La HD, le porno émois 2


Épisode no1 de la série Porno & Cinéma

Résumé de l’épisode précédent : La HD est arrivée, le JT et le docu l’ont adoptée tout comme le porno l’a fait. Mais on a vu que deux opinions émergent au sujet de l’abondance de détails que cette technologie implique. Un premier groupe dit souffrir de ce microscope braqué sur leur intimité et l’autre accueille favorablement sans complexes cette qualité d’image cristalline.
La question qui nous brûle les lèvres à la cire chaude est : qu’est ce que cette Haute Définition exige de ses actrices et acteurs ?

Kens et Barbies

 

Bien entendu, l’univers étant assez tourné vers les plaisirs de l’homme, pour les stars de la gente féminine, déjà sous le joug de la tyrannie du bien paraître, il n’y a plus de laisser-aller possible. Mais pour les hommes ça sous-entend aussi une série d’efforts qu’ils n’avaient pas forcément à fournir par le passé, la taille de l’engin et la capacité à le lever sur commande valant jadis pour sésame d’entrée, laissant sur le bas-côté brioches, catogans et poils à rendre jaloux Austin Powers. Une vague de minets métrosexuels, du fan de tunning avec tatoo tribal au quarterback, fâchés avec le gras, les poils et leur quelques lignes de texte, a envahi le panorama. La confusion des genres est d’ailleurs allée plus loin, signe des temps, par la révélation par grand nombre d’acteurs de leur homo ou bisexualité. Sans tomber dans la caricature de Tonton Marcel disant que ça explique le regain d’amour pour l’hygiène et des soins esthétiques masculins, on peut penser qu’ils sont avantagés, ou du moins plus à l’aise, dans les scènes de groupes où la promiscuité entre organes est souvent très poussée. Capitaine Orgazmo nous avait démontré que les mormons feraient d’excellentes stars du porno, la HD les y oblige et confirme l’idée.

« Les kilomètres de b**** qu’elle a avalé j’aimerai pas me les taper à pied »

Mais recentrons le sujet. A part des soucis d’esthétisme dans les soins intimes, qu’est ce que cette HD pourrait apporter à l’industrie du boulard ? Va-t-on voir débarquer une génération encore plus décomplexée d’acteurs et actrices X?

Entre Mai 68, Woodstock et le mouvement hippie, les mœurs dans les années 70 se sont bien décomplexées. Non seulement on a vu arriver les premières stars mondialement connues du porno, de Linda Lovelace vedette de Gorge Profonde (Deep Throat en VO pour les puristes et l’indic du Watergate) à Brigitte Lahaie en passant par John Holmes ou Ron Jeremy, mais le milieu a connu une orgie d’amateurs qui ont fait leurs débuts. Cette popularité, à peu de chose près, n’a fait qu’augmenter, au point que de nos jours, ce ne sont pas des dizaines mais des centaines de filles et de garçons qui s’essayent aux films avec scènes d’amour non simulées. Si dans les 70’s, un peu de volonté, d’alcool ou de drogue suffisaient pour se lancer dans une carrière semée de semence et d’autres fluides corporels, aujourd’hui s’il y a beaucoup plus d’appelés, les élu(e)s ont tendance à diminuer. De nombreux acteurs et actrices de l’époque n’auraient même pas un rôle de figuration de nos jours.

L’esthétisme n’a jamais été une priorité dans le monde des films cochons mais les femmes-objets à la limite de la poupée qui étaient une norme vont-elles laisser place à des filles plus naturelles, moins artificielles de fait ?

Cela fait quelques années que les poitrines, les lèvres « siliconées » ou du moins augmentées artificiellement et la chirurgie esthétique en général sont devenus quelque chose de normal dans le milieu du porno et même en dehors. Certaines actrices refont même une deuxième carrière après un ou plusieurs passages sur le billard. Un début « au naturel » et une fin de carrière « gonflée » avec un tatouage Zodiac® sur la hanche et des quantités industrielles de maquillages pour ne pas ressembler à la créature de Frankenstein avec toutes ces cicatrices.

 

Le Porno c’est beau comme un coucher de soleil sur la plage avec le sable qui te rentre dans la raie.

Tata Suze est une star du Porno

Pour être tout à fait honnête rappelons qu’il existe une toute petite production qui depuis des années fait dans le pur esthétisme pornographique. La photographe et réalisatrice Suze Randall et le réalisateur Andrew Blake font en effet des films extrêmement léchés, à l’image de ce que font les filles qui les peuplent.

Sans se lancer dans un débat philosophique sur la subjectivité de la perfection et de la beauté, les acteurs de porno avaient tendance à devenir des Ken stéroïdés et les actrices des poupées lisses et artificielles, que ce soit chirurgicalement ou cosmétiquement.

Est-ce qu’un retour de l’imperfection, un retour à des filles moins parfaites, moins lisses et plus normales va rapprocher les films pour adultes d’une réalité de nos chambres à coucher, plus amateur, avec plus de boutons, de gras et de sueur ?

Est ce que ces films quasi-gynécologiques vont devenir aussi dermatologiques ?
Par ailleurs il faut bien voir que les acteurs et actrices ont beau se (faire) casser le bol, au fil des années on a constaté que les films porno les plus vendus sont des sex-tapes, celle de Pamela Anderson et surtout celle de Paris Hilton !
Est ce que maintenant les jeunes filles avec des problèmes parentaux et les gars issus des voies de garage vont y réfléchir à deux fois avant de franchir le pas en se disant que c’est devenu moins glamour ?
La catégorie amateur et l’essor du Gonzo nous offrait déjà cette esthétique « comme à la maison » mais si les grosses productions se mettent à ressembler à ça à cause de la HD et de tout ses détails, où va-t-on ?

La femme-objet que la mode a instaurée descend de son piédestal avec la HD. Il restera toujours la retouche et la magie de la post-production, Mariah Carey a basé sa carrière dessus, mais il n’en demeure pas moins que la Haute Définition redéfinit beaucoup de choses.

Dans un futur proche est ce que le porno va pleinement adopter la technologie 3D pour rendre l’expérience encore plus réelle et approfondir le voyage intérieur? Le succès chinois inattendu (et libertaire en ces terres de dictature) de Sex & Zen 3D: Extreme extasy, qui a pulvérisé les scores d’Avatar, signe-t-il l’ère du recyclage de cette 3D qui s’essouffle en conventionnel? Finies les châtaignes en relief, bienvenue aux glands?

Rendez vous la semaine prochaine pour la suite de notre dossier de l’été qui va envisager le rapport entre porno et féminisme.

Tou Bi Cuntinued…

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