Remember 11 : SF, énigmes et rebondissements.


Tu as trouvé que les films Cube sont complétement bidons ? La fin de Sixième sens t’as fait exploser de rire plus qu’autre chose ? Tu as trouvé que l’intrigue de la série Lost n’allait nulle part ? Tu t’es endormi devant Inception ? Tu as deviné la fin de Fight Club dès les premières minutes ? Si tu réponds oui à tout cela, ben mon vieux je te plains. Bref, tu n’as jamais vu une intrigue qui t’ait rabattu le caquet, qui t’ait fait dire « Oh putain mais TOUT se tient ! » et dont tu n’as pas vu les rebondissements venir ?

Moi je dis ça, je dis rien, mais tu devrais essayer Remember 11. Quoi qu’est-ce ? Non ce n’est pas un mémorial du 11 septembre, mais un jeu vidéo sorti tout droit du Japon. Enfin un jeu vidéo particulier, vu qu’il s’agit d’une « Visual Novel », soit un roman interactif. Ainsi, tu liras du texte tout en profitant de graphismes du style habituels des illustrés japonais et de musiques de qualité, le tout saupoudré de quelques cinématiques, et avec chaque dialogue bien doublé. (En Japonais cela va de soi.) Et oui, Remember 11 est une œuvre inédite en Europe, et il existe une traduction de fans (de qualité) en Anglais. Oui j’aime sortir des trucs obscurs des coins reculés de l’Internet.

Remember 11 est donc une Visual Novel de science-fiction. En l’an 2011, Kokoro Fuyukawa, jeune experte en criminologie part rencontrer une serial killer (Vous avez dit Le silence des agneaux ?) juvénile : Inubushi Keiko. Alors que Kokoro est en route dans un avion, elle rencontre Yuni, un jeune garçon surdoué et plein de malice. L’avion se crashe alors (Vous avez dit Lost ?) dans les montagnes enneigées. Kokoro, Yuni ainsi que deux autres survivants vont alors devoir survivre dans un chalet abandonné dans les montagnes enneigées.

Et à partir de là ? DES REBONDISSEMENTS, PLEINS DE REBONDISSEMENTS ! Il faut savoir que Remember 11 est le troisième épisode d’une série comportant déjà Never 7 et Ever 17. Les jeux ne se suivent pas vraiment et peuvent se jouer indépendamment. J’avais déjà joué à Ever 17, j’aurais pu tout aussi en parler dans un article car à l’époque la fin de Ever 17 m’a fait tomber la mâchoire par terre. Jamais je n’avais vu d’intrigue aussi tordue et pourtant aussi bien ficelée. Jamais, même dans toutes les œuvres citées dans le premier paragraphe.

Jusqu’au jour où j’ai joué à Remember 11.

Et là je te le dis dans le mille, Ever 17 met en place pendant de longues heures un univers pour aboutir au final à des rebondissements aussi énormes… Que ceux que Remember 11 lâche dès les 5 premières minutes. Et là tu te dis : «  Mais c’est pas possible ? Il se passe quoi après ? » Ben encore d’autres rebondissements. Puis on te laisse un moment réfléchir à tout ce bordel et tu te rends compte que plus tu y réfléchis, moins ça paraît logique. Et là tu te dis : « C’est débile ! Ça va nulle part ! » Sauf que non. Rien n’est laissé au hasard. Je vous défie de me citer quelque chose qui est laissé au hasard dans le jeu. Et en plus les protagonistes posent les questions qu’il faut. Alors tu te dis : « Ben c’est simple ! Il suffit de poser telle question et tout sera clair ! » Et puis une fois la question posée tu te rends compte que tu comprends encore moins.

Tout ça pendant deux chapitres. Dont les fins vous feront exploser vos cerveaux.

Alors certes, je reste vague pour pas tout vous raconter. Mais Remember 11 c’est aussi un putain d’univers basé sur des recherches solides. Ainsi l’intrigue et les personnages sont intrinsèquement liés à des thèmes comme la psychologie analytique et la physique quantique. Le tout donnant un aspect crédible et solide à l’intrigue (même si dans le fond c’est quand même de la science fiction bien tordue). Au fur et à mesure du jeu on récolte des « TIPS », des indices soit quelques paragraphes à part qui approfondiront certains sujets pour mieux saisir l’univers. Intello ? Oui. On aime ou on aime pas. Mais plongé dans l’intrigue, cela accentuera d’autant plus votre soif de savoir.

En résumé ? Remember 11 malgré son aspect perle de geek est une œuvre que je recommande tout de même à tout les amateurs de SF et d’intrigues tordues, pour peu que vous aimiez lire (Et que vous lisez bien l’anglais). Même s’il faut l’admettre ça reste moins chiant qu’un roman, mais ce n’est clairement pas un jeu vidéo. Remember 11 vous torturera l’esprit jusqu’à votre mort, ne serait-ce que parce que le jeu n’est pas fini. Quoi, qu’ouïs-je ? Et oui, ne vous attendez pas à que tout soit résolu à la fin, les développeurs, manquant de budget ont dû laisser leur œuvre en partie inachevée. Et même si la fin est frustrante, il n’y a rien qu’un peu de jugeote (et l’aide d’internet) ne puisse résoudre. Bref, va donc pêcher sur un coin à truite isolée, car c’est pas demain la veille qu’on trouvera Remember 11 chez Picard. Et appliquez le patch de traduction qui se trouve ici. Tu verras, ça vaut le coup.

Mate la vidéo d’intro du jeu ici.

« Un homme et une femme. Une ombre ayant laissé tomber son masque. Une Grande Mère aux côtés d’un Vieux Sage. Un héros jouant à l’idiot.  Rouge et bleu. Ce qu’il y a entre. Celui qui porte tout. Celui qui est à la fois tout et rien. »

Remember 11, un jeu de KID, sorti sur PC, PS2 et PSP. Inédit en Europe.