Paris et Londres, une physionomie


Lorsque l’on souhaite découvrir une ville, on décide généralement de se plonger dans un guide touristique ou de mieux connaître son histoire ou ses monuments grâce à quelques recherches sur Internet avant de la visiter. Cependant, la maison d’édition lyonnaise les Moutons Électriques a essayé une nouvelle approche et tente un pari qui peut sembler fou : faire le portrait d’une ville comme l’on fait celui d’une personne. Le pari est-il réussi ? Réponse avec les deux premiers volumes de la collection, Londres et Paris.

Paris

Avant de commencer à parler des ouvrages proprement dits, il est intéressant de rappeler l’objectif de la collection où prennent place les deux volumes, la Bibliothèque Rouge. Son but est de proposer une étude complète sur certains personnages de fiction, en partant du postulat que ces héros ont réellement existé. Leur vie est alors racontée à la manière d’une biographie, en s’appuyant principalement sur les textes où est mis en scène le personnage. Le résultat est très saisissant, notamment sur le volume consacré à Sherlock Holmes où la vie du célèbre détective consultant est reconstituée au travers des indices que laisse Conan Doyle dans ses textes. Pour Paris, une physionomie et Londres, une physionomie, le principe de la collection reste le même : connaître un peu mieux la ville grâce à des textes trop peu connus ou des articles sur des héros et des personnalités y ayant vécu.

Pour le volume consacré à la capitale française, on croisera Vidocq, le célèbre bagnard devenu occupant du 36, quai des Orfèvres ; avec lui on évoquera le Paris du crime, composé de toute la pègre parisienne qui était nombreuse avant les travaux haussmanniens. Un article consacré à Gérard de Nerval expliquera les liens étroits entre la vile et son œuvre. On visitera également un étonnant Musée d’anatomie, crée en 1856 par un certain docteur Spitzner et on assistera à la terrible exécution d’un condamné à mort. Du côté des célébrités, le lecteur va rencontrer Arsène Lupin, Fantômas, Nestor Burma ou les surréalistes. Les auteurs ont trouvé des pépites, comme ce Paris futur de Victor Fournel, imaginant le Paris de 1965 en 1865, ou un portrait des bas-fonds de Paris en 1897 par Aristide Bruant.

Sur les rives de la Tamise, c’est Théophile Gauthier qui va vous accueillir en vous racontant Londres en 1842. Vous découvrirez également le Londres victorien à travers deux fameux messieurs, Sherlock Holmes et Charles Dickens. Les différences de classes sont également mises en lumière, avec une description des quartiers du canal du Régent et du si célèbre East End, lieu mal famé s’il en est. D’autres aspects de la capitale anglaise sont également au programme : la pratique du club, les aventures londoniennes de monsieur Hercule Poirot ou la vie quotidienne à Londres des années 20 ou des sixities.

Londres

Bien loin des images d’Épinal inhérentes aux deux capitales, Paris et Londres, une physionomie réussissent à nous dépeindre l’histoire de deux villes depuis le XIXe siècle. Le travail effectué par les auteurs, entre recherche de textes et écriture d’articles est de très belle qualité. Ce sont donc deux livres recommandés chaudement et une audace éditoriale réussie pour les Moutons Électriques.

 
Paris, une physionomie (sous la direction d’Alexandre Mare) et Londres, une physionomie (sous la direction d’André-François Ruaud)
Les Moutons Électriques, 440 et 382 pages
2013, 24 € le volume

 
 
 
 


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