Stereostar 69, le rock-en-Metz


Gage de notre succès ébouriffant à Mandorine, nous sommes de plus en plus sollicités par des groupes musicaux pour diffuser leurs œuvres à travers la planète à nos millions de lecteurs. Si c’est quelque chose de sympathique de récolter les lauriers de notre dur labeur, c’est souvent en écoutant ce que l’on nous propose que ça se gâte. Entre odes à une top model anorexique sur guitare acoustique et groupes de jeunes méchus plus ou moins emos, nos oreilles n’ont pas eu pour l’instant à se ravir de notre notoriété.

Et les Messins, tu les aimes les Messins ?

Heureusement ce n’est pas tout le temps le cas, et parfois les dieux de la musique daignent mettre en travers de notre chemin des formations dont l’inspiration ne semble pas tirée d’une muse fan de Hannah Montana mais d’un répertoire plus rock comme on les aime ici. Ce fut en effet une heureuse surprise de découvrir l’EP Make Out The Target, fruit du travail d’un quatuor en directe provenance du terroir lorrain répondant au doux nom de Stereostar 69. Afin de mieux connaître ces rockeurs Messins, nous les avons soumis à une interview décalée « Rock d’en haut, France d’en bas ou vice-versa ».

Mandorine : Première question, la plus originale de toute, présentez nous votre groupe en quelques mots.

Stereostar 69 : Le groupe s’est formé en toute fin 2010 en Lorraine à Metz. On a sorti un premier album Ambulance shotgun en Juin 2011. Et le nouvel EP est lui « dans les bacs » depuis décembre 2012… Pas mal de monde nous présente comme un groupe indie rock, un mix de Ghinzu, Depeche Mode et Dandy Warhols et… ça nous convient tout à fait !

M : Quelles sont vos influences musicales?

S69 : Une foule de choses… On écoute tous un peu de tout. Le rock 70s de Led Zeppelin et Queen, la britpop de Radiohead et Supergrass, la coldwave de Bowie, Kraftwerk, la filière belge de Ghinzu et Deus, les mélodies planantes d’Archive et de Massive Attack, le rock psyché des Dandy Warhols ou de BJM… Voilà, pour faire court, hein ?

M : Obéissez-vous au bon vieux concept du rocker qui a rencontré ses camarades sur les bancs du collège/lycée/fac?

S69 : Aaaaargh, on va tomber à fond dans le cliché, désolé… ;-) Mais bon, effectivement, Matt, Phil et moi nous connaissons depuis le collège. Steph, lui, c’est depuis la fac !!!

M : Le groupe est récent, mais vous avez déjà un peu de vécu dans le monde de la musique. En tant que « jeune groupe qui monte », on vous prend souvent pour des jeunots à mèche?

S69 : Complètement… En fait, le problème est que quand on arrive quelque part, les gens nous prennent pour les grands frères des zicos… C’est démoralisant, mais on réussit encore résister à l’appel de la mèche quand on se rend chez nos coiffeurs !

M : En face à face contre des groupes de baby rockers, quels sont vos meilleurs atouts, l’expérience ou le vice?

S69 : Le vice, sans aucun doute ! Voire l’expérience du vice…

Stereostar 69 en plan Américain

Stereostar 69 en plan Américain

M : Le son de cet EP serait parfait pour une B. de film américain, entre rythmes entraînants pour la scène d’ouverture, guitares lourdes pour les poursuites et synthés lancinants à la John Carpenter pour les moments de tension. Le cinéma est-il une source d’inspiration pour vous?

S69 : De manière consciente et inconsciente, très certainement. Plus clairement, nos deux premiers albums ont pour thème un même personnage, John Doe, dont les aventures sont évidemment liées au ciné US qu’on adore… Mais on ne cherche pas à composer la BO d’un film imaginaire. Disons, qu’on avait surtout envie de garder un fil conducteur à travers les morceaux…

M : Vous êtes plutôt musiciens de là-haut en France ou rockeurs de la France d’en bas?

S69 : Issus de la France d’en bas, et de là-haut en France. On ne se mouille pas, tu vois, on aurait pu tout aussi être normands que lorrains, finalement…

M : Ce John Doe n’est-il pas aussi un avatar de la difficulté d’être un « petit » groupe de rock aujourd’hui, anonyme par rapport aux mastodontes variété/pop?

S69 : Ahaaa, on avait jamais vu comme ça mais, maintenant, on peut te l’avouer. On a créé ce personnage et son double en chiffon ; après les répètes, on fait des séances vaudou pour qu’un jour, Amel Bent nous contacte afin qu’on fasse un magnifique morceau en duo… Une sorte de slow langoureux, qu’on pourrait même chanter en allemand, tiens !

M : Grâce aux progrès du numérique, vous avez pu faire un home studio et enregistrer en mode Do It Yourself. Se libérer des contraintes des studios « classiques » a apporté quoi à votre musique?

S69 : Il y a beaucoup moins de stress ! Et cette absence de stress nous donne l’occasion de tenter des choses différentes, de les laisser mûrir… Ce qui n’aurait peut être pas été le cas dans la logique d’efficacité et donc, de coût, du studio « traditionnel »…

M : J’ai lu dans un article que deux d’entre vous étiez profs. Le métier est-il si mal payé que vous deviez avoir un deuxième boulot de rock star en parallèle?

S69 : Et en plus, la nuit, on fait également des spectacles de transformistes et c’est vraiment ça qui paye le plus… Aucun doute là-dessus.

M : Plus sérieusement, vivez-vous enfin de votre musique?

S69 : Aucun de nous ne vit encore de notre musique… Mais on fait tout pour provoquer l’étincelle. Après, ce sont les circonstances qui aident… ou pas !

M : Patrice Cleyrat, un autre prof, a été à l’origine de ce qui a été probablement la meilleure série de concerts en 2012. L’Éducation Nationale est elle en fait une organisation super-secrète veillant sur l’avenir de la musique rock?

S69 : On a la chance tous deux (Matt et Christophe) d’évoluer dans des établissements « préservés » où l’on exerce la seule profession de prof, pas maton, assistant social ou je ne sais quoi d’autre… On a l’esprit libre pour faire de la musique et créer. Mais, je suis sûr, que dans un milieu plus dur à gérer scolairement parlant, la musique devient alors ton échappatoire comme le cinéma ou la lecture pour d’autres… Que ce soit la musique ou l’enseignement, ce sont des activités extraordinairement chronophages ! Mais c’est vrai qu’il y a quand même pas mal de zicos chez les profs, rock par contre, je suis moins sûr ! Ça serait marrant de voir des stats là-dessus! Une battle SNCF contre Éducation Nationale par exemple…

M : Une de vos chansons a été le générique d’une émission télé au Mexique. C’est donc grâce à vous Florence Cassez?

S69 : Chuuuuut ! Secret absolu là dessus ! ;-)) On ne veut pas finir avec une paire de godasses en béton, à parler mariachis les poissons près de Cancùn !

M : Avez vous eu l’occasion de jouer là bas? Et sinon, ailleurs en France?

S69 : Ah non, jamais joué sur le continent américain… Mais ça a été dans l’air à une époque. Au moment où l’on a récolté des interviews au Mexique, on a été contacté par des groupes sud-américains pour des échanges de dates intercontinentaux. On a commencé à bosser dessus mais c’était vraiment super dur à gérer et surtout plutôt risqué.

M : Il est sympa Richard Nixon de faire un Caméo sur la pochette. Vous avez prévu qui pour la prochaine?

Benoit XVI, maintenant qu’il est à la retraite… On attend sa réponse…
S694
 


Make out the target de Stereostar 69, Ep 4 Titres digipack
Disponible en vente sur leur site et sur diverses plateformes de téléchargement.

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