Génériques !, dans l’intimité des séries télévisées


Avant de rentrer dans le vif du sujet, je profiterai de cet article pour crier très fort, tel un loup à la pleine lune, mon amour pour la maison d’édition lyonnaise Les Moutons Électriques. Depuis 2003, l’éditeur s’emploie à nous offrir des livres aussi bons les uns que les autres. Spécialisée dans la culture populaire contemporaine et les littératures de l’imaginaire, c’est aux Moutons que je dois deux de mes plus gros coups de cœur littéraires de ces dernières années :  Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski et Wastburg de Cédric Ferrand. Outre des nouvelles et des récits, on retrouve dans leur catalogue des travaux sur de grands héros (Sherlock Holmes, Arsène Lupin, Hercule Poirot pour ne citer que ceux-là) ou des ouvrages sur divers thèmes (Extrême !, sur la violence dans le cinéma ou encore le magnifique Dictionnaire féérique). Je ne peux que vous engager à jeter un œil sur leur catalogue disponible sur leur site internet pour découvrir les trésors recelés en son sein.

Le nom de l'éditeur vient du livre Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick, plus connu sous le nom de Blade Runner

Chez Mandorine, on vous a souvent parlé de séries télévisées. De Docteur Who à Luther, de Rome à Mon Petit Poney, on a beaucoup partagé avec vous nos goûts côté œuvres télévisuelles, qu’elles soient policières ou animées. Nous allons rester aujourd’hui dans l’univers de la série télévisée, mais en l’abordant sous un angle différent. L’angle d’Eric Vérat, qui a écrit notamment pour l’Écran Fantastique, pour des séries passées sur KD2A et qui réalise des émissions sur France Culture. Un homme qui connaît pas mal de chose en matière de série TV, donc. Et voici que son livre, Génériques !, traite de la série américaine sous un angle inédit à savoir… le générique.

A ce moment de la chronique, vous vous demandez sûrement ce qu’un générique peut nous adresser comme information. D’ailleurs, le regarde-t-on souvent ce générique ? Combien de fois l’a-t-on passé en vitesse, pressés que nous sommes de voir l’intrigue continuer ? Je vous avoue que j’avais aussi quelques questions quand j’ai commencé la lecture de l’ouvrage de 162 pages. 162 pages pour un livre sur les génériques ? Et bien figurez vous que oui, on peut parler de génériques pendant 162 pages. Et très bien en parler même.

La couverture du livre

Car finalement, on apprend énormément de choses dans ce livre. Que cette séquence d’ouverture recèle bien des informations, pour qui sait bien la lire. Car tout a son importance dans un générique : la durée de la séquence, les images choisies, le nom de la série, comment sont placés les noms des acteurs et des producteurs, la musique utilisée, la chaîne qui diffuse la série… Vous ne pensiez pas que toutes ces données recelaient une information précieuse ? Pourtant, si. Et l’auteur nous explique tout ou presque sur les données présentes dans les génériques, en nous montrant que le générique, loin d’être un bouche-trou sans intérêt, est révélateur de ce que les créateurs ont voulu faire de la série. Que deux génériques aussi différents que ceux de The Wire (NDRédac’chef : la meilleur série du monde) et de Lost font passer tout autant d’idées, même si l’un dure une minute trente et l’autre cinq secondes.

Le livre est très agréable à lire. L’auteur est très simple dans ses explications et passionné, ce qui rend la lecture simple et intéressante. Finalement, même si ce livre s’adresse en premier aux fans de séries américaines, les autres peuvent être agréablement surpris, tant ce livre nous explique, comment est fabriqué un épisode de série aux États-Unis. Bref, ce Génériques ! est une excellente pioche. Un livre instructif et complet dont je vous conseille vivement la lecture.


Génériques ! de Eric Véret Les Moutons électriques 164 pages, 19€ 24 février 2012