La Classe Américaine maintenant en HD, toujours sans cyclimse


L’Internet français est en émoi. Le webmaster de cyclim.se, Sam Hocevar, a réussi à finaliser un projet qui lui prit plusieurs longues et pénibles années : Faire une version « HD » de La classe américaine. En effet, en reprenant quasi (à 99%)tout les extraits des 49 films sur des DVD aujourd’hui remasterisé, on obtient une version bien meilleure que l’originale, surtout quand on la compare à la version « cassette VHS » qui circulait sous le manteau. Mais pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, reprenons depuis le début.

« Merci vous êtes gentils. J’ai bien dis gentil, pas homosexuel ! »

Ahem. Fut une époque bénie où à Canal + les créatifs faisait ce qu’ils voulaient. Ils osaient tout. Ainsi en l’an de grâce 1993, car oui je m’en souviens très bien de cette époque de liberté, où j’avais deux ans… Attend, en fait non. Monde de merde.

Soit, il a fallu attendre l’arrivée d’Internet et des plateformes vidéos pour que j’entende parler de La classe américaine. Donc si MOI je connais, ne me faites pas l’affront de me dire que vous connaissez pas ? Hein ? Sérieusement ? Non ? Tu me déçois lecteur. Même que t’es plus mon ami. Donc, en 1993, à l’occasion des cent ans de la Warner, ils donnent les droits d’utilisation d’environ 3000 films à Canal + pour faire un petit montage promotionnel. Mais à la chaîne cryptée, des petits malins ont plutôt compris « Faites un film sans queue ni tête en montant maladroitement les extraits et redoublez les acteurs de renoms afin qu’ils aient l’air de parfaits abrutis ».

« J’ai connu un mec de droite une fois, il avait dix fois plus de classe.»

Ce qui fut fait, en confiant la réalisation à Michel Hazanivicius, qui avant même OSS 117, avait de la suite dans les idées. Ce qui nous donne un film repompant joyeusement l’intrigue de Citizen Kane, racontant l’histoire de journalistes (Robert Redford, Dustin Hoffman et Paul Newman) préparant un article sur la mort de George Abitbol/John Wayne, l’homme le plus classe du monde, afin de découvrir le pourquoi du comment de ces derniers mots : « Monde de merde ». Nos amis journaleux décident alors de parcourir la liste des anciens amis de George (Parmi lesquels on peut compter Clark Gable ou James Stewart) ce qui donne l’occasion de faire des flashbacks au temps glorieux des cowboys (qui ne sont pas du tout pédés) du Tegzas (Enfin Texas. Vous suivez ?).

« On va manger des CHIPS ! T’entends des CHIPS !»

Comment fait-on un flim en reprenant uniquement des bouts d’autres films ? Avec difficulté. Mais force est de constater est que Hazanavicius s’en tire avec brio, arrivant à sortir de l’humour à coup de clins d’œils bien placés et de phrases devenues cultes. Le doublage est une grande réussite, et, malgré des énormités balancées (« Je déteste les animaux préhistoriques partouzeurs de droite ») la synchro est tellement réussie qu’on a véritablement l’impression que c’est ce que les acteurs veulent dire avec une franche sincérité. (« Moi je veux devenir célèbre pour niquer. ») Il faut tout de même noter que la plupart des doubleurs, comme celui de John Wayne, sont les doubleurs français attitrés des acteurs. La classe.

« Ah oui ? Mais moi je crois qu’on dit une ouiche lorraine.»

Bref, ce qui aurait pu être un one shot de la grande époque de l’esprit Canal, simplement diffusée une fois à la télé puis oubliée (Car oui la Warner n’a pas vraiment apprécié et le flim et n’a jamais approuvé une sortie DVD, il faut dire qu’ils n’aiment pas vraiment les plagieurs. Et les fils de pute.) devint donc un flim culte. Modèle pour tout les parodieurs d’Internet aujourd’hui, de Mozinor à Gotohwan, La classe américaine lança vraiment la mode, encore vivante, du détournement.

« Aime-moi tendre, aime-moi vrai.»

Cette version HD est un vrai travail d’orfèvre. En effet, l’homme a du se procurer et visionner près d’une centaine DVD pour arriver aux 49 flims dont des extraits sont utilisés dans le détournement, pour ensuite tour remonter à l’identique. Seuls manquent à l’appel quelques plans encore, notamment celui dit « de l’horloge », 4 secondes au compteur, dont le film est encore inconnu au bataillon (a bon entendeur…). Donc à l’occasion, cherchez une adresse dans un coin truiteux, saluez George de notre part et vous aussi vous aurez la classe !

« Je préfère partir plutôt que d’entendre ça plutôt que d’être sourd. »

La Classe Américaine – Le Grand Détournement
Réalisateur: Michel Hazanivicius
avec les voix de toute la fine fleur des doubleurs français et des guests comme Alain Chabat, Dominique Farrugia et Jean Yves Lafesse.
1993
(version restaurée et ressortie HD 2010)