Un père pour mes rêves


Impatient. De retrouver la plume d’Alan Duff, homme au passé tumultueux qui a su trouver la paix dans l’écriture. Son premier succès littéraire, publié en 1990, L’âme des guerriers (Once Were Warriors) a connu un grand retentissement en Nouvelle-Zélande puis un écho international grâce à son adaptation cinématographique en 1994 par le réalisateur néo-zélandais Lee Tamahori, L’âme des guerriers. Ce nouvel opus, Un père pour mes rêves sonne comme de lointains souvenirs personnels. Il est temps de s’y plonger.

Résumé

Fruit d’une brève liaison pendant la Seconde Guerre mondiale, entre une femme maori mariée et un soldat noir américain de passage, un jeune Néo-Zélandais doit apprendre à vivre entre le mépris dont sa communauté accable sa mère et les dangers que fait peser sur lui la tentation d’idéaliser un père inconnu.

Apatride

Mark vit dans la communauté de Waiwera en Nouvelle-Zélande. Tout le monde le surnomme Yank, stigmate d’une liaison entre sa mère et un soldat américain de passage pendant la seconde guerre mondiale. Ce jeune garçon maori de dix ans vit quotidiennement face au mépris et à l’indifférence des habitants comme à celui de Henry, son beau-père. Yank grandit et survit en rêvant à l’Amérique, à son père et à la vie fastueuse que celui-ci doit mener. Devenu musicien professionnel, il décide à vingt ans de partir à la rencontre de son père Jesse Hines. Il sera bien vite confronté aux troubles menant du fantasme à la réalité…

Juste et poignant

Avec son style et ses procédés narratifs bien à lui, Alan Duff nous emmène au cœur d’une famille maori au cours de la Seconde Guerre Mondiale. On suit avec intérêt la vie et les évolutions d’une galerie de personnages riches (la famille Henry et son personnage principal Yank/Mark, la communauté de Waiwera, Jessi Hines…) qui essaye de se débattre, d’exister et de lutter contre un destin qui semble parfois tout tracé, semé d’embûches et de souffrances.

Les mots sont justes, émouvants et nous plongent sans retenu dans les turpitudes de l’existence. Père absent, mari violent, alcoolisme mais aussi l’horreur et les contradictions qui peuvent habiter les hommes. Comment ne pas réagir face à l’insoutenable condition des Afro-Américains dans le Mississippi de l’après-guerre ?

Un roman aux thèmes innombrables qui vous touche le cœur et l’esprit, assurément.

« A chaque Afro-Américain qui, par ses souffrances, a apporté au monde le génie de sa musique et bien d’autres choses encore. »

Alan Duff


Un père pour mes rêves de Alan Duff
Actes Sud
Collection Antipodes
365 pages
22€80


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