While you were sleeping …


La 84e cérémonies des Oscars avait lieu cette nuit depuis feu le « clic-clac merci et au revoir » Kodak Theatre qui bientôt n’aura même plus de nom pour cause de dépôt de bilan. J’utilise pour cet article le titre d’un film avec Sandra Bullock parce qu’il est fort à propos, et pour la coiffure qu’elle a arborée pendant la soirée, un véritable hommage à la croupe de Sarah Jessica Parker dans le Cheval de guerre de Spielberg.

 

« Il reste de la bière ? Du cola ? Du café ? Bon je prends le dernier gressin alors ! »

Vous pourrez le lire un peu partout, et surtout dans notre presse hexagonale, mais les deux grands gagnants de cette année sont Hugo Cabret avec ses 5 statuettes et notre The Artist national.

On a déjà écrit sur ces pages tout le bien que l’on pense de Hugo Cabret, magnifique hommage au cinéma des premières heures, mais on est forcé de constater qu’avec ses cinq Oscars techniques (Son, Effets Spéciaux, Décors, Photographie) qui viennent s’ajouter aux 5 Oscars dit majeurs de The Artist, la tendance à Hollywood est aux films nostalgiques qui rendent hommage au cinéma !

The Artist réussit l’exploit d’être le premier film français à remporter autant de statuettes à Los Angeles (Meilleur acteur, réalisateur, film, costumes et musique), comme on pourra le lire pendant quelques temps c’est historique, phénoménal, etc. Aucun film muet n’avait gagné ce prix depuis 1928. Le film mérite toutes ces récompenses (environ 56 maintenant, dont deux pour le chien) : le mouvement a été lancé lors du dernier Festival de Cannes avec le prix d’interprétation remis à Jean Dujardin, et ainsi de suite jusqu’à ce matin de consécration planétaire. Le reste du Monde ne va pas chercher plus loin mais nous, geeks français, on saura que c’est d’autant plus amusant de retrouver ce film dans les hautes sphères du cinéma que l’acteur principal à commencé dans une émission de télé-crochet et que le réalisateur a collaboré et/ou réalisé des films comme Derrick contre Superman, La Classe Américaine, La Cité de la Peur, Delphine 1 – Yvan 0, Didier, Le Clône, Les Dalton ou les désormais incontournables OSS 117. S’il y a une chose qui ressort de ce parcours très atypique c’est bien son amour du cinéma et tous ces prix n’en sont qu’une validation.

 

Hugo ? I stay !

Pour le reste des gagnants, coté interprétation, on peut remarquer le prix très mérité attribué à Christopher Plummer pour Beginners, une nouvelle victoire de Meryl Streep pour La Dame de Fer (le film a aussi remporté le meilleur maquillage c’est à dire les deux seuls prix auxquels il pouvait prétendre), Octavia Spencer a remporté un prix pour La Couleur des Sentiments (The Help en VO, gros succès outre-atlantique passé presque inaperçu chez nous). Coté Scénario, le formidable The Descendants et Minuit à Paris tirent leur épingle du jeu : Alexander Payne confirme tout le bien qu’on pense de lui et Woody Allen confirme qu’il ne veut pas venir chercher ses prix.

Le film étranger revient à l’iranien Une Séparation, la rupture qui rassemble toujours autant depuis son Ours d’Or à Berlin. L’animation est empochée par le très bon Rango, hommage aux westerns par Gore Verbinski, le court-métrage d’animation revient à The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore qui n’est pas sans nous rappeler la magie des bibliothèques si chères à Jorge.

 

I’m not crying, it’s just been raining on my face…

Notons aussi que la meilleure chanson est remportée par Bret McKenzie, moitié du génial duo Néo-Zélandais Flight of The Conchords, elfe à ses heures et troisième Kiwi à remporter une statuette. En parlant de statue, on appréciera la très belle réplique du Musée Grévin d’Angelina Jolie qu’a trimballé Brad Pitt pendant toute la soirée.

Donc, en résumé ce qu’il faut retenir c’est :

  • que Sarah Jessica Parker a enfin le rôle qu’elle mérite dans le nouveau film de Spielberg,
  • que Hugo Cabret est techniquement et visuellement excellent,
  • que The Artist est artistiquement brillant,
  • que pour gagner un Oscar, il faut éviter de se faire entendre mais sans arriver à l’ aphasie,
  • qu’il faut jouer un père gay mourant du cancer ou s’appeler Meryl Streep pour avoir l’Oscar,
  • qu’une séparation ça peut réunir des peuples,
  • qu’un caméléon en chemise hawaïenne à plus de chance que George Clooney en chemise hawaïenne,
  • qu’on a beau être stratège on ne gagne pas pour autant,
  • que les dinosaures ne sont plus aussi vendeurs,
  • que Kermit la grenouille chante en néo-zélandais,
  • et comme certains acteurs coquins, que Millenium The Girl with the Dragon Tattoo est un un film bien monté.

Sur ce, je vais me coucher jusqu’à l’année prochaine !


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