Looper sur la ville


Chez Mandorine on aime le cinéma quel que soit son genre, surtout si c’est un genre cool. Aujourd’hui on va donc parler de science-fiction. Et plus particulièrement de Looper, le nouveau film de Rian Johnson, qui est sa première incursion dans la SF. Rian Johnson réalise ici son troisième film, les deux précédents étaient déjà excellents et celui ci ne déroge pas à la règle. En parlant de règles, ce réalisateur à réussi à établir une sorte de cahier des charges de l’excellence qui est propre à son cinéma.

On sait qu’on est dans un des trois films de Rian Johnson quand dedans :

  • il y a Joseph Gordon-Levitt,
  • la musique est faite par son cousin Nathan Johnson,
  • le scénario est écrit par Rian lui-même,
  • le montage est brillant,
  • il y a aussi l’acteur Noah Segan,
  • il y a une histoire originale qui sort des sentiers battus et pleine de belles références,
  • il y a une fin tragique mais formidable,
  • on passe un excellent moment.

Ces trois films sont des mélanges virtuoses de sources assez hétéroclites, mais surtout des hommages à des genres littéraires et cinématographiques bien différents.

Brick, son premier film, était un film sur l’adolescence, une histoire policière dans un lycée, mais qui dans le fond était un thriller captivant.

Une arnaque presque parfaite (The Brothers Bloom en VO) était un film de voleurs/arnaqueurs mais avec un très fort arrière goût de grande littérature russe et étasunienne, un mélange décalé, épique, fou, avec des touches de comédie, des ambiances dignes d’Agatha Christie et toujours un twist final formidable de justesse.
Looper, quant à lui, est un mélange de science-fiction et d’anticipation, mélange parfait entre du P.D. James des Fils de l’homme, les films d’Andrew Niccol (Bienvenue à Gattacca ou le récent Time Out) mais surtout de l’œuvre de Philip K. Dick. En même temps peut on faire un film d’anticipation sur des voyages dans le temps sans faire référence d’une façon ou d’une autre au maître du genre ?

L’histoire de Looper est celle de Joe. Il vit dans un futur proche dans lequel la mafia envoie depuis un futur un peu plus lointain, les personnes qui doivent disparaître. Joe est un looper, un tueur à gage spécialisé dans la réception de ces paquets à éliminer. Tout va bien jusqu’au jour où pour fermer la boucle, il doit tuer son lui du futur.

Le futur dépeint dans le film est tout à fait plausible et donc terriblement réaliste. Pas de poudre aux yeux avec des gadgets et décors lisses et aseptisés, ici le futur ressemble véritablement à demain. Juste de légères améliorations technologiques, quelques nouvelles drogues et une mutation génétique présente chez certaines personnes qui leur permet de faire léviter une pièce de monnaie. Le tout fait penser à Blade Runner, à Les Fils de l’homme ou Minority Report et Bruce Willis oblige on pense au magnifique La jetée du regretté Chris Marker qui avait inspiré l’excellent L’armée des 12 singes,  à la fois crasseux et anxiogène mais terriblement crédible. Voilà pour l’ambiance générale, mais le fond du film est encore plus ambitieux, puisqu’il mélange des intrigues complexes sur les paradoxes temporels sans que jamais on ne s’ennuie.

Dès qu’il est question de voyage dans le temps, ceux de ma génération pensent forcément à Retour vers le Futur ou aux différentes adaptations de Philip K. Dick (Total recall, Minority Report, Paycheck). Dans Looper, on retrouve toutes ces histoires de modification et de manipulation de la réalité, les problèmes de mémoires, l’effet papillon si l’on change quelque chose, les problèmes éthiques que représente la connaissance du futur et la question de le changer, etc. Looper aborde tous ces points et bien d’autres sans jamais être ennuyeux, trop bavard ou trop confus, respect donc.

En dehors de son talent de cinéaste, Rian Johnson sait aussi s’entourer d’acteurs à la hauteur de ses films. Pour Looper, on retrouve donc l’inévitable Joseph Gordon-Levitt qui campe un Bruce Willis jeune absolument bluffant. Le vieux Jo Gordon-Levitt est donc joué par un Bruce Willis torturé et très bon. Coté féminin on a Emily Blunt et Piper Perabo, toutes deux jouent des mères célibataires bien différentes mais c’est Emily Blunt qui tire son épingle du jeu. Le méchant de l’histoire est joué par un surprenant Jeff Daniels qui fait son retour en force et le pote du héros est joué par Paul Dano, toujours aussi bon.

Si vous aimez les bons films d’anticipation/science-fiction, je vous recommande chaudement Looper. Non seulement vous verrez un des meilleurs des dernières années, mais aussi un excellent film toutes catégories confondues.

 


Looper de Rian Johnson 31 Octobre 2012 avec Joseph Gordon-Levitt, Bruce Willis, Emily Blunt, Jeff Daniels, Paul Dano, Piper Perabo, ...

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