Brut(e)(s)


Comme d’habitude je passe trop de temps au cinéma mais c’est à ce prix que je peux mieux vous conseiller sur les toiles que vous pouvez envisager.

 

Des Hommes sans loi

En 2005, Nick Cave avait déjà écrit la musique et le scénario de l’excellent The Proposition, deuxième des multiples collaborations avec son pote John Hillcoat. Ce dernier a ensuite réalisé la très bonne adaptation de La Route pendant que Nick Cave et Warren « Bad seed » Ellis nous livraient une des meilleures BO des dernières années, celle du brillant L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford.
 
Et cette semaine, ils se réunissent de nouveau, Cave au scénar et à la musique et Hillcoat à la réalisation pour Des Hommes sans loi (Lawless en VO). Un très gros casting pour un très bon film puisqu’on y retrouve la nervosité sensible de Shia LaBeouf, la grâce et beauté diaphane de Jessica Chastain, la rage contenue de Jason Clarke, la prestance de Gary Oldman, la fragile et mutine beauté de Mia Wasikowska, la violence ambiguë et dérangeante de Guy Pearce et l’excellent et charismatique Tom Hardy qui vole toutes les scènes dans lesquelles il apparaît aux autres acteurs.
 
Le film raconte l’histoire de trois frères qui pendant la prohibition se lancent dans la production d’alcool frelaté. Le film est violent, graphique et d’une intensité rare. Les acteurs sont excellents et Tom Hardy prouve encore son talent en exprimant plus en un grognement onomatopéique que Kristen Stewart dans toute la franchise Twilight. Donc entre brutalité de l’histoire, brutalité des personnages et des sentiments, John Hillcoat et Nick Cave nous livrent encore un magnifique film.

 

Killer Joe

Le vieux briscard William Friedkin revient ces jours-ci avec Killer Joe. Toujours sur cette thématique du Mal chez les Hommes si chère à sa filmographie, de French Connection à Traqué en passant par L’exorciste, il nous a souvent montré les cotés les plus sombres de l’âme humaine tout au long d’une carrière honnête.
 
Killer Joe est un thriller chez les redneck de la banlieue texane. Matthew McConaughey y campe génialement un flic qui arrondit ses fins de mois en tuant sur commande, il est engagé pour l’occasion par un loser pathétique Emile Hirsch, acteur qui se fait rare depuis quelque temps ; sa petite sœur naïve campée par la délicieuse Juno Temple (la copine d’Anne Hathaway dans le Dark Knight Rises) vit avec son père le demeuré Thomas Haden Church et sa belle mère l’effroyable Gina Gershon.
Le film est presque une pièce de théâtre qui tombe dans le grand guignol sordide. Tout y est malsain, affreux, sale et méchant, c’est brutal, cru et ça nous montre une image peu reluisante de cette Amérique-là.

 

The We and the I

Toujours ces jours-ci, C’est Michel Gondry qui revient avec un film concept The We and the I feel good movie sur des jeunes New-yorkais qui, lors de leur dernier jour de classe, prennent le bus pour rentrer chez eux comme ils le font tous les jours. Le film est une véritable pépite de bonheur, les acteurs tous inconnus portent à l’écran leurs propres prénoms et sont tous très touchants, drôles et rafraîchissants de naturel. Entre faux documentaire, véritable tranche de vie fictionnelle et chronique sur l’adolescence, le film se passe exclusivement dans ce bus pour le présent et n’est émaillé que de quelques plans de flashback qui se passent à l’extérieur de celui-ci.
 
On passe un excellent moment, l’histoire est intéressante, le film bien construit et il se dégage du tout une sorte d’originalité et d’art brut maîtrisé. Comme à son habitude Michel Gondry illustre son film avec une super BO très cool et hip-hop pour le coup. Une belle surprise qui reste longtemps en tête et gagne à être vue.

 

Jason Bourne : L’héritage

Et pour finir cette thématique brutale, je vais évoquer Jason Bourne : L’héritage (The Bourne Legacy) avec Jeremy Renner, Rachel Weisz et Edward Norton, entre autres. Au niveau de la structure narrative, c’est exactement la même que dans les chapitres précédents avec Matt Damon, on montre les capacités du personnage principal, on met un élément déclencheur, une demoiselle en détresse, une administration cachottière et déterminée à étouffer l’affaire, de l’action sans concession, et voilà.
La valeur ajoutée de cet opus vient de Jeremy Renner et Rachel Weisz qui portent le film à bout de bras ; ils sont excellents, lui ne laisse rien transparaître, il est mortellement et cliniquement efficace, elle est dépassée par les évènements, fragile mais résignée. Les non-dits entre eux font que le film tienne la route. On ne s’ennuie pas une seconde, l’histoire est assez dense et se base sur les évènements des films précédents, mais comme la structure est identique, laisse un arrière goût de déjà vu.
 
Si on a aimé les films précédents dont le ton et le style a été recopié par presque toute l’industrie depuis (de James Bond à Takenen passant par Largo Winch, Piegée, Mission Impossible, Hannah ou même feux Tony Scott dans son Sécuritée Rapprochée pour ne citer que ceux-là), on peut aimer ce qui semble être le premier chapitre des aventures d’un autre agent secret dans l’univers Bourne de Robert Ludlum. Mais là où les autre Bourne avaient changé la façon de faire des films d’espionnage, celui ci ne fait qu’appliquer une formule très efficace et plaisante à regarder d’action brute, paranoïa et voyages mais dont l’intérêt repose sur le casting plus que sur le reste.

 
Voilà quelques films sympas en ce moment mais il n’y a pas que ceux-là… Alors à la prochaine.


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