Game Story, une exposition pleine de bits


Épisode no de la série Petite histoire du jeu vidéo

Tout d’abord, je m’excuse platement de cette blague à deux francs cinquante que j’ai glissée dans le titre de cet article. Elle est tellement pourrie que le SAV (Service Après Vanne) a refusé de me la reprendre. Je vais donc humblement aller me flageller avec un spaghetti trop cuit et je vous promets que ça n’arrivera plus. Tout du moins, je vais essayer !

Du 10 novembre 2011 au 9 janvier 2012, une exposition pas comme les autres a été organisée au Grand Palais, à Paris. Il s’agissait de Game Story, une histoire du jeu vidéo.

L’affiche utilisée pour l’exposition Game Story

Cette exposition était l’une des premières d’envergure sur le thème du jeu vidéo en France. Une exposition d’autant plus importante qu’elle était organisée par la Réunion des Musées Nationaux (RMN), en collaboration avec le Musée des arts asiatiques Guimet et l’association MO5.com, dont le but est de « préserver le patrimoine informatique et vidéoludique ». Je ne vous parlerais pas dans cet article de l’exposition car, malheureusement, je n’ai pas pu y aller. Néanmoins, les éditions de la RMN ont publié le catalogue de l’exposition. C’est de ce livre dont je vais vous parler.

Cet ouvrage marque, pour moi, une étape importante dans la perception du jeu vidéo. Au lieu de le cantonner dans son univers à lui, en faire un objet ou un phénomène à part, Game Story veut replacer le jeu vidéo dans ses époques, tout au long de son évolution. En le reliant aux phénomènes musicaux, littéraires ou cinéma de chaque époque, le catalogue montre comment le jeu vidéo a puisé son inspiration dans la culture de son temps et comment il a pu, à son tour, nourrir les productions culturelles qui lui sont contemporaines. Ce n’est donc pas un simple exposé chronologique qui nous est offert, mais une vraie réflexion sur la naissance et l’évolution du jeu vidéo et l’impact de ce dernier sur nos sociétés.

Grâce à cette exposition, c’est enfin la reconnaissance par un organisme public d’une affirmation que l’on cherche à établir depuis quelques temps : le jeu vidéo est, au même titre que la musique, le cinéma, la littérature, la bande dessinée, une composante de la culture. Et non pas, comme certains médias veulent le faire croire, une sous-culture destinée aux plus idiots, ou encore un agent du Mal, un suppôt de Satan. Rien que pour cela, un grand merci à la RMN et à MO5.com pour cette grande avancée.

Le catalogue adopte un aspect chronologique, découpant l’histoire du jeu vidéo en huit grandes périodes : Sources (XIXe siècle – années 1970), Pong (1972-1977), Couleur (1977-1983), Pixel (1983-1990), Pixel Art (1990-1995), 3D (1995-2000), Ouverture (2000-2006), Diversité (2006-2011). Ces grandes parties sont chacune divisées en deux (sauf pour la partie Sources). Le livre commence par raconter les grands faits et courants qui ont traversé la période en question dans les domaines de la culture, puis dans le jeu vidéo. Ce qui permet au lecteur qui n’est pas forcément féru de jeu vidéo, de posséder quelques repères identifiables pour la suite de son exploration.

Ensuite, Game Story sélectionne un certain nombre de jeux marquants ou novateurs de l’époque, en expliquant pourquoi, en leur temps, ces jeux ont marqué quelque chose de nouveau. Certains grimaceront peut-être un peu devant les softs choisis, mais personnellement, j’ai trouvé les titres sélectionnés pertinents et représentatifs. Ainsi, de Computer Space (1971) à Crysis 2 (2011), on a une large sélection de titres, brassant toutes les composantes de la planète vidéoludique.

Enfin, chose très importante, le catalogue propose, en fin d’ouvrage, une vaste bibliographie de près de soixante-dix titres traitant du jeu vidéo, mais aussi d’autres sujets périphériques. Textes en français ou en anglais, cette bibliographie est une véritable mine d’or et un point de départ très intéressant pour qui souhaite approfondir sa réflexion sur le jeu vidéo et son influence.

Au final, Game Story est un catalogue d’exposition intéressant, exhaustif et très bien réalisé. Sa mise en page est très agréable, le livre facile à consulter. De plus, son prix (35 €) est vraiment justifié au vu du travail colossal abattu. Assurément, un livre à parcourir, à lire et à relire !

 

Game Story, une histoire du jeu vidéo
Éditions de la RMN/Grand Palais
Novembre 2011
372 pages, 35 €