10 questions à… Davy Mourier


De retour d’Angoulême, j’ai été frustrée par une chose : je n’ai pas pu obtenir de dédicace de Davy Mourier sur sa nouvelle BD 41 €… J’avais dans l’idée de lui poser quelques questions sur place, mais vu la cohue lors de sa séance de dédicaces, c’était compromis. (Note à moi-même, l’an prochain, je n’irai pas là-bas le samedi). La patience n’est pas notre fort, dans l’équipe de Mandorine, il aurait fallu patienter jusqu’au printemps[1] pour lui poser nos questions. Élise et moi l’avons donc interviewé par mail, à propos de 41€. A ce sujet, pensez aussi à lire la chronique d’Élise !

Mylène – Ça fait un moment qu’on attendait 41 euros…
Davy – Effectivement… et moi aussi. Mais je suis très content du temps que ça à pris. Je dirais que pour une fois l’attente était vraiment justifiée. Si la BD était sortie il y a un an elle aurait été moins belle.

Mylène – 41 résume 5 ans de ta vie, 5 ans de ton blog. C’est pas un peu flippant que tant de monde connaisse ta vie de manière si intime ?
Davy – Non… C’est peut être pour ça que je consulte : )
Je n’ai aucune angoisse a ce sujet, je suis très exib’… très très exib’ . Pire, je ne comprend pas du tout l’adage : pour vivre heureux, vivons cachés. J’ai la profonde sensation que vivre caché, c’est ne pas exister.

Élise – Entre les séances de psychanalyses, ta peur de la mort, « Elle », les protagonistes dont tu parles ont-ils été d’accord pour apparaître dans ta BD ou tu as eu des ennuis?
Davy – Alors… euh… Mes parents sont au courant et ont suivi l’avancement de la BD. Elle a lu Mouarf 1[2] et 2 que vous n’avez pas lu (je parle du 2), 41 euros s’insère entre les deux.
Non elle n’a pas vu 41 euros, enfin je ne crois pas. Mais les photos sont très floues quand même : ) Le psy, ben, je le paye, et tout ce que je raconte ça viens de moi, donc je pars du principe que ces séances m’appartiennent, je me les auto-copyright. Pour les autres… je ne vois pas . En tout cas je n’ai pas eu d’ennuis.

Élise – Une bande dessinée ayant l’aspect d’un carnet! Très original! Pourquoi ce choix de format?
Davy – C’est une idée du directeur artistique d’Ankama, RUN[3]. On cherchait a retranscrire le coté carnet intime, pour que le lecteur ait encore plus l’impression de pénétrer mon intimité.

Élise – Entre les crayons, les fusains, tu as choisi le stylo bille! Pourquoi ce choix pour le dessin? (qui est des plus appréciable d’ailleurs)
Davy – Parce que le stylo bille c’est ce que tu as sous la main le plus souvent pour gribouiller des trucs. C’est encore dans l’idée d’être vraiment proche d’un vrai journal intime. Ce choix m’a aussi permis de travailler un peu partout et quand je le voulais, une bonne partie de la BD à été réalisée dans le train ou le métro. Je dessine mieux dans les transports.

Élise – Ayant toi-même l’habitude de travailler sur tablettes graphiques, quelle(s) est(sont) la(les) différence(s) de travail de traitement d’images entre le stylo bille et la tablette graphique?
Davy – J’aimais la tablette graphique parce que j’avais peur de la feuille blanche. On a moins peur de se tromper sur un ordinateur. Mais on obtient souvent quelques chose de plus léché, de trop rigide, ça ne convenait plus au coté journal intime. Mais finalement je préfère le papier.

Élise – Beaucoup de symboles sont liés à l’enfance, comme les étiquettes de cahiers scolaires qui expliquent chaque moment marquant de ton enfance, ou bien les dessins animés, Star Wars, et tu places ta photo au milieu de tout ça… On sent que ton enfance et ce monde d’imagination t’ont beaucoup marqués! Serait-ce de là que viennent ton inspiration, cette fuite perpétuelle du monde adulte et donc ton « syndrome de Peter Pan », si je puis dire?
Davy – Alors je n’ai pas un syndrome de Peter pan, hein… sinon je serais dans un hôpital. Mais oui, l’enfance c’est vraiment un endroit ou je suis bien et que je n’ai toujours pas quitté. J’aime être entouré de jouets et de BD. Si mon psy ne dit pas de connerie, l’imaginaire est lié a l’enfance, donc oui, c’est de là que me vient mon inspiration. Je suis loin de devenir adulte. C’est une quête impossible que j’ai entamée, celle de ne pas être adulte. Ça pause donc certains problèmes, parfois. Un décalage avec les gens de mon âge, ou même plus jeunes.

Mylène – C’est un peu la classe d’avoir une BD publiée sous l’égide Ankama. Ça s’est passé comment ?
Davy – Oui c’est un peu grave la classe. Je suis co-édité Adalie/Ankama pour cette BD. J’ai voulu cela parce que je sentais que 41 euros était ma BD la plus personnelle et en même temps celle qui pouvait toucher le plus de monde. Ankama c’est une diffusion partout en France, des graphistes, un directeur artistique, une attachée de presse, une fabrication, etc.. Ça a boosté la qualité de l’album.

Mylène – Je sais qu’Angoulême est un festival qui te tient à cœur. Alors, ça t’a fait quel effet d’y être invité en tant qu’auteur?
Davy – … mon badge je l’ai gardé. C’est hyper important, j’étais super heureux. Je me sens encore pas à ma place… enfin… j’ai l’impression de voler la place a des vrais auteurs de BD. Mais si la BD se vend et que les gens font la queue pendant 3 heures[4] pour une dédicace… Je suppose que ça légitime un peu.

Mylène – La prochaine, ce sera la petite mort?
Davy – Peut être… ou Mouarf 2, je ne sais pas encore. On attend de voir les ventes de 41 euros. Adalie a reçu le premier PDF de Mouarf 2, j’attends leur retour.

Mylène – Une date de dédicace pour nos lecteurs bordelais ?
Davy – Normalement le 2 avril : ) A bientôt, donc.

Merci beaucoup à Davy pour sa disponibilité. Vous pouvez retrouver 41€ dans toutes les bonnes librairies, et Davy sur son blog, Badstrip, et chaque semaine dans J’irai loler sur vos tombes. (Et aussi dans Roadstrip, sur Nolife, et dans la saison 4 de Nerdz, c’est un homme très occupé !)


[1] Il sera en dédicace à Bordeaux début avril.
[2] Mouarf est la précédente BD de Davy Mourier, il y raconte son rapport à la vie, à la mort, à l’amour et les débuts de ses séances de psy. Publié aux éditions Adalie.
[3] RUN est aussi l’auteur de Mutafukaz, publié aux éditions Ankama.
[4] Pour info, 41 euros a été très vite en rupture de stock sur le stand d’Ankama durant la dédicace de Davy, le samedi. Donc, oui, ce fut un succès !


41 euros pour une poignée de psychotropes de Davy Mourier Ankama Editions 70 pages, 12,90€ Acheter le livre