My Little Pony : henni soit qui mal y pense.


En acceptant ce travail, je me suis préparée aux critiques et m’attendais à ce que beaucoup de gens, sans même le regarder, n’y voient qu’un dessin-animé pour filles, débile, bon marché, pour bébés, ou encore comme une forme de publicité diabolique. J’encourage les sceptiques à regarder My Little Pony : Friendship is Magic avec l’esprit ouvert. Si j’ai correctement fait mon travail, vous devriez être surpris.

Lauren Faust, créatrice du dessin animé.

Il est dur d’être geek à 20 ans. Certes on a beau renier le concept même d’adulescence et rire au visage d’Envoyé Spécial, il y a des jours où il est difficile de se dire qu’on est en train d’entrer dans la vie active et que donc on devient adulte et responsable. Parce qu’en même temps, on se met à apprécier des dessins animés comme My little pony.

L’avantage aujourd’hui avec Internet, c’est qu’on peut se sentir moins seul. Diffusée depuis octobre 2010, la série My Little Pony : Friendship is Magic, basée sur les jouets é-pony-mes (désolé), a causé un raz de marée sur le net chez les adolescents mâles. 4chan, un des forums les plus importants du net, s’est vu bombardé d’images de poneys, si bien qu’une guerre entre trolls et « bronies » (contraction de « Bro » et « Ponies » désignant les fans de la série) est née. Des sites spécialisées sont apparus, des blogs, des wikis. C’est la folie du poney.

Alors moi, forcément, j’ai eu la réaction que vous devez avoir en ce moment, j’ai levé un sourcil. Et si comme moi vous avez un monocle et un haut de forme et tenez un verre de kir, vous devez vous demandez si toute cette histoire comporte ne serait-ce qu’une once de bon sens.  En effet, on est tout en droit de se demander s’il ne s’agit pas d’un de ces canulars comme Internet sait si bien faire et que donc, on ne serait pas en train de gentiment se payer de notre figure. J’ai par conséquent secoué la tête l’air de dire : « Ah ! On me la fait pas à moi ». Mais je n’ai commencé à m’inquiéter que lorsque j’ai vu que de nombreux membres de mon entourage étaient atteints par cette épidémie. Je devais en avoir le cœur net. Ainsi, je me suis mis à regarder le premier épisode.

On suit l’histoire de Twilight Sparkle, élève émérite de la Princesse Celestia du royaume d’Equestria. Cette dernière va donner à Twilight une quête de la plus grande importance : trouver des amis. Oui parce que Twilight, à part son dragon de compagnie Spike, n’a guère d’amis que ses livres. Bref, cette geekette est donc contrainte de déménager à Ponyville. Et brisons le suspens, elle va découvrir la magie de l’amitiéééééé ! (Pourquoi je me mets à chanter moi ?) En effet, chaque épisode se concentre sur les relations entre cette bandes de copines, donc Twilight, mais aussi Applejack la fermière téméraire, Fluttershy la timide, Rarity la snob, Rainbow Dash la sportive et Pinkie Pie la… Euh… Pinkie Pie. En résumé, on suit ces copines confrontées à des problèmes divers et variés, se disputer pour diverses raisons, pour finalement se réconcilier dans la joie et la bonne humeur parce bon, faut pas déconner quoi, l’amitié c’est magique.

Lauren Faust

Alors certes il faut préciser que la série a été crée par Lauren Faust, la co-créatrice des Supers Nanas, dessin animé qui rappellera des souvenirs émus aux gens de mon âge, mais qui fera encore plus lever les sourcils aux autres. En tant que fan de My Little Pony, elle a accepté de créer le quatrième dessin animé de la licence de Hasbro. Mais qu’importe, a-t elle vraiment réussie à élever cette licence à… quelque chose ?

Autant le dire tout de suite, à la vision du premier épisode, mon sourcil s’est levé tellement haut qu’il s’est perdu dans mon haut de forme. C’est… coloré. C’est gamin. Mon monocle est tombé, je l’ai remis tranquillement. Puis j’ai avalé mon verre de kir d’un trait, et continué à regarder. Et puis mon sourcil est progressivement descendu, à partir du moment où j’ai commencé à pouffer, puis à éclater de rire devant les gags. D’abord je me suis dis : « Mais NON ! C’est insensé ! Je ne peux pas rire devant ÇA ! », et je me suis demandé si c’est bien du kir que j’ai bu. Et puis au final, je me suis rendu compte que j’aimais vraiment ce dessin animé, et je suis devenu accro.

La magie de l'amitié, c'est du sérieux.

Je vois que votre sourcil est toujours levé. Pourtant oui, au delà de l’univers efféminé et de la morale à chaque épisode, MLP : FiM s’en tire honorablement. Lauren Faust, malgré ce cahier des charges, a réussi a rendre les poneys attachants, grâce à des voix jamais insupportables, une animation réussie et des bouilles craquantes. Au bout d’un moment, vous vous demanderez quel est votre poney favori entre Pinkie Pie et Fluttershy, et si Rainbow Dash n’est pas lesbienne. Et pour faire passer la pilule surtout, l’humour omniprésent, très second degré, rappelant les Super Nanas, mais aussi des bon vieux Tex Avery, bref tout ce qui caractérise les dessins animé qu’on aime. C’est simple, ce dessin animé a conscience de ce qu’il est, et n’hésite pas à se moquer de lui-même. Mention spéciale aux chansons, qui arrivent à être réussies, bien faites et agréables. Et quand elles ne le sont pas, c’est par second degré. Bien que certains épisodes rappellent quand même que c’est un dessin animé pour gamines, ça n’est jamais insupportablement mièvre. Les scénarios sont assez bien tournés et comportent assez de gags pour être appréciés dignement, avec monocle, haut de forme, et tout l’arsenal.

Derpy est un personnage quasi inventé par les fans, et pourtant il apparaîtra dans la série.

A noter aussi que les créateurs sont tout à fait conscients que l’émission est regardée par des plus de 20 ans, et ainsi n’hésitent pas à mettre une flopée de références geeks de 2001 : L’odyssée de l’espace à The Big Lebowsky en passant par Trainspotting (si), ou encore cette scène de la saison 2, reprise plan pour plan de la fin du premier Star Wars. L’influence des bronies va jusqu’à rajouter un personnage original dans la série, alors que c’était à la base juste un poney qui apparaissait dans les scènes de foule.

Au final, pas franchement de quoi avoir honte. My Little Pony : Friendship is magic est la preuve vivante qu’on peut donner un coup de plumeau aux licences les plus désuètes. A voir tout simplement comme un des meilleurs dessins animés télévisés destinés à la jeunesse de ces dernières années. Ne crachez pas dans la soupe, essayez, et vous verrez que c’est drôle et bien fait. Certes, les gens pourront rire de vous, mais les seuls qui diront du mal de ce dessin animé sont ceux qui ne l’ont pas vu.

La première saison a été diffusée en France sur Tiji (Oui, là ça va être dur d’assumer) sous le nom My Little Pony  : Les amies c’est magique. Le doublage VF est correct dans l’ensemble, bien que très clairement en deçà de la VO. La saison 2 (Qui est 20% plus cool) est en cours de diffusion aux États-Unis et serait diffusé  bientôt sur Gulli.

Un poney rose jouant du trombone

Pinkie Pie, pour conclure, aimerait ajouter que « PON PON POOON POOON »


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