Combattant ne me laisse jamais partir. Part 1


Épisode no de la série Combattant ne me laisse jamais partir

Sur une simple intuition (éclairée tout de même par de bons échos) j’ai décidé d’aller voir le même soir Fighter et Never let me go. Il arrive de temps en temps que le cinéma arrive à un état de grâce qui frôle la magie. Et pour des raisons différentes ces deux films y parviennent.

Devil in a Boxe


Fighter
tout d’abord, c’est un film comme seul le milieu de la Boxe peut nous en offrir. Le noble art a prouvé depuis longtemps qu’il était des plus cinégénique. On ne compte plus les chefs-d ‘oeuvres du ciné qui traitent de ce sujet, de Rocky à Raging Bull en passant par Ali ou Million dollar baby pour ne citer que les plus connus.

La boxe plus que tout autre sport est un sacerdoce, un mélange d’abnégation, d’abandon de soi, de courage, d’obstination, de discipline et de souffrance. Une lutte contre soi même, contre ses propres limites, contre son propre corps avant même de pouvoir affronter un adversaire. Les boxeurs viennent le plus souvent de milieux ouvriers, pauvres ou simplement de la rue, la boxe devient alors pour eux un exutoire, une échappatoire aux difficultés de la vie quotidiennes pleine d’espoirs et de promesses.

Fighter contient tout ça et plus encore.

L’histoire, inspirée de faits réels, est la suivante : Micky Ward est un jeune boxeur dont la carrière stagne. Il va rencontrer Charlene, une femme au caractère bien trempé, qui va l’aider à s’affranchir de l’influence négative de sa mère, qui gère maladroitement sa carrière, et de ses sœurs envahissantes.
Son demi-frère Dicky Eklund, lui, a connu la gloire sur le ring, il y a bien longtemps. C’était avant qu’il ne sombre dans la drogue, avant son séjour en prison.
Entre le sportif en quête d’un second souffle et l’ex-toxico, il y a longtemps que le courant ne passe plus. Trop de non-dits, d’échecs et de souffrances. Pourtant, parfois, les hommes changent, et Micky et Dicky vont peut-être avoir ensemble, la chance de réussir ce qu’ils ont raté chacun de leur côté…

Famille je vous haisme

Entre misère sociale, mentalités étriquées, injustice et drogue, le moins qu’on puisse dire c’est que la vie n’est pas rose. Quand une trop grande confiance en sa famille provoque à la fois des bleus à l’âme et au corps c’est que quelque chose ne vas pas. Fighter dépeint un portrait doux amer de la famille, on se remémore la famille odieuse dans Million dollar Baby, la communauté qui se serre les coudes de Mystic River ou Gone Baby Gone. Mais on rencontre aussi dans le film la jalousie, l’incompréhension et la bêtise de certaine personnes qui viennent détruire le moral, la confiance en soi mais aussi le corps parfois.

Micky Ward va, malgré tout, rencontrer l’Amour, reprendre confiance en lui et devenir le gagnant que son potentiel endormi attendait. Si dans un premier temps il le fait malgré sa famille, très vite il le fait avec elle et finalement pour elle.  La relation qu’il entretient avec son frère Dick Eklund n’est que pur amour mêlé d’admiration et de déceptions. Tout  oppose ses deux frères, de la morphologie au  style de boxe mais c’est ensemble qu’ils vont de l’avant.

Tout cela n’est possible que grâce à la qualité de l’interprétation des acteurs et aux choix de réalisation. Mark Wahlberg incarne magnifiquement la force tranquille, la fadeur et le manque de charisme de Micky Ward, cet outsider, éternel challenger qui frôle le génie pugilistique.

Christian Bale, qui a eu l’oscar pour ce rôle rappelons le, est littéralement Dick Eklund, il est à la fois charmeur, horripilant, brillant et pathétique.  On a parlé encore de sa perte de poids mais ce n’est que pour mieux démontrer le supplément d’âme qu’il apporte à ces personnages qu’il devient.

Melissa Leo, qui a elle aussi eu l’oscar, joue la matriarche de cette fratrie un peu foutraque. Elle est énervante, permanentée, vulgaire, tyrannique  et violente. Cette mère tient tout ce petit monde avec une poigne d’acier, elle vampirise  ses proches mais il faut y voir un trop plein d’amour mal géré.

Amy Adams est formidable également, bien que son rôle la mette un peu en arrière plan, tout comme le reste d’un casting peuplé de magnifiques trognes qui pour certaines sont de vrais protagonistes de l’histoire qui nous est contée. C’est Affreux, Sales et Méchants chez les Irlandais.

On pourrait reprocher au film d’être un peu trop balisé, utilisant des poncifs du genre, du loser magnifique, les épreuves qui rendent plus fort etc… Certains ont parlé de « film à oscars » mais ils semblent oublier que les Weinstein (producteurs et distributeurs du film) ont déjà fait beaucoup plus putassier et racoleur que ça…

Un grand film donc.

En ce qui concerne Never let me go c’est une tout autre histoire mais une même alchimie qui fait ressortir le film du lot.

Mes chers amis lecteurs, je vais être un peu cruel et vous annoncer qu’il va vous falloir attendre jusqu’à Mercredi pour lire la suite de cette double chronique.

Mais sachez qu’il va être question d’émotion, de science fiction et de belles images. Patience et à  mercredi donc !

Précédemment, dans la série Combattant ne me laisse jamais partir

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Combattant ne me laisse jamais partir. Part 1

Combattant ne me laisse jamais partir. Part 2


Fighter de David O.Russell sortie le 9 Mars 2011 avec  Mark Wahlberg, Christian Bale, Melissa Leo, Amy Adams.