit.

 

Donc un festival avec une sélection de bonne facture, hétéroclite et divertissante. Un buffet généreux et victime de son succès. Un court métrage des étudiants du BEM qui était une délire cauchemardesque sur les méfaits des réseaux sociaux sur la vie de couple et les amis et en clôture l’avant première de Monsieur Papa, première réalisation de Kad Merad.

 

 


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