Get a Life !


La vie rêvée de Walter Mitty, c’est l’histoire d’un employé du magazine Life qui, malgré lui, a une vie bien rangée et passe donc son temps à rêver. Un jour, il sort de sa routine et il commence à vivre. Pour sa nouvelle réalisation Ben Stiller, tout en sobriété, nous livre un excellent mélange entre un feel good movie, une comédie romantique et une méta-comédie. Un pur moment de bonheur.

walter mitty affiche

La vie rêvée de Walter Mitty fait partie de ces films à l’immense pouvoir cathartique, ces films que l’on voit au bon moment de son parcours personnel. Un de ces films qui parlent directement à nos rêves et qui nous font plonger dans le métrage. Et dans le cas de ce film, on peut parler de mise en abyme.

Ce qui commence comme une énième comédie où le protagoniste loser tombe amoureux d’une jeune femme virtuellement inaccessible devient une pépite d’onirisme, une ode aux rêveurs, une invitation au voyage. Au passage, le film se permet d’effleurer le problème des restructuration d’entreprise et des épurations peu éthiques qui vont avec. Pour le même prix, on se retrouve donc avec une comédie, une histoire d’amour, du voyage, de l’aventure, du social et de l’émotion.

En plus de l’acteur/réalisateur Ben Stiller, on retrouve au casting Kristen Wiig, Adam Scott, Kathryn Hahn, Patton Oswalt, l’adorable Shirley MacLaine et le toujours génial Sean Penn, la classe.

Le film est un peu prévisible dans l’ensemble, on comprend assez vite où va aller l’histoire, mais comme le dit le vieux dicton, ce n’est pas la destination mais le voyage qui compte. On peut lire l’histoire de Walter Mitty comme une version moderne de Pinocchio : le personnage rêve qu’il n’est plus un pantin du métro-boulot-dodo, il se ment à lui-même, jusqu’à ce qu’il rencontre une femme dont il tombe amoureux. Cette fée bleue le pousse malgré elle à vivre, mais le véritable déclencheur est le jeu de piste que lui laisse le photographe qui le pousse, en véritable Jiminy Cricket, à sortir de sa zone de confort et à entreprendre un voyage somme toute très initiatique.

walter mitty soloCe film est l’adaptation libre d’un film du même nom de la fin des années 40, lui-même adapté d’une nouvelle de James Thurber. Le nom et la condition de rêveur de Walter Mitty sont tellement connus dans la culture anglo-saxonne qu’il est devenu un adjectif. Tout comme la version de 1947 s’éloignait du matériau d’origine pour permettre un one man show de Danny Kaye, la version de Ben Stiller est également très personnelle.

Son Walter Mitty travaille pour le magazine Life, une institution qui a inspiré, entre autres, notre Paris Match. Il s’occupe du département des négatifs photos dans un magazine qui a élevé le photo-journalisme à des sommets, le film entier est un hommage à Life et à sa philosophie. D’ailleurs, on peut voir dans le titre en version originale un jeu de mot entre la vie du personnage et le titre du magazine.

Je ne vous apprendrai rien que vous ne puissiez voir dans la bande-annonce du film mais les paysages présentés dans sont magnifiques, la musique est à la hauteur et la version de Space Oddity chantée par Kristen Wiig passe très bien. Entre les séquences de glisse et la fraîcheur qui se dégage de l’ensemble, on passe un excellent moment.

C’est typiquement le genre de film où chaque spectateur voit et ressort avec ce que bon lui semble. On retrouve une foultitude de détails qui prennent sens après le visionnage et nous permettent de le savourer longtemps après la séance. Je pense que dans tous les cas il ne faut pas bouder son plaisir.
Si vous voulez bien commencer l’année, ajoutez ce film à votre liste de bonne résolution, celle ci est est faisable et surtout très agréable.

 


La vie rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty) de Ben Stiller 1er Janvier 2014