Il était une fois…un auteur que j’aimerais rencontrer une deuxième fois


Repassant en revue les multiples publications de votre bien nommé et bien-aimé webzine, Mandorine, je me suis aperçue qu’une œuvre aurait peut-être dû être approfondie! Je parle de la BD de Davy Mourier, Il était une fois…une fille que j’ai rencontrée deux fois ! Proposée dans une liste de cadeaux de Noël, et présent à la dernière édition d’Animasia, cette bande dessinée mérite néanmoins, et à mon sens, une chronique bien à elle!

Davy Mourier, l’homme aux multiples facettes

On connaissait le présentateur drôle, décapant, aux grimaces et blagues potaches sur Nolife, le comédien interprétant le rôle de l’attardé vulgaire Régis-Robert de Nerdz, le scénariste/réalisateur de cette même série. Mais avec Il était une fois…, Davy nous montre une autre facette de sa personnalité. Sentiments enfouis, heureux, tristes, souvent mélancoliques.

Il était une fois… narre une histoire d’amour vécue par l’auteur. On se retrouve face à un personnage angoissé, mort de trouille face à la vieillesse et à la mort (le passage sur les implants capillaires le montre), faisant tout pour rester en enfance, vivant dans un univers de BD, mangas, séries télés et jeux vidéos. Il rencontre une fille, après 8 ans de conversations sur Internet. Elle lui plaît! Et on se retrouve lancé dans un jeu de piste version Web à travers Paris! « Cette fille, c’est Fort Boyard! », comme il dit ! Cette relation tourne autour d’une problématique : comment dire à cette fille dont il est amoureux, qu’elle lui plaît, alors que ces deux-là ne sont pas doués pour exprimer leurs sentiments, préférant se replier sur eux-même, nous montrant que l’écran et Internet sont leurs seules protections.

Une technique de travail très originale

Davy admet lui-même qu’il ne sait pas dessiner! Mais ses dessins, dans toute leur simplicité, dégagent une émotion très forte! On ressent la gène des deux protagonistes, la frustration du personnage, les questions et contradictions qu’il se pose (« Elle m’aime? Elle peut pas me voir! »)… Tout est retransmis, comme capturé par une tablette graphique…. Et des photos! Des photos intégrées aux cases! Sachant que ces photos proviennent des lieux fréquentés par le petit bonhomme et la jeune fille, cela ne rend l’histoire que plus proche du lecteur. Le travail d’identification au « héros » se fait si facilement qu’on a peine le temps de se rendre compte qu’on a peut-être vécu la même chose que lui et qu’on évolue dans le même monde technologique que lui! Entre textos, mails, MSN, on n’est pas perdu! Ou presque autant que lui!

Nouveauté : la Bande Dessinée réversible

En retournant la BD, on trouve une deuxième histoire! Papa, Maman, une maladie et moi. Tout aussi touchante que la première. Davy retrace la période vécue dans sa famille au moment où son père, incarnation même de l’homme fort et courageux, que rien ne peut attendre ou faire plier, doit se rendre à l’hôpital pour, peut-être, y apprendre qu’il a un cancer…

On voit cette petite famille faire face, tant bien que mal, à cette épée de Damoclès qui pend au dessus de leurs têtes. 13 planches où tout le processus est retranscrit : « Papa », « Les autres », « Attente », « Regard »…. 13 planches où le lecteur vit avec ces trois personnages le drame qui les touche…

Les dessins toujours simplistes mais plein d’humour (un morceau de scotch par-ci, une Dolorean par-là, une référence à Ken le Survivant en prime…), font face à une abondance de texte, souvent dramatiques (la situation s’y prête). Mais, la question qu’on se pose souvent dans ce genre de situation serait plutôt: comment dédramatiser une situation où un être cher se trouve sur un lit d’hôpital, quand un tsunami de questions morbides vous submerge? Réponse: L’humour! Après ces 13 planches de mélancolie, de tristesse, de peine, on retient la fin de l’histoire: une boutade! L’humour qui dédramatise tout! L’humour qui sauve une famille solidaire face à la maladie!

Son actualité

Présent pour le festival d’Angoulême pour la sortie de sa dernière Bande Dessinée (27 Janvier 2011), 41 euros pour une poignée de psychotropes. Cette bande dessinée regroupe un choix des strips publiés sur son blog Badstrip depuis ses 5 dernières années ! Les passages chez le psy, pourquoi il a pris des cachets… Une sorte de bilan, de résumé de son blog et de sa vie.

Comme elle est tout juste sortie et que je n’ai pas encore eu l’occasion de la lire, d’ici peu, une chronique sera écrite sur cette petite nouveauté!

Il était une fois…une fille que j’ai rencontrée deux fois / Papa, Maman, une maladie et moi
Éditions Adalie
Sortie en Juin 2009
14€

41 euros pour une poignée de psychotropes
Éditions Ankama et Adalie
Sortie le 27 Janvier 2011
11,90€


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