The Rocky Horror Picture Show


Certains spectacles sont tellement incongrus qu’on se demande si on ne vient pas d’atterrir sur une autre planète. Et dans le cas du Rocky Horror Picture Show, on ne serait pas si loin du compte. Je vais vous parler ici d’une expérience unique où l’hilarité se mêle à la dépravation. Que celui ou celle qui n’est pas intrigué par un groupe d’hommes en résille dansant devant un film déjanté me lance la première poignée de riz.

Pourquoi une poignée de riz ? J’y viens. Le Rocky Horror Picture Show, film de Jim Sharman sorti en 1975 et adapté d’une comédie musicale anglaise (The Rocky Horror Show – 1973), est un spectacle interactif. Toujours au cinéma malgré une sortie il y a 38 ans, il détient là un record ! Si vous avez l’occasion de passer à Paris et que la chose vous intrigue, rendez-vous au Studio Galande le vendredi ou le samedi soir. N’oubliez pas de réserver, chaque séance se fait à guichet fermé. Un tel déchainement des foules contraste avec les débuts du film qui fit un échec total lors de sa sortie. Les choses ont bien changé, et on peut aujourd’hui trouver des références dans des séries telles que Glee ou Cold Case, mais également dans des films comme Le Monde de Charlie. J’ai pour ma part assisté à la projection du samedi, avec The Sweet Transvestites.

Rocky Horror 02

Si le scénario n’est pas un chef d’œuvre, les musiques sont en revanche plutôt entraînantes. Janet Weiss (Susan Sarandon) et Brad Majors (Barry Bostwick), nouvellement fiancés, prennent la route pour annoncer la nouvelle à un ancien professeur. Mais ils n’arriveront jamais chez lui. Après une crevaison sous une pluie torrentielle, ils trouvent refuge dans le manoir de Frank-N-Furter (Tim Curry) qui semble être le théâtre d’un étrange rassemblement. Le lieu de tournage, Oakley Court, rappellera sans doute des souvenirs aux amateurs des films de la Hammer.

Si le film est projeté en arrière-plan, ce qui se passe sur la scène est encore mieux. Des acteurs incarnant les personnages, vêtus de leurs costumes dont la classe et la pudeur font frémir, donnent une toute nouvelle dimension au film. Ils refont les scènes, modifient les dialogues en rajoutant des phrases et en posant des questions, mettent l’accent sur des détails… Et le public n’est pas en reste, puisqu’il est amené à participer également. Même s’il est possible de s’y rendre en complet néophyte, je recommande tout de même un visionnage préalable du film afin de ne pas se retrouver déboussolé face à un homme en boxer doré tandis que tout le monde lance du riz partout…

Je vous entends râler. Je n’arrête pas de parler de riz, mais jusqu’à présent, je n’ai toujours pas expliqué pourquoi. Dans ce film, comme expliqué par les acteurs, il y a deux mariages et une averse. Si le lancé de riz pour célébrer les unions est bien inoffensif, il n’en est pas tout à fait de même pour les grandes gerbes d’eau venant des bouteilles de vos voisins qui semblaient sympathiques quelques secondes plus tôt. Il pleut mes amis, et c’est un spectacle interactif, je vous avais prévenu ! Alors certes on ne risque pas l’hypothermie, mais il est possible que vos appareils électroniques vous en veuillent un peu pour ce bain imprévu. D’autant plus que lorsque le riz macère sur vos vêtements, ça tâche. Rien d’irrémédiable, mais évitez quand même le top en satin. Il y a bien sûr d’autres accessoires possibles, mais ces deux là, ainsi que du papier journal ou un parapluie pour s’abriter, sont incontournables. Je dirais même plus obligatoires !

Time Warp

Il vous sera également demandé de danser, lors du bien connu Time Warp. La chorégraphie n’a rien de bien compliqué, et tout est expliqué dans les paroles.

It’s just a jump to the left… And then a step to the right… Put your hands on your hips… You bring your knees in tight… But it’s the pelvic thrust… That really drives you insane…

Simple non ?

L’exercice peut cependant s’avérer périlleux si on prend en compte le faible écart entre les rangées de sièges, les affaires éparpillées et le riz et l’eau qui rendent le sol glissant. Mais finalement ça ne rend l’expérience que plus amusante. Si on ajoute à ça des acteurs délurés, des interactions entre eux et le public complètement déjantées, des blagues décalées à mourir de rire, tout est là pour passer une extraordinaire soirée. Pour public averti et non coincé cependant.

Je m’arrête là, mais n’oubliez pas : « give yourself over to absolute pleasure » !


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