Lebanon

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Depuis le début du festival, on découvre avec enthousiasme des réalisateurs et des films qui accompagnent la percée spectaculaire de leur cinéma dans le monde entier. Israël n’est pas en reste avec cet audacieux et très attendu Lebanon.

Première guerre du Liban – Juin 1982. Un tank est envoyé seul en reconnaissance dans une ville ennemie qui a déjà été bombardée par l’aviation israélienne. Ce qui devait être une simple mission échappe peu à peu à tout contrôle et se transforme en un véritable piège, un cauchemar éveillé.

Film autobiographique

« Je venais d’avoir 19 ans en mai 1982. La vie était belle. J’étais amoureux. Ensuite on m’a demandé de partir sur une base militaire et d’être le tireur du premier tank à traverser la frontière libanaise. Cela devait être une mission d’une journée toute simple mais ce fut une journée en enfer. Je n’avais jamais tué quelqu’un avant cette terrible journée. Je suis devenu une vrai machine à tuer. Quelque chose là bas est mort en moi. Sortir ce tank de ma tête m’a pris plus de 20 ans. C’est mon histoire. » Samuel Maoz.

Lebanon est le second film autobiographique qui montre les soldats de l’IDF (Israeli Defence Force) en action durant la guerre civile au Liban (1975-1990), un an seulement après la sortie du film d’animation Valse avec Bachir. Nourri des douloureux souvenirs de son réalisateur, Samuel Maoz, 47 ans, Lebanon fait vivre intensément le début de la première guerre du Liban en 1982, à travers la meurtrière avancée d’un tank israélien. Traumatisé par des combats où, jeune soldat de vingt ans, ce natif de Tel-Aviv fut tireur dans un blindé, Maoz a mis 25 ans à en tirer ce film puissant, à rebours de tout héroïsme, qui montre la guerre avec une radicale nouveauté.

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« L’homme est d’acier, le tank n’est que de ferraille »

Entièrement tourné depuis l’intérieur d’un tank, Lebanon tire sa force, son audace et son originalité de ce procédé. Avec les quatre garçons de 20 ans, Shmuel le tireur, Assi le commandant, Herzl le chargeur et Yigal le conducteur, on suffoque, à cause des odeurs d’huiles, d’essence, de sueur, de sang, de mort…on souffre, des tensions entre les membres de l’équipe, de la chaleur de cet endroit minuscule, sale et rouillé…on tremble, de savoir qu’il va falloir appuyer sur la gâchette, qu’il va falloir se battre, que l’instinct de survie va devoir prendre le pas sur notre humanité…

Huis clos “viscéral”

Quatre personnes dans un espace confiné, dans un environnement violent, dans une situation inédite et quasi-désespérée, cela donne un huis clos à la saveur très particulière où s’entremêlent psychologie, conscience, subconscient et instinct.

Lebanon prend aux tripes. Lebanon ne vous laisse pas indifférent. Lebanon vous étouffe.


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Lebanon
Réalisé par Samuel Maoz – 2009 – 1h34 – Israël
avec Yoav Donat, Itay Tiran, Yousef Sweid
Lion d’or à Venise 2009
Sortie 03 février 2010


1 commentaire

  • Niimaï dit :

    Il devrait être un challenger sérieux pour le prix du public du festival. Le public est sorti de la séance un peu sonné mais réellement touché. A suivre, j’en fais mon favori pour le moment.

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