Journaliste le jour, chanteur la nuit

Je ne saurais pas vous dire pourquoi, mais il existe une espèce de fascination pour la chanson de la part de la corporation des journalistes. Par exemple, l’ancien présentateur du journal d’Antenne 2 et actuel maire de Bègles, Noël Mamère, nous a livré sa chanson Les enfants de par-là, dont l’un des seuls enregistrements vidéo nous présente le journaliste-interprète dans un sublime peignoir. Dans un registre plus festif, Thierry Roland a intégré le groupe Carton Rouge et offert ce sublime hymne, La Troisième Mi-Temps. Quant à Christophe Hondelatte, son Docteur House (qui n’est pas Mickey Mouse) a marqué l’histoire de l’Internet français. En cette période de Roland-Garros, il est temps de parler du cas de Laurent Luyat.

Laurent, c’est un peu la nouvelle génération du service des sports de France Télévisions. Comparé à la moyenne d’âge des autres présentateurs (je pense à Lionel Chamoulaud, Gérard Holtz ou Nelson Monfort), il apparaît comme un petit jeune au demeurant plutôt sympathique et assez professionnel. C’est également le maître de cérémonie des Internationaux de France de Tennis depuis 2009, on l’a également vu animant les Jeux Olympiques, Village Départ pendant le Tour de France… Bref, il est désormais incontournable sur France 2 et France 3. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il s’est lui aussi essayé à la chanson en 2010 avec un titre qui veut tout dire, bien qu’assez étonnant pour un journaliste sportif, No Sport, No Stress.

 
Malgré toute la sympathie que j’ai pour Laurent Luyat, il faut avouer que c’est plutôt un ratage. Au-delà du clip assez mal fait, avec des acteurs pas forcément parfaits et la présence charismatique de Thierry Roland, l’interprétation est surprenante, à la limite du slam et d’une déclamation. Quant aux paroles, même si l’on ne demande pas un texte digne de l’Académie Française, c’est quand même très mauvais, une énorme accumulation de clichés. Voilà donc une belle casserole pour l’animateur.

Que Laurent Luyat se rassure, même si son titre n’est pas bon, il reste bien plus écoutable que cette sublime envolée lyrique de Bernard Tapie sur des paroles de Didier Barbelivien, nommée Réussir sa vie. On appréciera l’ironie.

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