Team Medical Dragon Tome 10 et 11


Pour une présentation complète de la série lisez (ou relisez) l’article de Claire.

Compte rendu de la situation au début de ces deux tomes : La troisième opération Batista, à cause des troubles l’ayant précédée, débute sans examens préopératoires suffisants. Akira, face aux difficultés qui surgissent au cours du Batista, se voit forcée d’annuler l’intervention. Mais, alors que cette décision semblait avoir définitivement brisé tout espoir de réformer les services, Ryutaro, grâce à un nouveau coup de génie secondé par son talent habituel, continue à opérer. Au même moment, Noguchi, présent à l’assemblée des professeurs, va utiliser ses dernières cartes pour tenter de casser le projet de reforme des élections écrit par Akira et son équipe.

Désobéissant aux consignes, Asada et son équipe parachèvent leur troisième opération Batista, au nez et à la barbe du professeur Noguchi. À cette occasion, Asada pratique une intervention inédite, qui lui permet de résorber le cœur du nourrisson qu’ils opèrent, rendant ainsi obsolètes les anciens travaux d’Akira ! Désormais en possession de données totalement nouvelles, la Team Dragon bénéficie d’un sursis le temps que les cartes des différents services soient rebattues. Mais l’arrivée d’un nouveau chirurgien, prétendument aussi doué qu’Asada, pourrait à nouveau compliquer les choses…

Le tome 10 commence donc avec cette opération hautement risquée sur laquelle le chapitre précèdent nous avait laissés. La tension est à son comble en ce début de tome, tant dans le bloc opératoire que dans la salle de l’assemblée des professeurs. L’opération qui était déjà risquée en soi devient un véritable défi qui se prolonge tout le long des 210 pages sans même trouver de conclusion dans ce volume. Chaque rebondissement, chaque mot qui sort de la bouche des personnages est lourd de sens et ne fait qu’accroître l’attention et la tension du lecteur.

D’ autant que parallèlement, nous suivons les débats sur la réforme des services par l’assemblée des professeurs. Une fois encore la part belle est faite aux manigances politiques, l’auteur doit avoir  Le Prince en livre de chevet et une bien piètre opinion du la nature humaine et du système de santé de son pays. Tout ici n’est que manigances, manipulations, traîtrises, bassesses et bien plus encore.

Heureusement certains personnages et surtout Ryutaro, détruisent ce « panier de crabes » et ces « vipères » avec leurs compétences, leur humanité et leur force caractère.

Comme c’est une série asiatique, je ne peux m’empêcher de penser que la notion de karma n’est jamais loin, surtout quand un des chirurgiens qui vient de dénoncer l’équipe Batista voit une personne de sa famille arriver aux urgences dans un état grave. C’est cruel, disproportionné mais révélateur de beaucoup de choses dans l’histoire, lui qui déteste Ryutaro va devoir le supplier de l’aider, cela nous amène à voir de nouveau le génie du héros et à découvrir à quel point Noburo s’améliore de jour en jour.  Grand moment d’émotions.

Le tome 11 commence par  l’ultime délibération du vote des professeurs sur la réforme des services. Les manigances et stratégies vont bon train, tout le monde ce regarde dans le blanc des yeux, chacun jauge l’autre et le doute sur le résultat final se prolonge encore un peu.

On revient très vite au bloc opératoire où Akira et Noboru finissent la plastie valvulaire sur le jeune patient.  A mesure que les derniers gestes de la procédure s’accomplissent, les professeurs arrivent pour observer l’opération.  Noguchi, Kito et les autres viennent assister à l’intervention et font surtout monter la pression dans le bloc où Ryutaro n’est pas encore revenu.

Quand finalement Ryutaro fait son entrée théâtrale, l’opération Batista peut enfin commencer.

Encore une fois, on aperçoit tout le génie du Docteur Asada  quand dans un nouveau coup de théâtre il révolutionne la Batista dans ses fondements.

Le reste de ce onzième tome est consacré au processus électoral et à tout ce qu’il implique de rebondissements, de manipulations et de magouilles. La partie d’échec continue, chaque personnage le vie différemment mais tous prennent peu à peu conscience des enjeux.

La fin de ce tome voit l’arrivée d’un nouveau pion sur l’échiquier, un nouveau chirurgien plein d’expérience, de condescendance  et surtout plein d’ambitions.

Comme dans tout le reste de la série, les monologues intérieurs sont à l’honneur, plus que dans n’importe quelle autre série, les pensées et réflexions des personnages font la grande majorité des textes. On peut lire et connaître les pensées de quasiment tous les personnages, ces voix internes mettent en avant les talents de Ryutaro aux yeux des autres personnages mais permettent aussi d’appréhender les difficultés,  les états d’âmes et les fourberies de presque tout le monde. De « presque » car les pensées de Ryutaro, par exemple, ne nous sont jamais révélées, laissant planer le mystère sur ses intentions et sur l’étendue de sa force.

L’une des forces de ce manga, c’est l’intensité avec laquelle on en vient à détester certains personnages, Noguchi notamment qui, dès sa première apparition, fait froid dans le dos. La caractérisation des personnages d’un point de vue physique est remarquable, Noguchi porte sur son visage toute la malveillance et la sournoiserie dont il fait preuve à chaque instant.

La présence de cet ennemi commun ainsi que l’évolution naturelle des personnages commencent à souder de plus en plus l’équipe Batista a.k.a. la Team  Medical Dragon. Akira fait pleinement confiance à Noboru et Arase.  Miki et Fujiyoshi sont en retrait mais indispensables. La confiance et la cohésion règne, chacun tient son rôle avec brio et devient un pilier sur lequel les autres peuvent s’appuyer.

Par ailleurs, au milieu de toute cette tension, les auteurs savent toujours détendre l’atmosphère par une petite blague qui prend tout le monde à contre pied. Dans le début de la série c’est Ryutaro lui même qui est la caution comique et par la suite, dès son arrivée, le boute-en-train de service est Arase, nain cynique et désabusé qui apporte systématiquement une bouffée de fraîcheur au milieu de tout ce sérieux. Un humour salvateur qui empêche la série de sombrer dans le sérieux, la dépression et dans le constat négatif du genre humain. Deux tomes palpitants et plein de rebondissements donc, on en n’attend la suite que plus impatiemment !


Team Medical Dragon de Nagizaka Taro et Akira Nagai Glénat Collection Seinen Manga 240 pages - 7,50€ 2010