Rencontre avec La Folle Justice du Gros Dingue


C’est en pleine course aux financements que l’on rencontre Sylvain Bouilleau, vidéaste, réalisateur, chef opérateur et monteur. Il a toutes ces casquettes, alors autant dire que l’image c’est son truc. Mais attention, on prévient nos lecteurs que cette interview est réservée à ceux qui aiment les films qui en ont, les films de genre qui marquent, genre films de Clint avant qu’il ne passe sur un pont de Madison. Cependant, comme vous le savez si bien, l’habit ne fait pas le moine. En effet, sous cette mine patibulaire mais presque, il n’y a qu’Amour et grosses mandales.

 

 

Mandorine : Bonjour Sylvain, faisons simple pour commencer, présentes toi en quelques mots.
Sylvain Bouilleau : Sylvain Bouilleau, 28 ans, wannabe director, geek. J’aime la violence, les flares et les sports collectifs.

Mandorine : Parles nous de ton parcours, épique ou hippique ?
Sylvain Bouilleau : Un jour j’ai décidé d’employer l’argent de mon inscription en fac pour acheter une mini-DV. Je connais moins bien Deleuze mais beaucoup mieux les workflows de video numérique. Ensuite il y’a eu la période Kino Session, l’aventure Ghost of Marx et ma rencontre avec Ugo Gil Jimenez et aujourd’hui me voilà, prêt a franchir le cap du long-métrage indépendant.

Mandorine : Tatoo pour réussir. Que te manque-t-il pour atteindre la perfection?
Sylvain Bouilleau : Comme le dit ce célèbre crew de rappeurs qu’est le Wu-Tang Clan : Cash Rules Everything Around Me, donc il nous manque des fonds pour pouvoir commencer à tourner ce morceau de bravoure. On est sur plusieurs pistes, le crowd-funding ( sur le site Ulule ) et des voies plus classiques avec des demandes de subventions diverses. Là ou c’est compliqué, c’est que le film n’est pas du tout mainstream, peu consensuel, peu moral, bref c’est pas un Rohmer ….

 

Mandorine : Quelles sont tes mauvaises influences ?
Sylvain Bouilleau : Sam Peckinpah majoritairement, John Mc Tiernan et Sam Raimi pour leurs parti-pris esthétiques et leur réalisation pêchue. Au niveau du scénar c’est plutôt Paul Schrader et John Milius qui m’inspirent, pour leur côté un peu réac et sans concessions, avec toujours cette finesse bien cachée. Pour La justice des gros flingues ma source d’inspiration principale a été Death Sentence, le petit chef-d’œuvre indie de James Wan.

 

Mandorine : Quelles sont les pires personnes avec qui tu aies collaboré?
Sylvain Bouilleau : Je ne veux citer personne en particulier mais je dirais que l’intégralité de l’équipe pédagogique du master « cinéma » (sic) ne m’a pas aidé a bruler les étapes …

Mandorine : Parles-nous de ton projet, Manhattan ?
Sylvain Bouilleau : La Justice des Gros Flingues raconte l’histoire d’un ouvrier qui perd sa fille lors d’un kidnapping et qui tombera dans les pires travers pour la retrouver. Un hommage aux films d’action américains pleins de violence et un retour au cinéma d’aventure français. Le tout saupoudré d’une touche de réalisme social. Une version d’ Un oso rojo (NdR : film Argentin d’il y a une petite dizaine d’années hautement recommandable) mais avec plus d’hémoglobine.

Mandorine : D’où t’es venue l’idée de ce flim ?
Sylvain Bouilleau : On cherchait a faire un premier long et on s’est dit qu’on allait chercher un pitch simple, pour pouvoir le réaliser avec des moyens réduits et en se faisant plaisir sur les dialogues et la réalisation.

Mandorine : Un problème avec les gens du voyage ?
Sylvain Bouilleau : Non pas du tout mais c’est le genre de « méchants » inédits. La question a déjà été soulevée plusieurs fois et je la trouve un peu malvenu quand personne ne s’étonne plus de voir des méchants russes ou des vilains terroristes arabes dans tous les films récents. Ce qui importe c’est le fun, il n’y a pas de réel propos politique dans ce film.

Mandorine : Tu as un problème avec les yaourts goût Bulgare?
Sylvain Bouilleau : Non, même si je suis plus Danette !

Mandorine : On croit savoir que tu es un passionné aux intérêts très variés mais on remarque que tu as une nette préférence pour tout ce qui touche à l’Espagne, le Mexique et l’Irlande , tu aimes la cuisine grasse, épicée et calorique ?
Sylvain Bouilleau : Je puise plutôt dans les inspirations visuelles que m’apportent ces différentes cultures en réalité. Au final ça donne un sacré bordel esthétique mais quand on arrange tout ça, on peut obtenir quelque chose de plutôt sympa et référencé. Pour ce qui est de la bouffe grasse, je ne me sens pas concerné, du haut de mes 55 kilos (NdR. dans chaque oreille).

Mandorine : t’es un gangster réincarné comme l’ongle ?
Sylvain Bouilleau : Je crois que les gangs remplaceront les partis politiques un jour. On arrêtera d’avoir des discussions politiques enflammées après un verre de Tariquet de trop à la terrasse d’un café, on règlera nos différents a coups de drive-by après avoir bu une 2 litres de High Life…

Mandorine : Des projets futurs sans retour?
Sylvain Bouilleau : LJDGF reste un gros projet mais quelques projets annexes, des clips pour mes copains musiciens de Bordeaux et un court-métrage sur la culpabilité liée à la masturbation masculine, avec des monstres !

Mandorine : Il y a quelques mois on interviewait sur ces mêmes pages le photographe Mike Palace il nous a semblé te reconnaître sur une des photos.  Tu sers de modèle comme exutoire pour des penchants sadiques ?
Sylvain Bouilleau : Il possède des clichés de moi en string American Apparel doré à paillette, il s’en sert comme moyen de pression pour m’obliger a poser pour lui gratuitement… mais le jour ou j’arrive enfin à récupérer les négatifs et à les bruler, tout ceci sera fini pour de bon…

Mandorine : Un mot pour le pet dans le monde?
Sylvain Bouilleau : Ne vous retenez pas c’est très dangereux pour la santé …

 

Pages Ulule du projet, N’hésitez pas a en parler autour de vous et à le financer à votre échelle, il y a de jolies contreparties à la clef.