Gaspard Proust tapine à Bordeaux


Lorsque j’avais vu que Gaspard Proust allait faire étape à Bordeaux, je me suis dit que ce serait une bonne idée d’aller le voir. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas vu un spectacle d’humour en live. Le dernier était en 2000 ou 2001 et c’était Valérie Lemercier. Autant vous dire qu’on allait totalement changer de registre. Le jour J arrive et je prends place dans le Théâtre du Casino Barrière, absolument complet. D’ailleurs, c’était la première fois que je rentrais dans cette salle et c’est une agréable surprise.  Cependant, quelques minutes avant le début du spectacle, un doute m’étreint : vais-je vraiment apprécier ?

Gaspardproust

En effet, de Gaspard Proust, je ne connaissais que sa chronique hebdomadaire sur Canal+, le samedi, dans Salut Les Terriens !, l’émission de Thierry Ardisson.  Une performance de quelques minutes, alliant le texte finement écrit et l’humour le plus noir, que personnellement j’adore. Mais s’il arrivait à me faire rire sur une chronique de quelques minutes, est-ce qu’il allait arriver à me divertir sur un spectacle d’une heure et demie ? C’est à ce moment que Gaspard Proust arrive sur la scène. Non pas depuis les coulisses, mais depuis le haut de la salle, descendant les escaliers pour enfin monter sur scène. Il s’installe, visiblement déprimé d’être là et surtout, il insiste sur le fait qu’il n’a vraiment pas envie d’être ici. Et le spectacle commence.

Celui-ci, nommé Gaspard Proust tapine, est décomposé en deux parties : une première partie où l’artiste nous parle de nombreux sujets : la politique, la France, le cinéma, la poésie, la religion, Zola, Michel Onfray, Baudelaire… Et une deuxième partie exclusivement centrée sur les femmes. Aucun pause pendant tout le spectacle : contrairement à la plupart des humoristes, Proust ne joue pas en sketchs, mais fait toute sa performance d’une traite. Cela peut être perturbant au début et oblige à rester tout le temps bien concentré. Mais on s’y fait très vite.

J’ai franchement adoré. Aucune lassitude durant tout le spectacle, au contraire. Gaspard Proust aborde un grand nombre de sujets ce qui l’empêche de tourner en rond. Ses textes sont taillés, ciselés pour quelque fois tomber dans l’humour le plus grinçant. On aimerait rejeter ce personnage de salopard en costard qu’il se forge mais au contraire, on rit de toutes les atrocités qu’il peut dire. Bien sûr, il faut se mettre dans l’idée que l’on va rire de sujets parfois sérieux, parfois très sensibles. Une fois qu’on s’est mis cette idée dans la tête, on se laisse emporter par le cynisme et les sarcasmes de Gaspard Proust. Et à la fin du spectacle, on en redemande, encore et encore.

Bref, si vous n’avez qu’un seul spectacle à aller voir cette année, c’est bel et bien celui-là(1). Gaspard Proust est sans conteste mon coup de cœur humour depuis bien longtemps.

Gaspard Proust tapine, en tournée dans toute la France
Site officiel de Gaspard Proust


(1) Sauf peut-être Et que ma joie demeure d’Alexandre Astier, qui aura le bon goût de passer à Bordeaux en septembre 2013, NDLRédac’chef.