Les trompettes de la Renommée de Jackass 3D


Un jour, un autre poète à dit :

« Je vivais à l’écart de la place publique / Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique […] »

Avec un film tous les 4 ans, on peut dire que la joyeuse bande des Jackass prend son temps et profite de la vie entre deux happening. C’est pour mieux endormir notre vigilance et revenir toujours  plus forts, plus fous, plus pipi-caca et tout simplement plus cons!

On imagine aussi que quatre années c’est le temps qu’il faut à leurs corps pour se remettre de leurs blessures.  Je ne ferai pas ici un inventaire de leurs bêtises mais sachez qu’égaux à eux même, ils oscillent toujours périlleusement entre Slapstick, caméra cachée, nudité avancée et scatologie.

Ils reconnaissent eux même qu’ils ont pris un coup de vieux mais à la façon des Rolling Stone, ils reviennent très affutés mais pas beaucoup plus sages. Johnny Knoxville  reste le maître de cérémonie de ces pitreries très poussées et il donne aussi beaucoup de sa personne prenant certains des coups les plus spectaculaires du métrage. Tel un messie punk prônant un « no future » des plus réjouissant et rafraichissant, il  amène ce film qui balance entre violence et scatologie dans le registre de l’eschatologie White Trash.

« Dois-je, pour défrayer la chronique des scandales, / Battre le tambour avec mes parties génitales […] ? »
Et des parties génitales on en voit dans Jackass 3D! Chris Pontius joue même au baseball avec les siennes et le tout au ralenti. Ce qui nous amène à la partie technique du film, si l’utilisation de la 3D n’apporte pas grand chose, elle permet quand même d’avoir une très belle qualité d’image HD. Le véritable petit plus du film est l’utilisation de la caméra à haute vitesse qui permet des ralentis en total « Slow Motion » d’une qualité et d’une pertinence rare.

Ce « slow mo » de compétition aide aussi à l’effet comique de certaines scènes. Voir arriver un thon frais sur un visage et visualiser l’onde de choc qui se répand dans la joue, le nez et la bouche qui se déforment dans ce temps en suspension, est un moment formidable où une salle entière retient son souffle, le sourire aux lèvres.

En ce qui concerne les différentes saynettes, malgré les quelques années qui sont passées, on l’impression de voir des remakes de gags déjà vus dans leurs précédents opus à la télévision et au cinéma. Mais le tout avec de plus gros moyens et quels moyens!

Ce qu’ils ont perdu en inventivité, ils l’ont gagné en moyens pour faire du recyclage créatif. Réjouissant.

« Trompettes de la renommée, / Vous êtes bien [Mâles] embouchés ! »

Mais Jackass c’est avant tout une histoire d’amitiés. Des amitiés viriles de grands gamins qui ne se gardent pas rancœur après s’être fracassé le museau ou baigné dans des déjections. Il n’y a qu’à voir la quantité de « guest » présente dans le film, de Tony Hawk à Matt Hoffman en passant pas Spike Jonze ou Sean William Scott. Les potes habituels quoi!

Ce Jackass 3D est donc un grand moment de « n’importe quoi » hilarant et décousu, indispensable en ses jours de morosité dépressive.

 

Extraits des paroles de Trompettes de la Renommée de Georges Brassens (1962)


Jackass 3D de Jeff Tremaine 3 Novembre 2010 avec Johnny Knoxville, Bam Margera, Steve-O, Ryan Dunn, Chris Pontius, Dave England, Erhen McGhehey, Preston Lacy, Jason "Wee Man" Acuña et de nombreux invités.