Le tueur de la Green River


Si nous n’avons pas suivi avec zèle le festival d’Angoulême 2013, quelques titres ont tout de même retenu notre attention, cette année. Nous vous avons déjà parlé de notre coup de cœur pour Daytripper, œuvre de Fábio Moon et Gabriel Bá nous emmenant à São Paulo. Notre sélection BD de la semaine est un polar documentaire retraçant une enquête au long cours, débutant dans les années 80 et se terminant au début des années 2000. Le tueur de la Green River relate l’histoire vraie de Tom Jensen et de l’acharnement dont il a fait preuve pour retrouver un tueur en série sévissant dans l’état de Washington.

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Décembre 1983, poste de police de Seattle. Depuis l’été 1982, plusieurs corps de femmes ont été retrouvé près de la Green River, toutes étranglées. Bien que le compté rechigne à lancer une enquête approfondie, s’inquiétant du coût d’une telle entreprise – entre autres parce que toutes les victimes sont des prostituées -, l’affaire est déléguée à plusieurs jeunes policiers-détectives, dont Tom Jensen.

« On dirait que c’est difficile de les convaincre qu’une épidémie de meurtres de prostituées constitue une menace à la sécurité publique .

Le tueur de la Green River, page 27.

Les enquêteurs sont persuadés que l’affaire sera réglée en un rien de temps. Il leur faudra 20 ans pour arrêter Gary Leon Ridgeway, tueur en série tristement célèbre pour avoir perpétué une cinquantaine de meurtres – avérés, il en a avoué plus de 70. Au fil du temps, l’équipe d’enquêteurs sera réduite au seul Tom Jensen, qui, tout au long de sa carrière, n’aura de cesse de rechercher et de confondre le coupable. En 2003, lorsque Ridgeway sera arrêté, Tom passera plus de six mois à l’interroger, pour comprendre son mobile et tenter de retrouver les corps de ses victimes – dont la majorité ne sera jamais retrouvée–.

Amateurs de polars, Le tueur de la Green River est fait pour vous. Bien que l’on sache dès le départ le dénouement de l’affaire – puisqu’il s’agit d’une histoire vraie –, le scénario de cette bande-dessinée garde tout son intérêt. En effet, l’auteur du livre est le journaliste Jeff Jensen – fils du détective Tom Jensen –, ce qui permet au lecteur de vivre l’enquête de l’intérieur, au plus près des pensées de Tom Jensen, de ses doutes. On suit l’évolution de celui qui n’était qu’un jeune détective au début de la traque du tueur en séries, pour devenir un enquêteur aguerri et taciturne, influencé par la découverte des horreurs commises par Ridgeway. L’histoire est illustrée sobrement, grâce à un superbe noir et blanc, par Jonathan Case. Ici, pas d’effets graphiques superflus, Case insuffle une ambiance à la fois humaine et sombre au récit de Jensen.

Comme toujours, l’édition proposée par Ankama est remarquable, Le tueur de la Green River est un beau livre qu’on aura plaisir à avoir dans sa bibliothèque. A noter, la préface écrite par Stéphane Bourguoin, auteur de Serial Killers – enquête mondiale sur les tueurs en série, qui apporte un regard intéressant sur l’enquête, ainsi que sur Ridgeway. A lire après la BD cependant, si vous ne voulez pas trop vous spoiler l’enquête.

 
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Le tueur de la Green River : L’histoire vraie d’une enquête
Jeff Jensen & Jonathan Case
Éditions ankama, 238 pages
Mai 2012, 15,90 €

 
 
 
 

Précédemment, dans la série Festival International de la BD d'Angoulême