Summer Wars – Le virtuel c’est bien, la famille c’est mieux.


Quand j’entends film familial sur le thème de l’intrusion du virtuel dans le réel, je ne peux m’empêcher d’être dubitatif. Soit on fait un truc « pour geeks » où les héros sont jeunes, intelligents, incompris, et sauvent le monde malgré les adultes qui sont résolument idiots. (Digimon le film, par exemple) Ou à l’inverse, le virtuel c’est mal, c’est dangereux, c’est la perte de l’humanité,  et puis c’est à n’y rien comprendre (beaucoup de films des années 90 par exemple.).

Image de Summer WarsHeureusement, certaines personnes entre deux générations s’adaptent et s’habituent à l’ère du numérique et sont plus aptes à décerner les qualités, les défauts, les possibilités, les limites. Et parmi ces gens on trouve Mamoru Hosoda, et ça tombe bien, vu que c’est le réalisateur de Summer Wars.

(Quelle transition les amis.)

Alors on a eu Avatar,  on a eu Transformers et son héros un poil « geek », on a même eut un geek comme sidekick dans Die Hard 4. Bref, le geek s’affirme de plus en plus. Qu’en est-il de Summer Wars ? Bon, je ne vais pas raconter tout le scénario pour vous laisser la surprise. Donc dans un monde alternatif proche du notre, Oz, un sorte de réseau social mêlé à un MMORPG, devient le monde alternatif connu de tous; en effet, toutes les sociétés, toutes les administrations sont gérés par Oz ! Facebook peut aller se rhabiller. Bref, ça va bien sûr intéresser de nombreux hackers. On suit donc Kenji, un gentil geek de base passionné de maths qui va, par un concours de circonstances plutôt improbable, se retrouver dans une vieille grande maison d’une ancienne famille noble japonaise avec une de ses camarades de classe, Natsuki. Et tout ceci va être mêlé à une intrigue de piratage à échelle mondiale.

Donc d’une part, on suit la tranche de vie d’une famille japonaise, avec le tonton qui parle trop, le cousin amoureux de sa cousine, les gamins qui braillent, etc. Et de l’autre côté un univers virtuel trop design pleins de dangers. Et au risque d’étonner, le monde virtuel de Oz passe au second plan tant la famille est attachantes, les environnements naturels bien rendus et la maison dégage une flamme chaleureuse et accueillante. Certes, ce n’est pas du Ghibli, mais c’en est pas très loin.

De Summer Wars, je retiendrai déjà une animation irréprochable, les bouilles des personnages sont vraiment à hurler de rire. Des musiques entraînantes, et des personnages attachants. Et aussi un scénario simple, familial, mais bien écrit, qui malgré des ficelles prévisibles, arrive à surprendre par sa démesure totalement assumée.

Image de Summer WarsOn reproche à Summer Wars de ne pas aller assez loin dans son message, je dirais que le propos du film n’est pas de faire une critique de l’envahissement Big Brotherien des réseaux sociaux mais plutôt de réconcilier deux générations.

En effet, dans cette belle histoire, la famille a un rôle essentiel, sans reléguer les jeunes au second plan. Le décalage entre les traditions et le modernisme est au centre de l’action. Et la morale optimiste est loin d’être idiote, vu qu’elle appelle à la fois aux jeunes de ne pas oublier leurs racines, les valeurs de la famille, de la générosité et de l’amitié, et à la fois pour les adultes d’aller de l’avant, de partager, et de se tourner vers le futur.

Bref, un conte familial dans l’ère du temps, drôle, prenant, émouvant par moment. Une réussite selon moi.

Et pour une fois, le film sera au cinéma dès le 8 Juin ! Profitez-en pour une fois qu’on à le droit à autre chose qu’une production Ghibli. Et allez-y en famille !

(Je remercie par ailleurs l’association Mandora d’avoir pu me faire assister en avant-première à ce film. Spéciale dédicace à Katia et ses jeux © qui mettent encore plus dans l’ambiance.)


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