Le journal de mon père de Jirô Taniguchi


Jirô Taniguchi, auteur entre autre de Quartier lointain, est un mangaka connu et reconnu dont chaque manga peut s’acheter les yeux fermés. Jirô Taniguchi dessine principalement des gekiga, c’est-à-dire des manga destinés aux adultes, avec des thèmes fort et sérieux. Le journal de mon père fait partie de ces gekiga.

« Je n’aurais jamais cru que l’ambiance agréable de ma ville natale puisse m’apporter tant de calme… Avec les années, on connait le bonheur d’avoir des racines. »

Yoichi, trentenaire marié et journaliste à Tokyo n’est pas retourné à Tottori, son village natal depuis plus de quinze ans et n’en avait guère l’intention avant d’apprendre la mort de son père. Il doit donc rentrer chez lui pour assister à la veillée funèbre et aux obsèques. L’occasion pour lui de renouer avec ses racines mais, surtout, au fil des récits de son oncle, de découvrir la vraie vie d’un père dont il n’a cessé de s’éloigner et d’une mère absente qu’il idolâtrait.
Ce manga a deux protagonistes : Yoichi et son père. Les sentiments de l’un, les déceptions de l’autre… Les deux histoires se croisent avec simplicité et Yoichi découvre avec émotion un père qu’il a toujours méconnu, un homme qui a surmonté les épreuves de sa vie et s’est battu pour ses enfants, alors que Yoichi ne lui a jamais pardonné le départ de sa mère.

C’est donc l’histoire de cette famille que l’on suit avec tendresse, une famille comme toutes les autres, profondément ancrée dans la société japonaise. Car c’est ça aussi qui fait le charme de ce manga, ce côté traditionnel, renforcé par le style de dessin particulier de Jirô Taniguchi ainsi que des décors et paysages détaillés qui donnent un véritable cachet au Journal de mon père.
Jirô Taniguchi, lui-même originaire de Tottori, est désireux de montrer au lecteur l’importance des origines et des liens familiaux, chaque case étant ainsi teintée de cette nostalgie du temps qui passe, de la simplicité chaleureuse de la campagne. Ce manga est un véritable récit initiatique, mais bien différent de ce à quoi on pourrait s’attendre. A la fin, comme dans toute quête initiatique, Yoichi en ressortira grandi, il sera un homme meilleur. Mais ce ne sera pas de sa vie dont il aura appris, mais de celle de son père.
Un manga parfait, sans défauts selon moi, car même si parfois la narration se fait plus lente, cela correspond parfaitement bien au récit. A lire donc, sans aucune hésitation ; un bon moyen de découvrir un autre style de manga que ceux qui sont d’habitude prisées par le public, et qui peut tout aussi bien plaire aux enfants qu’aux parents.


Le journal de mon père de Jirô Taniguchi
Éditions Casterman
Première édition : 1999
280 pages
17 euros 95


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