Par bonheur, le lait


Régulièrement en ces pages, nous affichons toute notre sympathie pour Boulet, illustre illustrateur qu’on ne présente plus, et pour Neil Gaiman – illustre auteur-scénariste qu’on ne présente plus non plus. Autant dire que lorsque nous avons appris que les deux comparses avaient travaillé ensemble sur un roman illustré, intitulé Par bonheur, le lait, nous étions tout aussi curieux qu’impatients.

Il faut dire que ces deux-là partagent le don non-négligeable de plonger leurs lecteurs dans des histoires merveilleuses à partir de faits du quotidien somme toute très banals. Il n’y a qu’a se plonger dans Le Jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges ou dans Coraline de Neil Gaiman pour s’en convaincre. Quant à Boulet, un petit détour par son blog ou par ses Notes produira le même effet.

Couverture de Coraline de Neil Gaiman

Et puisqu’on parle du Jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges, Neil Gaiman explique en préambule de Par bonheur, le lait qu’il se sentait coupable de n’avoir pas donné une représentation très positive des pères dans cette précédente histoire. Il a donc décidé de faire du père de sa nouvelle histoire un personnage plus intéressant. Actif. Se déplaçant pour acheter du lait pour ses enfants. Et vivant même tout un tas d’aventures passionnantes au passage.

Par bonheur, le lait commence par une scène banale. Deux enfants se lèvent, sortent les céréales du petit-déjeuner, et découvrent qu’il n’y a plus de lait dans le frigo. Leur père entre dans la pièce, et découvre qu’il n’y a plus de lait pour le petit-déjeuner de ses enfants. Ni pour son thé matinal. Qu’à cela ne tienne, il sort en acheter. Mais il met plus de temps que prévu. En revenant, il raconte ses tribulations rocambolesques à ses enfants.

Couverture de Par bonheur, le lait - Neil Gaiman & Boulet

Les wumpires de Par bonheur, le lait © Gilles Roussel, Au Diable Vauvert

Rapidement, l’histoire bascule dans le délire merveilleux si cher à son auteur & son illustrateur. Nourris de l’obsession des deux artistes pour les dinosaures et le continuum espace temps, l’histoire & ses personnages passent d’un univers à un autre, enchainant les situations et accumulant les rencontres sans jamais perdre le rythme.

Sous la plume d’un autre, cette foultitude de personnages pourrait rendre l’histoire foutraque et difficile à suivre, mais Gaiman retombe toujours sur ses pattes. Les illustrations de Boulet font le reste : ses petits traits, sa maitrise des univers fantastiques et son style reconnaissable entre tous font mouche, comme toujours.

Captivant, loufoque et foisonnant de détails, Par bonheur, le lait nous emmène à la rencontre de pirates, de vampires un poil singuliers, de diplodocus et tyrannosaures, d’un volcan en éruption et même d’extraterrestres.

Couverture de Par bonheur, le lait - Neil Gaiman & Boulet

Les pirates de de Par bonheur, le lait © Gilles Roussel, Au Diable Vauvert

Je ne vous en dirai pas plus, pour ne pas gâcher votre plaisir à la lecture de Par bonheur, le lait. Sachez simplement qu’on y apprend où sont partis les dinosaures, que les piranhas sont des poissons d’eau douces, que le mauvais goût, question déco, est puni par la Police Galactique. Et qu’une bouteille de lait peut sauver le monde.


Par bonheur, le lait de Neil Gaiman, illustré par Boulet éditions Au diable vauvert 126 pages, 15 € Sorti le 5 novembre 2015 Traduit de l'anglais par Patrick Marcel
Acheter le livre

[et_bloom_inline optin_id="optin_2"]