Yona, la légende de l’oiseau sans aile


Depuis la mort de son père, Yona vit seule avec sa mère. Elle passe son temps habillée d’un costume de pingouin, persuadée qu’elle pourra voler un jour comme son père le lui avait promis. Elle est bien sûr la risée des autres enfants du quartier, jusqu’au jour où elle fait la rencontre d’une étrange marionnette. Entraînée par celle-ci, elle découvre un village de Gobelins, là-haut dans le ciel. Les Gobelins sont persuadés qu’elle est l’«oiseau sans aile » qui viendra un jour les sauver. C’est en tout cas ce que dit la légende. Yona devrait faire face à l’hostilité de Boukkha-Boo, une créature diabolique, pour arriver enfin à voler de ses propres ailes et aider ses nouveaux amis.>

Pingouin ou Manchot ?

De prime abord, il s’agit ici d’éclaircir un détail cher aux yeux de nos amis naturalistes et notamment de notre bien-aimé Nanouk. Les traducteurs français se méprennent avec leur pingouin alors qu’il s’agit ici d’un manchot (voir résumé plus haut). On confond souvent les termes manchot et pingouin, en raison des légères ressemblances physiques de ces oiseaux et de la traduction qui participe à cette confusion : manchot se traduit par penguin, et pingouin, par auk (ou plus précisément razorbill pour le petit pingouin). Beaucoup d’autres langues ont suivi l’exemple anglais. Cependant ces deux sortes d’oiseaux n’ont aucune parenté : le manchot appartient aux Spheniscidae, tandis que le pingouin appartient aux Alcidae. En outre, le manchot vit dans l’hémisphère sud, tandis que le pingouin se rencontre dans l’hémisphère nord, jusqu’en Bretagne. Contrairement au manchot, le pingouin sait voler.

Le point Nanoukien étant terminé nous pouvons reprendre le cours normal de cette chronique.

Folie douce d’une enfant

Nous suivons donc Yona (à noter une VF plus qu’acceptable) qui, déguisée en oiseau, erre seule durant la nuit, dans une grande ville où les moqueries n’ont de cesse. Suite à quelques rencontres, elle passe dans un autre monde qui attend d’être sauvé d’un génie maléfique par un oiseau sans ailes. Jusque là rien de nouveau…des thèmes abordés, aux protagonistes avec en prime une bonne dose de bons sentiments, tout est vu et revu. Fort heureusement, Rintaro, qui travaille pour la première fois en images numériques, confère à son film une fantaisie et quelques moments d’étrangeté salvateurs, le tout porté par une bande originale qui colle bien à l’ambiance du film, une jolie fable sur l’enfance et son univers magique. Pour les puristes esthétiques, les personnages sont exquisément définis avec ce procédé ce qui n’est pas le cas des décors et des textures, souvent sommaires, ce qui peut au final peut gâcher un coup d’œil plus adulte.

A l’usage des petits

Rintaro, qui avait connu l’honneur de ses pairs et du grand public avec Metropolis, inspiré de Fritz Lang et du manga d’Osamu Tezuka, œuvre apocalyptique s’il en est, tranche totalement avec Yona. Certes, le voyage est sympathique, coloré mais nous laisse ce goût amer de déjà vu (pour les plus grands, bien entendu). Gageons que les enfants y trouveront leur compte, pour les autres, reste à attendre les sorties de Summer Wars et/ou de Mai Mai Miracle (en avant-première pour l’un ou pour l’autre lors du festival Animasia ?) pour peut-être renouer avec le plaisir, l’étonnement et l’originalité propre aux films d’animation japonais.

Yona la légende de l’oiseau sans aile (Yona Yona) – Rintaro
2009 – 1h27 – Japon
Date de sortie cinéma : 03 février 2010<