3 films d’animation asiatiques cultes à dévorer sans modération


A l’approche de l’édition 2010 du festival Animasia, il me semblait important de rappeler les animes que tout fan de culture asiatique se doit de connaître. Je suis encore étonnée, en discutant avec mon entourage élevé aux mangas, jeux vidéo et autres, de constater que certains d’entre eux n’esquissent pas un sourire en entendant l’évocation du chatbus ou une larme en pensant à des lucioles. Eh non, l’animation japonaise ne se résume pas à Naruto ou One piece qui,  même si ce sont des œuvres de qualité, ne doivent pas cacher des chefs d’œuvre tels que ceux que je vais vous présenter.

Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro) de Hayao Miyazaki (1988)

Tous les films de Hayao Miyazaki mériteraient de se trouver dans cette sélection tant leur qualité et leur inventivité sont toujours extraordinaires. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Miyazaki est surnommé « Le Disney nippon ». Mais j’ai choisi de vous présenter aujourd’hui celui que je pourrais revoir sans me lasser, à savoir Mon Voisin Totoro.

Mei et Satsuki, deux adorables filles de quatre et onze ans, emménagent avec leur père dans une maison à la campagne. Leur mère, malade, est hospitalisée pour quelques temps. Lors de l’exploration des environs, Mei découvre un esprit de la forêt, sorte de peluche gigantesque, qui se prénomme Totoro. Dès lors, une complicité naît entre les fillettes et cette  créature qui les prend sous sa protection….

Mon voisin Totoro est un dessin animé connu par tous les enfants au Japon et les magasins regorgent de produits dérivés tous plus mignons les uns que les autres, à l’image du bestiaire fantastique qui peuple ce long métrage. Mais s’il semble au départ destiné à un public jeune, Totoro sait toucher l’âme de tous les spectateurs, par la description simple de la vie quotidienne des années 50, des relations familiales et la poésie qui émane de certaines scènes. La simplicité apparente de l’histoire n’empêche pas l’émergence d’émotions sincères et de moments de pur bonheur. Rythmé par la musique gaie et aérienne de Joe Hisaishi, cet animé vous ravira à chaque visionnage et vous redonnera du baume au cœur.

Le tombeau des lucioles (Hotaru no Haka) de Isao Takahata (1988)

Autre long métrage animé du studio Ghibli, Le tombeau des lucioles n’est pas, contrairement aux autres productions de cette maison, destiné aux jeunes enfants. Présentant, à travers le destin de deux enfants, une partie difficile de l’histoire du Japon, la Seconde Guerre Mondiale, il est visible pour les plus jeunes à partir de dix ans, avec l’accompagnement de leur entourage.

En 1945, le Japon souffre des restrictions dues à la seconde guerre mondiale. Seita, un adolescent de 14 ans et Setsuko, sa sœur de quatre ans, sont amenés à habiter chez leur tante suite à la mort de leur mère et au départ de leur père, officier de la marine. Malheureusement, face à la pénurie, ils deviennent rapidement un fardeau pour leur tante, et se voient contraints de vivre dans un abri désaffecté et de se débrouiller seuls…

Basé sur la nouvelle semi-autobiographique d’Akiyuki Nosaka écrite en 1967, Le tombeau des lucioles est un dessin animé à éviter les jours de déprime sous peine de sombrer davantage.  Le récit, tragique par son thème et son dénouement, est magnifié ici par une animation de qualité et une réalisation toute en finesse et en justesse. Les réalités de cette époque sont bien décrites, sans perdre de vue le caractère narratif  et la continuité de l’histoire. Les personnages sont très attachants et on se met à trembler pour eux. Le tombeau des lucioles arrive à nous passionner et à nous bouleverser tout en favorisant une réflexion sur les dommages collatéraux des conflits armés sur les populations civiles. Pour votre culture personnelle et humaniste, ne passez pas à côté  de ce long métrage !

Paprika de Satoshi Kon (2006)

Prix du public du festival Anima 2007, catégorie long métrage adultes, Paprika méritait bien de compléter cette rubrique.

Un nouveau procédé psychothérapeutique, permettant aux soignants de rentrer dans les rêves des patients et ainsi d’avoir un accès direct à leur inconscient, est inventé. Volé par un terroriste, le prototype doit être retrouvé à tout prix pour éviter son utilisation à mauvais escient, ce qui aurait des conséquences désastreuses. Aidée par un détective, le Docteur Atsuko Chiba, psychiatre, va utiliser son alter ego du monde des rêves, Paprika, pour enquêter sur cette disparition.

Adepte des scénarios alambiqués qui sollicitent nos petites cellules grises, le regretté Satoshi Kon livre ici un spectacle de toute beauté. Le procédé de la machine favorise un aller-retour incessant entre rêve et réalité, ce qui permet de mieux embrouiller le spectateur. Mais surtout, le sujet de ce long métrage offre une immense liberté au réalisateur qui s’en est donné à cœur joie dans la fantaisie visuelle et narrative. Face à l’écran, le spectateur en prend plein les mirettes, certaines scènes sont tout bonnement splendides, foisonnantes de couleurs et de détails, à tel point que le film mérite d’être vu plusieurs fois. Mais il ne s’agit pas d’un simple étalage de graphisme maîtrisé puisque le scénario tient lui aussi la route et sait susciter l’intérêt.

Voilà bien un spectacle à ne pas manquer, et comme nous sommes très sympas chez Mandora, nous vous proposons cette année à Animasia une session de rattrapage le vendredi 1er octobre à 20h au cinéma Le Festival de Bègles.


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