Du monopole dans l’industrie des porn tubes


Avant de commencer cet article, une petite réflexion personnelle. On peut se demander s’il est légitime de parler de porno, de sexe, sur un webzine tout public. De plus, dans cet article, certains noms de sites pas très safe pour le work seront cités. N’est-ce pas risquer que certains mineurs tombent ou puissent tomber sur ces sites qui ne leur sont pas destinés ? D’autre part, peut-on parler de porno comme d’autres sujets comme les livres, la politique ?

Ma réponse sera brève et concise : oui. Le porno est un sujet comme les autres, un sujet qui touche énormément de personnes dans le monde, internautes ou pas. Il faut arrêter de jeter un voile soi-disant pudique sur le sexe. De nombreux blogs et sites en parlent d’une façon intelligente et constructive, loin des articles du style « Regarde cette grosse s****** se prendre une **** dans le *** ». Le porno a le droit à de vrais articles de fond, car c’est finalement une entreprise comme les autres.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai vraiment apprécié les articles sur le sujet que why a publié sur Mandorine où, justement, on parle de sujets intéressants qui touchent l’industrie pornographique, où l’on offre des réflexions construites et argumentées. A mon tour donc d’essayer d’atteindre le même niveau d’excellence que mon brillant collègue (ce n’est pas gagné, je vous préviens de suite) et d’évoquer un sujet qui a un certain retentissement dans la planète de l’entertainment pour gens majeurs.

Les déboires de l’homme moderne, première partie.

Concentration

Je lis assez régulièrement un webzine vraiment très bien, intitulé Le Tag Parfait et qui propose de nombreux articles sur la culture porn. Il y a de cela quelques temps, le Tag a consacré quelques articles au sujet d’une entreprise qui est en train de grandir. A tel point qu’elle risque de devenir un énorme monopole dans le monde du sexe. Son nom : Manwin.

Sans rentrer dans les détails (je vous laisse lire les articles très intéressants du Tag, ici et ), Manwin est une société qui a été fondée par trois larrons. D’un côté, ils créent le studio Brazzers, qui deviendra un des poids lourds du porno américain. Mais de l’autre côté, ils créent un tube gratuit, fonctionnant sur le même système que YouTube, appelé PornHub. Le souci, c’est que pour les grandes industries du X, « les tubes sont le mal », qui déversent en toute illégalité du contenu sous copyright dans le but de les rendre accessibles à tous GRATUITEMENT (horreur). Et lorsque celles-ci découvrent que la future entreprise Manwin joue sur les deux tableaux, elles le prennent très mal. C’est ainsi que nos trois héros revendent leur entreprise à un certain Fabian Thylmann, qui possède toujours Manwin. (C’était vraiment condensé, je vous incite à lire les articles en entier).

Aujourd’hui, Manwin est un énorme conglomérat regroupant plus de 110 sites pour adultes. Et pas des moindres. Côté studios, il y a donc Brazzers, mais aussi Digital Playground, un autre studio important du secteur du porno légal. Côté tube, outre PornHub, qui est l’un des tubes les plus visionnés, Manwin a racheté Tube8, mais surtout YouPorn, le symbole des sites de streaming porno, qui représente cette nouvelle génération nourrie au porno gratuit, disponible sans trop de recherches, qui n’a pas connu l’époque du téléfilm du dimanche soir sur M6. Pour l’anecdote, selon Google Trends, en France, « YouPorn » est un terme plus recherché que « Porno ».

Un logo quelconque pour un grand acteur du secteur

Concurrence

Dire qu’il n’existe aucune concurrence serait faux. Du côté porno légal, d’autres studios subsistent. Outre les studios généralistes (à l’instar de Bangbros ou de Naughty America), il existe des studios se concentrant sur des marchés de niche. On peut penser à Kink, studio spécialisé dans les productions extrêmes sado-masochistes. Ou bien, à l’autre extrémité du spectre, à X-art, qui se consacrent plutôt aux productions élégantes, plus douces et raffinées. Cependant, Manwin possède également des studios spécialisés, à l’image du très curieux GermanGooGirls ou de MaxHardcore.

Côté x-tubes, le souci de Manwin est qu’il ne possède pas deux poids lourds du secteur. En effet, malgré les hautes audiences de YouPorn et de PornHub, ils n’arrivent que derrière les grands leaders du marché, à savoir Xvideos et Xhamster. Xvideos reste le site de vidéos pornographiques gratuites le plus visité au monde. Maintenant, on peut supposer que Manwin voudra tenter d’acquérir l’un de ces leaders, afin d’asseoir encore plus sa suprématie dans ce domaine.

Comparaison du volume de recherche de cinq x-tubes en France, via Google Trends

 

Standardisation ?

La holding luxembourgeoise veut-elle devenir le trust ultime de la planète porn ? En tout cas, elle est maintenant un acteur important de cette industrie. Et les autres studios qui ne veulent pas traiter avec Manwin se retrouvent privés d’une certaine force de frappe. Bien que les deux plus gros trafics  des x-tubes ne soient pas dans son escarcelle, être visible sur son réseau gratuit est un atout majeur. C’est ce qu’a fait X-art. Si l’abonnement au site du studio est payant, quelques vidéos ont été distribuées gratuitement par le site sur PornHub et consorts. Augmentant ainsi la renommée d’X-art.

Cependant, à force de tout vouloir posséder, Manwin ne risque-t-il pas de tuer à plus ou moins long terme la pornosphère ? De l’avis de certains, c’est le cas. Les productions de ses studios légaux commencent de plus en plus à se ressembler, tuant les quelques miettes d’originalité que l’on peut trouver dans le secteur. De même avec sa concentration des sites de visionnage gratuits. On finit par retrouver les mêmes vidéos sur tous les sites, créant une certaine standardisation dans le monde du porno internet.

Plus qu’une marque, un phénomène de société.

 

Avenir

Manwin devient de plus en plus fort. L’entreprise a récemment été chargée de créer l’offre légale sur internet du journal Playboy. Il est clair que c’est maintenant un interlocuteur incontournable du secteur. Avoir une entreprise en position de force sur un secteur est un bon atout. Cependant, ne doit-on pas craindre cette hégémonie ? Est-ce que confier le monopole à cette société n’est pas courir le risque de tuer définitivement l’originalité dans ce domaine ?

C’est sur cette question que je vais finir cet article, avec une remarque pour ceux qui trouvent que cette chronique ne sert à rien et qu’on ne doit pas parler de porno. Pensez vous que vous ne réagiriez pas envers une telle hégémonie dans un autre domaine ? C’est un secteur qui rapporte beaucoup d’argent, beaucoup de gens ont des contacts avec le porno. Je ne vois pas pourquoi, sous couvert de pudibonderie, on ne devrait pas en parler.

En espérant vous avoir intéressés. Un peu.

PS : Pour une petite dose de lol, voici la deuxième partie des statistiques Google Trends que j’ai évoquées plus haut. Les termes de recherches sont répartis par villes et régions. Voici donc le hit-parade des recherches les plus 18+ en France, classées par villes, toujours selon Google Trends. C’est chaud du côté de la Canebière !

Un classement néanmoins surprenant !


[et_bloom_inline optin_id="optin_2"]