Papers please, vis ma vie de douanier


Dans le jeu Papers, please, vous incarnez un douanier. Je vous vois déjà venir : « Il commence à nous énerver là. Il nous a déjà fait le coup du simulateur de routier, voilà maintenant qu’il nous pond un simulateur de douanier ! ». Soyez tout de suite rassurés. Si le pitch de Papers, please peut sembler très ennuyeux, le jeu ne l’est pas du tout, il s’agit même une excellente surprise.

 

Glory to Arstotzka !

Nous sommes en 1982, dans le pays fictif d’Arstotzka, une dictature. Après des années de guerre avec le pays voisin de Kolechia, les frontières sont rouvertes, notamment le poste de Grestin qui se situe à la frontière des deux deux pays. Vous gagnez à la loterie du travail le job de douanier au poste de Grestin, où votre mission sera de contrôler les papiers des arrivants et de leur accorder ou non l’entrée sur le territoire arstotzkien. Les premiers jours sont très simples, puisque seul un passeport est nécessaire pour passer et qu’il vous suffira de vérifier les informations du passeport comme le pays, sa ville d’émission, le sexe ou la date d’expiration pour décider de laisser passer ou non les candidats à l’entrée. Cependant, chaque nouveau jour de travail (31 dans une partie) apporte son lot de nouveautés, dues à un événement spécial (attaque terroriste, relations tendues entre pays, vols de papiers officiels…). De nombreux nouveaux documents sont alors demandés pour chaque cas et il n’est pas rare, à un moment de la partie, de devoir vérifier quatre ou cinq documents différents simultanément. De plus, la rapidité joue un rôle puisque votre salaire est calculé à la fin de la journée selon le nombre de personnes qui vous aurez contrôlées. Être rapide et exact sera la clé de votre réussite.

Bienvenue en Arstotzka, cammarade

Bienvenue en Arstotzka, kamarade

 

Cause no troubles

Chaque jour, vous avez le droit à deux erreurs « gratuites », qui ne vous donneront qu’un simple avertissement. Au-delà, c’est 5 dollars de pénalité, retenus sur votre salaire. Vous avez donc deux droits à l’erreur, à moins que vous ne commettiez des erreurs volontaires. Par exemple, un homme se présente à votre poste et possède tous ses papiers en règle. Cependant, il vous informe que sa femme, qui le suit, n’a pas tous les documents. Deux choix s’offrent à vous : soit vous appliquez strictement le règlement et vous séparez le couple, soit vous faites preuve de compréhension et lui octroyez le passage… en vous faisant décompter une erreur. Ou encore, cette prostituée qui vous informe que son proxénète la suit et qu’il risque de l’enfermer et de la frapper s’il passe, bien que tous ses papiers soient en règle. Des dilemmes de ce type, il y en a presque chaque jour et c’est à vous de voir comment vous souhaitez jouer votre personnage. D’autant plus que la prudence est de mise, les inspecteurs du pouvoir ne sont pas bien loin. En tout cas, avec 20 fins différentes pour le jeu, vous avez tout le loisir d’essayer différents choix.

 

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Néanmoins, il va vous falloir trouver le bon équilibre entre « gentillesse » et salaire. Car vous avez une famille, composée de votre femme, votre fils, votre belle-mère et votre oncle. Chaque jour, avec votre salaire, vous devez payer le loyer de votre appartement, mais aussi le chauffage et la nourriture. Et si vous traînez trop ou que vous avez trop de pénalités, vous n’allez pas pouvoir tout payer et votre famille risque de tomber malade, voire de mourir. Il faudrait peut-être accepter des pots de vin. Comme par exemple ceux de ce garde qui touche une prime si vous enfermez des immigrants qui ne sont pas en règle et qui, en échange, vous verse un petit bakchich pour vous inciter à envoyer le plus de personnes en prison. Mais encore une fois, faites attention car, si vous touchez trop de pots de vin, vos voisins ne tarderont pas à vous dénoncer. Ce qui sera très problématique pour vous.

Une interface un peu dure à prendre en main

Une interface un peu dure à prendre en main

 

The Order rises

Du côté des points faibles du jeu, on notera principalement l’ergonomie très limitée. En effet, lorsque vous aurez cinq documents à vérifier en même temps, ce sera assez compliqué. De plus, les graphismes peuvent rebuter ceux qui sont habitués aux jeux actuels. Néanmoins, Papers please est un excellent jeu, riche, bien plus profond qu’on ne le croirait au premier abord. Son petit prix, son humour, son côté chronophage en font un titre à essayer. A vous de voir quel genre de douanier vous êtes.

 


Papers, please de Lucas Pope 8,99€ 8 août 2013 Disponible pour Windows, MacOS et Linux

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