You Don’t Know Jack, le Trivial Pursuit sous acide


Vous en avez marre du Trivial Pursuit ? Trop classique, trop conventionnel, trop vu… Ça manque clairement de second degré, d’humour, de questions pas prise de tête ! Je pense avoir trouvé une alternative complétement loufoque et déjantée à ce bon vieux Trivial : You don’t know Jack !

La seule émission où la culture avec un grand C rencontre la culture avec un petit q


You don’t know Jack
a été créé en 1995 aux États-Unis, sur ordinateur. Le principe est très simple : à tour de rôle, les joueurs choisissent une catégorie, la question est posée et le premier qui répond juste gagne la somme mise en jeu pour la question (ceux qui répondent faux perdant ladite somme). A la fin de la partie, celui qui a la plus grosse cagnotte gagne. Tout ceci serait très ennuyeux si le jeu ne baignait pas dans un second degré de tous les instants et dans le délire franchement absurde. A tel point qu’il faut bien plus se remuer les méninges pour comprendre la question posée que dans un banal Trivial Pursuit.

Même si la France n'a connu qu'un seul épisode, la série a perduré aux États-Unis

Même si la France n’a connu qu’un seul épisode, la série a perduré aux États-Unis

C’est d’ailleurs pour cela que la série n’est pas très connue en France. En effet, seul un épisode de la série a été traduit dans notre langue et ses faibles ventes n’ont pas incité le développeur à retenter l’expérience. Si vous souhaitez y jouer dans la version originale, non seulement votre niveau d’anglais doit être irréprochable, mais vous devez aussi avoir une connaissance très importante de la culture américaine sous tous ses aspects. Autant dire que pour profiter de l’ambiance décalée de YDKJ, il vaut mieux rester dans la version localisée.

Le joueur placé devant l’écran est prié de choisir une catégorie

Le jeu se présente sous la forme d’un faux jeu télévisé. Avant le début de la partie, les joueurs sont accueillis par Rosalie, l’assistante de production un rien blasée qui vous demande combien de personnes vont jouer sur cette partie (1 à 3) et pour combien de questions (7 ou 21). Le partie commence alors, et les protagonistes sont accueillis par Jack, le présentateur. Moqueur, incisif et imitateur plus ou moins doué, il est vraiment l’âme du jeu et contribue pour beaucoup à faire de la partie une véritable tranche de rigolade. Mais les questions ne sont pas vraiment en reste non plus. Les joueurs ont le choix, à chaque catégorie, entre trois thèmes dont l’intitulé n’aide pas vraiment à savoir de quoi il retourne. Un exemple directement tiré du jeu : Jack vous laisse le choix entre « Avé de la moutarde », « Prise ou perte de cent » ou « Le temps, c’est de l’argent ». Si vous choisissez cette dernière, voici la question :

Pour un Américain dans notre capitale, s’il est 20h25, il est 8.25 PM. Mais s’il est 8.25 PM à New-York, il n’est que 14h25 à Paris. Dans quel aéroport n’atterriras-tu pas à New-York ?

1- La Guardia

2- Newark

3- Fort Worth

4- J.F.Kennedy

Il s’agit d’une question basique. Mais voyez-vous, les développeurs ont considéré que ce n’était pas suffisamment retors et ont mis en place deux autres types de questions complètement loufoques. On trouve par exemple le couçi-couça : le joueur se voit proposer deux catégories, à lui de deviner si les termes qui défilent sur l’écran se rangent dans l’une ou l’autre de ces catégories. J’ai par exemple croisé un couçi-couça proposant de choisir si le terme affiché étaient une maladie ou un médicament… Mais ce n’est rien à côté de la question « Rhimatologie ». Après avoir choisi la catégorie, le candidat se trouve devant une phrase qui n’a ni queue ni tête. Il doit retrouver une phrase où un groupe de mots ayant exactement la même sonorité et se rapportant à la catégorie. Un peu compliqué ? Voici un exemple : vous choisissez la catégorie « L’appétit vient en mangeant » . S’affiche devant vous la phrase « L’amour sans bise s’éteint si l’un est faux ». La réponse est, bien sûr « La gourmandise est un vilain défaut », qui rime parfaitement ! Tiré par les cheveux ? Totalement !

« Toudidoudidoudidou », ça rimatole avec « Scoubidou chie sous Milou ». Ça veut rien dire, je sais.

On l’aura compris, si You don’t know Jack se veut un jeu de culture générale totalement déjanté, il ne faut pas croire qu’il est simple. Mais le What the fuck permanent donne au titre tout son charme pour peu que l’on accepte de s’affranchir de l’ambiance relativement austère qui règne traditionnellement autour des jeux de questions-réponses. N’oubliez pas de rester un peu sur l’écran des meilleurs scores à la fin de la partie : les développeurs ont eu la bonne idée de créer des dizaines de fausses pubs excellentes que ne renieraient pas les Nuls.

Pour ceux qui voudraient se laisser tenter par l’aventure, la relative ancienneté de la version française fait qu’elle ne s’installe pas sur les versions les plus récentes de Windows. C’était sans compter le travail d’un membre du forum de Canard PC qui a réalisé un installeur compatible avec les configurations les plus modernes. Vous n’avez donc plus d’excuse pour ne pas essayer au moins une fois You don’t know Jack !

 


You don't know Jack ! (version française) de Jellyvision Games Berkeley Systems 1998 Disponible pour Windows