Un jour les gamers sauveront le monde


Avant de penser que je me drogue ou autre, attendez de lire la suite, nous parlons ici d’un sujet évoqué lors d’un « talk » à la désormais incontournable conférence TED (Technology Entertainment Design).

Présentons donc la conférence TED, qui n’est donc pas une conférence sur un ourson en peluche, mais bel et bien une rencontre annuelle à Monterey en Californie (et plus récemment dans d’autres villes du monde). Elle s’est donné pour mission de propager des idées afin de rendre le monde meilleur. Que d’idéalistes ! TED a tout de même accueilli Bono, James Cameron, Clinton, Al Gore, Bill Gates, les co-fondateurs de Google et Wikipédia  et bien d’autres… Voilà qui je pense rend le sujet un peu plus sérieux.

Je vais vous parler de la conférence de Jane McGonigal, game designer réputée, à l’origine de jeux comme Evoke (2010), World Without Oil (2007) ou Superstruct (2008), qui nous présente d’une manière assez excellente, comment les MMORPGs (jeu de rôle en ligne massivement multijoueur) pourraient sauver, au du moins améliorer, le monde dans lequel on vit.

Depuis le temps que les médias nous bassinent sur les méfaits des jeux vidéos en ligne et de « l’addiction maladive » de certains jeunes et du désespoir tout aussi maladif de leurs parents,  il est temps je pense de rééquilibrer la balance. Jane McGonigal exprime quand à elle les bienfaits des jeux en ligne via plusieurs points.  Une réussite sur un jeu vidéo apporterait plus de satisfaction qu’une défaite dans la vie réelle, en effet les difficultés que nous rencontrons tous les jours sont comparables  à celles que l’on peut trouver dans un jeu en ligne, et les manières d’y faire face le sont tout autant.

Dans World Without Oil que j’ai cité plus haut, le but est de vivre dans un monde où le pétrole n’existe plus, nous devons donc nous adapter et essayer de trouver des solutions pour progresser sans cette ressource qui aujourd’hui parait pour tous indispensable. Les joueurs doivent donc trouver des idées, innover, et ce en s’entraidant afin d’élaborer de nouvelles stratégies pour mener à bien leur mission.  Ceci s’adapte à la quasi-totalité des jeux en ligne où le but est de progresser et forcément de rendre ce monde virtuel meilleur, et, en somme, d’être des précurseurs du changement et donc les sauveurs de l’humanité.

Actuellement près de 3 milliards d’heures sont consacrées collectivement chaque semaine à jouer à des jeux en ligne, d’après Jane McGonigal il en faudrait deux fois plus pour sauver le monde. Imaginez en effet les 500 millions de gamers attachés au fait de sauver le monde, ça laisse rêveur, et ce n’est pourtant « pas si éloigné de la réalité ». Pour prendre exemple World of Warcraft, des joueurs passent des heures à élaborer des stratégies en groupe pour réussir à défaire un boss du jeu, ils persévéreront même durant des semaines pour atteindre leur but final.

Pour argumenter sa thèse, Jane McGonigal explique que les joueurs en ligne sont des « Super Empowered Hopeful Individuals »,  des individus avec de supers capacités d’espoir et de volonté pour parler français !

Elle définit  en quatre grands axes les capacités des joueurs en ligne :
– Blissful productivity :  Ce serait donc la capacité à tirer le meilleur des ressources dont dispose le joueur, de tout optimiser au maximum.
– Social fabric : Elle exprime ici la faculté qu’ont les joueurs à se lier rapidement d’amitié afin de s’entraider en cas d’objectif commun.
–  Urgent optimism : La volonté quasi indestructible de mener à bien un objectif et ce de manière optimiste quant à sa propre réussite.
–  Epic meaning : L’impression d’être un héros, de changer le déroulement des choses et donc la satisfaction d’appartenir à un monde ou une communauté.
En bref le joueur en ligne serait doté de toutes les facultés afin de nous sortir de ce « monde de merde ».

Je ne vais pas épiloguer plus longtemps sur le sujet, tout simplement car Jane McGonigal parce que le fait très bien  et un blog de libération en parle aussi de manière bien plus détaillée. Je vous laisse donc regarder cette conférence (qui n’est malheureusement qu’en anglais pour l’instant) et  lire le Blog de libération Millenium afin d’approfondir le sujet !