Twilight, le film


Durant l’année qui vient de s’écouler, passer à côté du phénomène Twilight relève de l’exploit (de la chance ?) ou bien signifie tout simplement que vous vivez dans une grotte. La saga du désir interdit est une série de quatre livres débutée en 2005, narrant l’histoire d’amour de la lycéenne Bella Swan et du vampire Edward Cullen. Véritable ouragan dans les bibliothèques des adolescentes,Twilight, de son nom original, s’est écoulé à plus de dix huit millions d’exemplaires dans le monde. Normal donc que la saga finisse transposée au cinéma. Et à l’occasion de la sortie du DVD du premier film Twilight chapitre I : fascination, c’est le moment de se demander si le film tient la route.

L’histoire prend place dans la petite ville de Forks dans l’état de Washington, certainement le coin le plus pluvieux et comprenant le moins d’habitant au kilomètre carré de toutes les États-Unis. C’est ici que débarque Isabella Swan, jeune fille un peu renfermée, qui a décidé de quitter sa mère et Phœnix pour venir s’installer chez son père pour de laisser sa mère et son beau-père profiter de la vie tranquillement tous les deux. C’est donc en traînant des pieds et en véritable sacrifiée que Bella commence sa nouvelle vie à Forks. Mais sa vie pourrait devenir bien plus mouvementée et intéressante qu’elle aurait pu l’imaginer lorsqu’elle rencontre Edward, membre de l’étrange fratrie Cullen, adolescents adoptés par le docteur Carlisle Cullen. Ils cultivent tous une beauté impressionnante et un lourd secret auquel Bella aurait mieux fait de ne jamais s’intéresser. Mais lorsqu’elle comprend qu’Edward est un vampire, il est déjà trop tard…

On l’aura vite compris, la trame principale est l’histoire d’amour entre Bella et Edward. A la vue des premières minutes de film, on ne peut s’empêcher un sourire tant la base ressemble à une histoire de Mary Sue comme on dit pour les fanfictions publiée sur le net : une jeune fille banale et sans intérêt physique ou autre réussit à attirer dans ses filets un homme beau comme un dieu et aux pouvoirs extraordinaires. Mais une fois passé ce grincement de dents scénaristique, on se laisse happer avec plaisir par les liens qui commencent à se tisser entre les deux héros, tout en délicatesse. Et c’est pourquoi on peut reprocher au film quelques longueurs et un manque d’enchaînement logique : là où le livre tirait son épingle du jeu en montrant l’attachement de Bella pour Edward de manière progressive ainsi que la découverte de la vraie nature du jeune homme, le film donne l’impression d’avoir coupé dans les fourrés un peu trop allègrement et certaines répliques tombent comme un cheveu sur la soupe et font plus sourire qu’autre chose. De plus, si les trois-quart du film demeurent lent et calme, une quinzaine de minutes s’écouleront pourtant à la fin, bourrées d’actions et de dangers, sorte d’excuse pour qu’il y ait un minimum d’action et pas seulement une histoire d’amour torturée.

Quelques problèmes également du côté des acteurs. Si la jeune fille jouant Alice Cullen en a marqué plus d’un, malgré ses quelques minutes très brèves d’apparitions, par son charisme et sa ressemblance flagrante avec ce qu’est censé être le personnage, Rosalie Cullen, bien que très jolie, ne correspond pas à la beauté surnaturelle qu’elle est censée incarner. Et Isabella Swan, loin de la banale et fade petite américaine est certainement la plus jolie demoiselle du film, bien plus en tout cas que son partenaire à la coupe de cheveux improbable. Certes l’auteur passait son temps à s’extasier sur les cheveux du personnage, mais qu’est-il passé par la tête du coiffeur pour lui dresser les cheveux sur la tête sur au moins dix bons centimètres ?!

Quant au jeu des acteurs (ne soyons pas vaches, ne nous attardons pas de trop sur certaines invraisemblances physiques) on retiendra surtout les dents de l’actrice incarnant Bella ; en effet, on peut se demander combien de mouches elle a du gober durant le tournage à force de garder la bouche ouverte. Outre ce côté un peu mono expression, les acteurs tombent juste et on arrive à sentir parfois toute la tension et l’attachement entre les deux personnages.

Mais je pense que ce qui rend le film marquant et le transporte au-delà de la vulgaire romance pour ado résulte de l’ambiance. En effet ce film dégage une véritable âme grâce à différents éléments. La musique tout d’abord qui, bien que répétitive par moment, correspond à l’histoire et lui donne ce côté romanesque et grandiose. Le cadrage et la mise en scène sont également assez audacieux : on peut retenir en premier lieu la scène d’ouverture dans la forêt avec la biche qui tente d’échapper à son prédateur. Et toutes les scènes au milieu des arbres conserveront ce côté clair-obscur, aux tons bleu-vert quasi surnaturels. La caméra tourne, virevolte, embrouille le spectateur, toute comme le sont les deux héros, perdus par la vague de sentiments nouveaux qui les submerge. Mais le point le plus critiqué de ce film a été les effets spéciaux qui semblent au premier abord ratés, comme pour cet effet bonhomme désarticulé lorsque Edward court. Mais encore une fois il faut aller au-delà de la première impression et finalement on comprend que c’est ce style différent qui donne toute son identité au vampire, cette façon de se mouvoir comme s’il glissait reste fidèle au roman. La scène la plus représentative de l’esthétique de ces vampires et du film est celle de la partie de baseball entre les membres de la famille Cullen, en pleine forêt et au moment de l’orage, avec Super massive blackhole de Muse en fonds sonore : ils courent à pleine vitesse, glissent sur le sol comme des spectres, se heurtent avec violence dans des mouvements de caméra audacieux… Le mythe vampirique réinventé par Twilight.

Et c’est là que le film tire son épingle du jeu : fidèle au livre, il s’agit parfois d’un calque représentant certaines scènes du livre mais il a su se créer une identité propre, donner à la saga du désir interdit une vraie représentation. C’est donc un film à voir certainement deux fois : si le film m’avait paru un peu médiocre au cinéma, le voir de nouveau en dvd a redoré son blason. Ce n’est pas le film de l’année mais on passe un agréable moment, fait de frisson de peur et de plaisir, et parfois un peu de mièvrerie dans ce monde de brutes, ça fait du bien.

Twilight chapitre I : fascination
Réalisé par : Catherine Hardwicke
Avec : Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner, Billy Burke, …
Sorti le 07 janvier 2009


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